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Essais

Le voisin

Marie Helena, une jeune femme dévouée à sa carrière et à sa sœur, voit sa vie bouleversée par l'arrivée d'un nouveau voisin mystérieux. Ce qu'elle ignore, c'est que cet homme est aussi son nouveau patron.

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Marie Helena ouvrit lentement les yeux. Sa vue s'éclaircit peu à peu et elle put distinguer sa montre de chevet. Elle lut sur le cadran 5h30 et poussa un soupir de découragement avant de se lever. Quand elle posa ses pieds sur le sol, le froid glacial des carreaux fit frissonner son corps. Elle alluma l'abat-jour et chercha ses sandales afin d'aller prendre un bain. Ces dernières se trouvaient en bas du lit. Elle les saisit et les enfila. Ensuite, elle se dirigea vers la salle de bain où elle fit sa toilette avec de l'eau froide pour faire disparaître les dernières traces de sommeil.

Quand elle eut fini, il était 6h15. Elle ouvrit son armoire et chercha attentivement une tenue pour sa journée. Elle opta finalement pour un tailleur couleur chocolat qui allait mettre son teint clair en valeur. Pour les chaussures, son choix se porta sur une paire d'escarpins en croco noirs. Quand elle eut terminé, elle prit son sac à main et sortit de sa chambre.

En longeant le couloir, elle s'arrêta quelques instants devant la porte de sa sœur pour voir si elle était debout. Elle la trouva encore sous l'emprise du sommeil. Elle décida d'aller se faire un bon café avant de venir la réveiller. Dans la cuisine, elle alluma la cafetière et se prépara une tasse de nescafé. Elle se dirigea ensuite vers la chambre de sa sœur et ôta le drap qui recouvrait son corps.

Jocelyne — c'était le nom de sa sœur — étouffa un bâillement et chercha à reprendre son drap. Marie Helena la regarda avec tendresse et lui murmura :

— Tu devrais être dans la douche depuis un bon bout de temps, Josie.

— Laisse-moi encore un peu de temps, Mama.

— Je sais que lorsque tu veux m'amadouer, tu me donnes ce petit surnom.

— Je ne veux pas t'amadouer. De toutes les façons, les cours commencent à 9h ce matin parce qu'on a EPS.

— Ce n'est pas une raison, tu peux étudier au lieu de paresser. Tu sais que tu passes le BAC cette année.

— Bon ça va, je me lève.

Et ce disant, elle se redressa et posa ses pieds sur le sol.

— Hé ! Mama, dit-elle avant que Marie Helena ne sorte.

— Oui chérie, qu'est-ce qu'il y a ? interrogea sa sœur.

— Tu savais qu'on avait un nouveau voisin ?

— Comment cela ? s'étonna Marie Helena.

— La famille Konan a déménagé, un monsieur les a remplacés. La rumeur dit qu'il serait directeur d'une grande entreprise et qu'il serait super beau.

— Ah bon ! répondit seulement Marie Helena en sortant.

Sa sœur la suivit aussitôt et lui dit :

— Cela ne te dit rien !

— Pourquoi me demandes-tu cela ?

— Parce que je trouve que tu es très seule depuis qu'Henri t'a quitté.

— Écoute-moi bien, petite sœur, parce que je ne le répéterai plus : je ne veux plus entendre parler d'Henri, plus jamais.

— Très bien, je ne parlerai plus de lui. Mais avoue qu'avoir un homme dans ta vie te ferait un grand bien, tu ne trouves pas ?

— Je ne veux plus d'homme dans ma vie. Je préfère me consacrer à toi car tu es tout ce que j'ai de plus précieux au monde, ne l'oublie pas.

— Tu verras que lorsque tu tomberas de nouveau amoureuse, tout ceci sera de l'histoire ancienne.

Après la discussion avec sa sœur, Marie Helena se rendit dans la cuisine pour prendre son café. Elle le savoura tout en pensant à ce que sa sœur venait de lui dire. Ainsi, elles avaient un nouveau voisin. Elle se demandait si cet homme allait venir se présenter à elles comme l'avaient fait les Konan. Ils partageaient quand même le même palier. Elle termina son café, laissa un mot sur la table pour sa sœur et sortit de son appartement.

Quand elle se retrouva dans le couloir, elle tâtonna à la recherche de l'interrupteur qui lui permettrait de voir où se situait l'ascenseur. En cherchant l'interrupteur, elle percuta une masse sur le sol. De peur, elle hurla pour alerter sa sœur, même si elle savait que cette dernière, de la douche, ne percevrait absolument rien de ses cris.

