
— Je l'ai eu ! m'écriai-je en rentrant en trombe dans la maison.
Mon baccalauréat : ce que j'attendais depuis mon entrée en seconde, qui m'avait valu le redoublement de ma première. J'avais reçu la lettre de mes notes, j'avais réussi ! Je l'avais eu ! Bon, sans aucune mention, mais je l'avais, c'était le principal.
— Sérieux ? Tu l'as eu ? me demanda ma petite sœur.
— Nous sommes fiers de toi, Sébastien ! me dit ma mère.
Je lui tendis la lettre. Mon père, qui avait entendu mon brouhaha, descendit et demanda à ma mère ce qui se passait. Ma mère, les larmes aux yeux, resta silencieuse et lui tendit ma lettre. Mon père allait sans doute être fier de moi pour la première fois de sa vie. Il ne dit rien non plus et me prit dans ses bras, puis, peu après, il finit par me dire :
— Je suis tellement fier de toi. Félicitations, mon fils. Je suis vraiment très content.
Je ne perdis pas une seconde et appelai la plupart de mes copains pour organiser une sortie en boîte ce soir pour fêter ça. Caroline n'a pas eu son bac, elle est la seule.
Je mis toute l'après-midi à me remettre de cette émotion qui me disait que, finalement, j'arriverais peut-être à faire quelque chose de ma vie. Je n'ai jamais été aussi heureux de toute ma vie, c'est ma plus grande fierté. Je mis bien deux bonnes heures à choisir ce que j'allais porter et à me faire beau gosse pour les filles ce soir.
Vers 19 h, la sonnerie retentit chez moi. Je jetai un coup d'œil par la fenêtre : c'était bien Kévin qui venait me chercher. Je me précipitai dans les escaliers, j'embrassai mes parents et donnai une petite tape sur la tête de ma sœur. Je l'entendis râler en fermant la porte, ça me fit rire. Je pris ma voiture et on s'envola vers Paris by night.
Quand nous sommes arrivés dans la boîte, tous nos copains nous attendaient. Ils étaient tous là, même Caroline.
Toute la soirée fut un vrai bonheur, même si la fille que j'avais repérée me rembarrait à chaque fois. On dansa toute la nuit, les filles draguaient, nous aussi, on fumait entre potes, on but pas mal d'alcool. Nous étions tous très joyeux et très heureux. Cette journée était vraiment la plus belle de toute ma vie.
Vers 5 h, nous décidâmes d'aller tous chez Benoît finir la nuit. Nous étions tous dans les nuages et tous complètement saouls. C'est ce qui nous faisait le plus rire, hormis Caroline qui ne s'était pas amusée de toute la soirée et qui n'avait rien touché. Nous nous répartîmes en 3 groupes parce qu'il n'y avait que 3 voitures. Je pris avec moi Kévin, Caroline, Marc et Clarisse.
Je démarrai, mais arrivé au premier carrefour au bout de la rue de la boîte de nuit, je ne m'arrêtai pas. Je n'avais pas vu de voiture. J'aperçus pendant un millième de seconde un truc bleu qui venait de la gauche...
Un drame en une fraction de seconde
Je suis étendu sur la route, j'ai mal. Je bouge le bout des doigts de ma main, je sens quelque chose de liquide et de chaud tout le long de mon corps, qui coule. Des pompiers, des médecins essaient de me sauver, je crois. Ils essaient d'enlever des bouts de métal dans mes jambes. Je ne sens plus mes jambes. J'entends le bruit de leurs machines pour réanimer bip bip bip bip. Des policiers sont là, ils discutent. Ils disent que Caroline, Marc et Clarisse sont morts. Sous le choc, Kévin est dans la voiture de pompiers, il est dans le coma. Caroline n'avait même pas bu et elle est morte. Je vais mourir, je le sais. Je perds conscience, je ne respire plus, je ne vois plus rien. Les médecins s'affolent, j'ai très mal, mon sang coule. Est-ce que je pourrai voir mes parents avant de mourir ? Ils vont sûrement être très tristes. Peut-être même que la famille ne sera plus jamais comme avant, qu'elle va exploser. Et si un des deux ne tenait pas le choc ? Et ma sœur... Ma sœur qui est encore si jeune, qui aurait eu besoin d'un grand frère pour la protéger plus tard. Elle va pleurer...
bip, bip, bip, bip biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii iiiiiiiiiiiiiiiiiii...
Voilà comment gâcher la vie d'une personne qui a toute la vie devant soi.
Un millième de seconde lui a suffi pour foutre sa vie en l'air.
De nombreuses personnes prennent le volant après avoir bu de l'alcool. L'alcool divise la visibilité d'un conducteur par deux...
Ne soyez pas irresponsables, ne prenez pas de risques pour rien.
L'alcool au volant tue.