
J'écris cet article sans filet, en chute libre, après des maux, des blessures cruelles et profondes qui ont laissé maintes et maintes cicatrices dans mon moi profond. Une écriture mise à nu, la passion des mots telle « La passion du Christ ». Tous les jours que les Dieux font, je me réveille libre d'exprimer mes mots à la face du monde et de vociférer, si tel est mon envie, des insanités aux sycophantes et aux détracteurs de la pensée universelle.
Je n'impose en rien car je ne suis rien, un humain tout au plus qui, par des brimades éducatives, s'est enfermé pendant de longues années dans un mutisme limite autiste pendant que ma sœur aînée essayait de goûter aux joies d'une certaine liberté en s'enfermant dans sa chambre avec ses livres. Au lieu de livres de mots, j'avais mon propre lexique de mots imaginés pour une vie imaginaire bien loin de la violence et de la tristesse de la dure réalité. Avant de pouvoir ressentir la force des mots, il fallait encore que je trouve la force de vaincre le regard et les mots des autres.

Mon enfance marquée par le silence
L'incommunication fut ma croix. J'avais appris à me sentir différent, et par là même à en ressentir une certaine agréabilité et à ne pas avoir à me justifier. J'ai eu droit à trois visites chez des psys qui n'ont changé en aucun point l'ambiance silencieuse ou colérique familiale.
À douze ans, j'ai simplement étudié Freud pendant que mes camarades d'école étudiaient les actes et les interrogations de leur jeunesse. J'avais évidemment moi-même mes propres interrogations mais sans l'espoir de réponses. Mes pensées funèbres, mes tendances suicidaires étaient le lot de mon quotidien.
Lorsqu'en début d'année les enseignants ne pouvaient s'empêcher de me poser la question suivante : « Que veux-tu faire plus tard dans la vie ou comme métier ? », inlassablement je répondais : « Rien », car le rien faisait partie de mon tout !
Et cela, jusqu'à l'âge critique de mes 17 ans où, de mon silence de non-dits, j'en ai fait mon apprentissage des mots par la lecture discrète et insatiable des livres de ma sœur et de tous les livres qui se trouvaient à ma portée.

Comment j'ai dompté la puissance des mots
Dans le temps de mon propre apprentissage de la langue de Molière, ma grand-mère paternelle m'a enseigné l'art grammatical de la conjugaison et, surtout et pas des moindres, de l'orthographe. De 1/10 en orthographe, je suis passé très rapidement à 10/10 sans discontinuer.
Et cela jusqu'à 20 ans, j'ai affûté mes armes littéraires et verbales à double tranchant en sachant doser le ton et utiliser l'humour à bon escient. Ma timidité n'a été qu'un frein : j'ai goûté au théâtre, à la figuration, aux métiers de l'animation-démonstration et de la vente auprès du public.
De mon auto-enseignement, j'en ai fait le devoir de l'enseigner à d'autres. Je ne juge personne, mais les autres n'hésitent souvent pas à me juger. Tant pis pour eux, leur débilité glisse sur moi comme le train qui glisse sur les rails de mon indifférence...
J'ai toujours été celui à qui on confesse ses secrets, même les plus intimes. Je remercie pour cette marque de confiance. Maintenant, j'aimerais que la personne qui est prête à aimer l'être que je suis devenu prenne confiance et savoure les mots du cœur, car ces mots-là sont ceux d'un enfant : ils ne mentent pas dans ce monde d'hypocrisie !
N'hésitez donc pas à me contacter par les mots, je saurai vous écouter.