
Voici le début de mon roman. Je sais, c'est un peu long, mais prenez la peine de le lire, je vous en serai très reconnaissant pour m'aider à finir ce livre. Merci à tous et bonne lecture ! RDV en bas de page !
1re partie : Le présage
Allongé sur son lit, Théo se concentre sur le livre qu'il tient entre les mains : Le Club des Cinq et le trésor de l'île d'Enid Blyton. Il est comme hypnotisé par ces pages, qui doucement le sortent de sa vie triste et solitaire. Théo a huit ans, et déjà il croit avoir sur ses épaules le poids de l'Humanité entière. Seul et replié, il ne fait que lire en se disant, au plus profond de son être, qu'il ne devrait pas être là, qu'il ferait mieux de quitter ce monde qui n'est plus le sien. Du haut de son mètre quarante et de ses cinquante kilos, il regarde le monde avec les mêmes yeux de dégoût que quand il doit manger des haricots verts ! Il se demande même s'il n'est pas le seul gamin sur cette planète à ne pas avoir des pensées normales. Il aimerait tant, rien qu'une nuit, être enfermé dans une bibliothèque et emmagasiner un maximum de savoirs.
Allongé sur son lit, il relève la tête des pages tournantes du bouquin qu'il vient de finir. Il observe sa chambre dans les moindres détails, comme à la recherche du plus petit indice qui lui donnerait un élément de réponse à sa vie solitaire. Les murs beiges et bleus de sa chambre reflètent pour lui la mer et le sable fin d'une plage déserte sur une île lointaine en été. Les meubles dépareillés de sa chambre lui semblent bien en désaccord avec son idéal de sanctuaire au mobilier de bois clair, où tout serait en harmonie avec la nature.
De la cuisine, à l'étage inférieur, sa mère l'appela pour le dîner :
— Théo, tu descends ? Le repas est prêt.
— Oui j'arrive, cinq minutes, je finis de ranger mon livre.
— Comment ? Tu viens encore d'en finir un ?
— Oui, il était super, je te raconterai l'histoire si tu veux.
— D'accord mais dépêche-toi, ça va refroidir !
Théo rangea son livre sur l'étagère au-dessus de son lit et descendit quatre à quatre les marches de l'escalier. Arrivé dans la cuisine, une bonne odeur de spaghettis bolognaises mit tous ses sens en éveil. L'horloge du four indiquait 19h36. Théo s'assit à la table, face à son père et à côté de sa mère. C'est son père qui engagea le premier la conversation :
— Alors comme ça, tu viens encore de finir un livre ?
— Oui, même que j'ai mis moins d'une heure pour le finir ! répondit l'enfant à son père.
Ce dernier lui demanda quand il comptait faire ses devoirs, étant donné qu'il était toujours plongé dans des livres rocambolesques et complètement irréels. Théo lui répliqua :
— Papa, je suis en CE1, et je fais tous mes devoirs à la garderie. Comme ça, quand j'arrive ici, je peux lire tranquillement !
— Lire, lire et lire encore ! Il n'y a vraiment rien d'autre qui t'intéresse dans la vie ? Je ne sais pas moi, vas au ciné, vas faire du vélo ou... fais du sport ! Mais trouve-toi une activité, bon sang, tu ne vas pas passer toute ta vie à lire !
Sa femme le coupa aussitôt :
— Henry, Théo a huit ans ! Huit ans, pas seize ! S'il n'a pas envie de faire d'activité, laisse-le, ça viendra bien !
Son mari lui fit remarquer que cela faisait deux ans qu'elle le disait, et deux ans qu'il ne se passait rien ! Le regard de son père mit mal à l'aise Théo, de chaudes larmes commencèrent à lui piquer les yeux. Sans crier gare, il éclata en sanglots et monta se coucher.
La rencontre avec Adeline
Le lendemain matin, les traces de pleurs avaient disparu de son visage, mais les cernes en dessous de ses yeux noisette prouvaient qu'il n'avait pas dû beaucoup dormir durant la nuit. Il se leva, prit un petit déjeuner froid, alla chercher ses habits dans la salle de bain et s'habilla en regardant des dessins animés à la télé. Quand la grande aiguille de la pendule du salon se stoppa sur le chiffre trente, et la petite sur le chiffre sept, Théo arrêta la télévision, prit son cartable et partit pour l'école.
En cours de route, une Ford rouge ralentit à son niveau et Adeline, sa si jolie voisine de son âge, lui demanda :
— Tu montes dans ma voiture ? Ma maman te déposera à l'école avec moi !
Théo accepta avec joie, grimpa dans le véhicule, salua Adeline, sa mère et ses deux frères, qui se disputaient une figurine en plastique sur la banquette arrière. Tant de fois Théo s'était retrouvé seul avec Adeline, et chaque fois il avait repoussé le moment de l'embrasser. Elle, ancienne enfant mannequin, et lui, gros garçon de village : qu'auraient-ils pu faire ensemble ? Il ressentait pour elle quelque chose qu'il ne pouvait pas décrire avec les mots du dictionnaire, ce qu'il ressentait était trop fort pour être défini correctement.
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À très vite !