
Parfois, il existe des personnes. Elles sont là, devant toi, tu les sens mais tu ne les vois pas. Il suffit de fermer les yeux, et là tout devient plus clair. Tu te bouches les oreilles et tu les entends. Tu ne respires plus, mais tu sens leurs odeurs bien particulières...
Entre immersion et absolution, il n'y a pas beaucoup de différence. Tu t'indignes car tu ne peux pas faire autrement. Tu sais, il ne suffit pas de l'avoir pour comprendre, car tout le monde le possède, tout le monde cherche à le comprendre. C'est pour ça que, parti d'une révolution précaire, je ne vois même plus la raison pour laquelle. La véritable identité n'est pas celle-là, ce n'est ni plus ni moins que toi-même. Tu manges des frites, tu participes à l'organisation de ce système que tu contrôles. J'aimerais bien pouvoir me détacher de lui. C'est comme un poids, une façon de rester debout. Accroupi dans ta tête, tu ne veux pas comprendre. C'est ça le problème, justement : comprendre... Mieux vaut se mettre à écrire des mots les uns à la suite des autres sans chercher à comprendre, sans vouloir créer une quelconque signification.
L'accompagnement invisible des lémuriens
Les lémuriens ne sont pas si bêtes que ça. Ils m'accompagnent, ils restent chez moi, au plus profond de mon cagibi. Parfois, je me demande ce qu'ils attendent. Ils me répondent : « Qu'est-ce que tu attends de nous ? » Je me dévoile pas à pas, mais je ne sais pas pourquoi ils restent ici. Ils ne font pas de mal, je pense à eux, c'est tout. C'est dans le silence qu'on parvient à capter ses propres substances. Lémurien ou pas lémurien, ils sont là, omniprésents.
Sortir du labyrinthe mental
Bon, il serait peut-être temps de partir maintenant. De ne pas rester enfermé dans ce labyrinthe. Il y a une chose verdâtre sur le côté droit de mon épaule. Ce n'est pas un lémurien, ni un mouton, ce n'est que l'éternel avancement de mon esprit perdu dans le néo-organisme que compose mon corps. Mon esprit lui est clair : je pense, je suis, je mange. Je « m'auto-torture » avec abondance pour me créer des problèmes, mais surtout pour les résoudre.
L'imagination plutôt que la compréhension
Pourquoi vouloir savoir ce qui se cache derrière nous ? Si nous n'avons pas d'œil derrière la tête, c'est bien pour ne pas voir ce qui se passe dans notre dos. C'est là qu'il intervient, le lémurien : il nous laisse imaginer toutes sortes de choses compliquées et inexistantes.
Même la clairvoyance ne nous permet pas de tout connaître. Pourtant, nous sommes clairvoyants : « j'ai envie de manger des frites », donc j'irai manger des frites. Pas besoin de sens concret, juste besoin d'une imagination authentique et débordante, une capacité d'adaptation pour trouver la réponse aux questions.
Une coexistence pacifique et poétique
Coexistence pacifique entre l'Homme et le lémurien, invention de quelque chose qui ne sert à rien. Nous sommes tous l'« onomatopée du bonheur ».