La masse qu'elle avait percutée se mit à grogner, puis à aboyer. Des aboiements qui glaçaient le sang. Elle recula donc, essayant de garder un semblant de sang-froid tout en tentant d'atteindre sa porte. Mais sa fuite s'arrêta nette quand la porte du nouveau voisin s'ouvrit grandement, laissant voir un homme gigantesque. Il était torse nu et avait les reins ceints d'une serviette blanche qui lui arrivait à peine au genou. À cause de la faiblesse de la lumière de l'appartement voisin, elle n'arrivait pas à apercevoir le visage de l'homme qui se trouvait en face d'elle. Ce dernier semblait la fixer. Il dit ensuite avec une voix légèrement rauque :

— Désolé de vous avoir effrayée, madame.

Il se tourna ensuite vers la masse qui avait cessé d'aboyer et lui murmura avec tendresse :

— Vilaine petite, tu as fait peur à la dame. Allez, viens voir papa.

Marie Helena regarda avec étonnement la masse, si menaçante, se jeter sur le voisin avec amour, lui léchant avec passion le visage. Elle fut attendrie par ce spectacle et décida de leur laisser un peu d'intimité. Elle profita donc de la lueur de l'appartement pour distinguer l'ascenseur et l'utiliser.

Dans la cage de fer, Marie Helena reprit son souffle. Cet homme était étonnant et attendrissant à la fois. Et même si elle n'avait pas vu son visage, elle sentait que c'était quelqu'un de bien. Quand elle arriva au rez-de-chaussée, elle salua le portier qui lisait son journal et sortit de l'immeuble.

Elle se dirigea ensuite vers sa Toyota Accord de couleur noire afin de s'y installer et de se rendre au bureau.

Ce qu'elle ne savait pas, c'est qu'au-dessus d'elle, précisément au dernier étage de l'immeuble, se trouvait un homme à la carrure gigantesque qui l'observait. Cet homme n'était autre que le nouveau voisin, qui était très étonné de l'attitude que sa voisine venait d'adopter.

Cet homme regarda la voiture s'éloigner avant de retourner à l'intérieur de son appartement. En face de lui, sa chienne le fixait avec beaucoup d'étonnement. Peut-être qu'elle n'avait jamais vu son patron aussi impressionné par une femme.

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La deuxième rencontre avec le mystérieux voisin

Marie Helena arriva avec trente minutes d'avance à son lieu de travail. Elle se dirigea tout de suite vers son bureau et, lorsqu'elle referma la porte derrière elle, elle alluma aussitôt sa climatisation. Ensuite, elle retira la veste de son tailleur et s'installa en face de ses dossiers. Elle alluma son ordinateur et vérifia dans l'agenda la liste des visites qu'elle devait recevoir ce matin ainsi que les sujets que chacun d'eux venait aborder.

Elle était en train de potasser le deuxième dossier lorsque son collègue Marc entra. Il s'installa en face d'elle et lui demanda, en riant presque :

— Comment as-tu passé ta nuit ?

— Très bien, répondit Marie Helena en continuant de consulter ses dossiers.

— Je n'ai pas l'impression que ta nuit s'est bien passée avec ces poches que tu as sous les yeux.

— Je ne me sens pas bien, mais j'ai bien dormi. Et maintenant, si tu n'as rien d'autre à faire, j'aimerais travailler.

— J'ai l'impression que tu me mets à la porte, Marie.

— Je ne te mets pas à la porte, mais j'ai pris du retard et j'aimerais le combler. Alors s'il te plaît, laisse-moi travailler.

— Très bien Marie, je viendrai te voir à midi, dit-il en se levant. Lorsqu'il arriva à la porte, il lui dit :

— Au fait, tu savais que la boîte avait un nouveau patron ?

— Je ne savais pas, répondit Marie Helena en relevant la tête. Alors le boss n'est plus là, ajouta-t-elle.

— Non, il est parti ce week-end pour le Mali. Il va nous manquer, ce vieux fou.

— Tu as raison. Dis-moi, ce nouveau patron est jeune ou vieux ?

— Il est jeune, ma belle, et d'après la rumeur, très strict. De toutes les façons, nous le verrons demain soir à la cérémonie de présentation.

— Quelle cérémonie ? s'étonna Marie Helena.

— Toi, tu n'es jamais au courant de rien dans cette boîte. Il y a une cérémonie demain soir à l'hôtel Ivoire, tous les employés doivent être présents et la tenue de soirée est obligatoire.

— Je ne peux pas me dérober ? demanda Marie Helena en souriant.

— Pas du tout, parce que je vais venir te chercher.

— Pas de problème, parce que je suis curieuse de connaître l'identité de ce nouveau PDG.

— Bon, on est à midi. Bonne journée.

— À toi de même, Marc.

Quand Marc fut parti, Marie Helena se remit au travail pour être prête lorsque le premier client serait là.

La révélation : le nouveau PDG

Devant la société, un homme de haute et massive carrure descendit d'une Peugeot 605. Il était vêtu d'un costume sombre de très belle coupe. En se dirigeant vers l'entrée de la société, il fut interpellé par un jeune homme habillé à peu près de la même manière que lui. Il attendit que le jeune homme arrive à sa hauteur avant de le saluer :

— Comment vas-tu, jeune homme ? dit-il, un sourire sur les lèvres.

— Arrête de m'appeler jeune homme, Ben. Je suis plus jeune que toi de seulement deux mois.

— Je sais, tu me répètes depuis très longtemps ce refrain. Alors, qu'est-ce que tu es venu faire ici ?

— Je suis venu transférer quelques billets verts.

— Le petit a grandi, on dirait.

— Arrête de me fatiguer et entrons dans ton nouveau sanctuaire.

— Qui t'a mis au courant ? demanda Ben en le regardant avec étonnement.

— Toute la ville est au courant de cette transaction qui est celle de l'année.

— Bon sang ! Les nouvelles vont vite ici.

— Effectivement. Bon, on a assez discuté, Marie Helena risque de se fâcher si je tarde.

— Qui est Marie Helena ?

— L'une de tes employés. Elle est la comptable VIP, la plus fiable de cette boîte.

— Très bien, je t'accompagne là-bas et ensuite, je monte.

Ils se dirigèrent tous les deux vers l'entrée du bâtiment et pénétrèrent au sein de l'entreprise. Dans le hall, tout le monde les regardait avec étonnement. Les femmes étaient déjà sous le charme du nouveau patron. Elles le regardaient avec convoitise. Ils quittèrent enfin le hall et prirent un escalier qui les emmena à une petite salle d'attente qui donnait face à un bureau.

— C'est ici, dit le jeune homme en s'arrêtant.

— Pourquoi est-ce que tu t'arrêtes, Michel ? demanda Ben. J'aimerais connaître cette Marie Helena.

— Maintenant, tu ne veux pas attendre de la rencontrer à la réception ?

— Non, je veux la connaître maintenant, insista Ben.

— Bon, comme tu insistes, allons-y, murmura Michel en ouvrant la porte.

Marie Helena était en train de consulter son sixième dossier quand la porte de son bureau s'ouvrit sur Michel Bornou, son premier client. Elle se levait pour l'accueillir lorsqu'elle aperçut un homme derrière lui. Sous le choc, elle resta assise. Michel lui sourit et dit, après lui avoir fait la bise :

— Bonjour Marie, je te présente le sieur Ben Soumaho, c'est ton nouveau patron. Et à Ben, il dit : je te présente Marie Helena Béckro.

— Je suis enchanté de vous rencontrer, mademoiselle, répondit Ben en la regardant dans les yeux et en serrant longuement sa main. J'espère que vous vous êtes remise de l'événement de ce matin.

— Oui, je me suis remise, merci, bredouilla Marie Helena en retirant sa main.

— Vous vous connaissez ? demanda Michel avec étonnement.

— Oui, répondirent-ils en chœur.

Marie Helena regarda l'homme qui se tenait en face d'elle avec un sentiment d'inquiétude. Elle se tourna ensuite vers son client et, souriant, elle lui dit :

— Vous êtes en retard, Michel. Je suis là depuis un bon bout de temps.

— Je sais, désolé. Mais mon vieil ami et moi, on avait beaucoup de choses à se dire.

— Pas de problème. Bon, installez-vous pendant que je m'occupe de votre ami.

— Pas de problème, je ne suis pas particulièrement pressé.

Marie Helena sortit, accompagnée de son nouveau patron, et le regarda dans les yeux quelques secondes avant de déclarer :

— Monsieur Soumaho, avec tout le respect que je vous dois, j'aimerais que vous oubliiez que nous nous sommes rencontrés ce matin. Cet événement est assez dégradant pour ma personne. De plus, vous êtes le nouveau PDG, je n'aimerais pas qu'on me prête certaines relations qui n'existent pas.

— Je ne sais pas ce qui vous inquiète vraiment, mademoiselle Béckro. Est-ce le fait que vous sentiez qu'entre vous et moi, le courant passe énormément ? Ou bien la peur d'être le sujet des potins de l'entreprise ?

— J'aimerais que les choses soient bien claires, s'indigna Marie Helena. Aucun courant ne passe entre nous et j'aimerais que vous vous mettiez cela dans la tête.

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joel_desoiseaux
Dumont Joel @joel_desoiseaux
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