Image 1
Essais

Le Peuple de Tahl

Les Tahléens fuient leur monde condamné pour coloniser Plavia. Une épopée spatiale où Rone, jeune pilote, et Roseau, scientifique, découvrent leur nouvelle terre promise.

As-tu aimé cet article ?

Nous arrivons à destination. Veuillez passer en mode de pilotage manuel pour l'atterrissage, dit la voix résonnante de l'ordinateur de bord. Le jeune pilote Rone Morgenstern s'exécuta sans attendre.

Depuis le passage des Grands Bleus dans la région de Tahl, le soleil local avait été déréglé. Les Tahléens s'étaient vus contraints de quitter leur monde, dans lequel ils vivaient depuis plus de six mille ans, d'après leurs archives. Le Grand Conseil avait décidé de coloniser la plus proche planète viable : Plavia.

L'émotion d'un nouvel arrivant sur Plavia

L'émotion de Rone, lorsqu'il fit pénétrer les six vaisseaux de la flotte tahléenne dans l'atmosphère de cette nouvelle terre, aurait été impossible à décrire. Il vit devant lui se rapprocher un léger plafond nuageux qui cachait à sa vue le sol, tout en laissant dépasser de très hauts sommets enneigés.

Les multiples capteurs du navire firent un relevé topographique détaillé du sol, afin de trouver un emplacement où l'atterrissage serait aisé. Si l'on se référait aux lignes de forces magnétiques qui entouraient la planète, le continent qui s'offrait aux regards attentifs des passagers de la passerelle se trouvait dans l'hémisphère sud. Il était séparé du nord au sud par une importante chaîne de montagnes qui, d'ailleurs, était la seule à accidenter le relief.

Sur la passerelle de commande

Le Conseiller Gime Blumenberg monta sur la passerelle de commande et s'installa sur le siège à côté de Rone.

— Bonjour, dit-il.
— Bonjour, répondit très poliment Rone.
— Est-ce que l'ordinateur a déjà sélectionné un endroit pour l'atterrissage ?
— Oui, dans ces grandes plaines. Un lieu situé à 6° 43' de latitude sud.
— Nous aurons un climat très tropical donc, conclut le Conseiller Blumenberg.

L'atterrissage des vaisseaux tahléens

Notre pilote amorça la phase de descente finale, tout en surveillant ses écrans de contrôle. Il ne restait plus que quelques minutes avant que le vaisseau ne touche le sol. Et ce dernier venait de traverser les nuages.

Il sembla à Rone qu'une éternité se passa jusqu'à ce que le vaisseau touche terre — ou plutôt se mette en sustentation au-dessus du sol.

D'après l'écran principal situé au centre de la passerelle, l'air extérieur était normal. Aucune activité sismique n'était à déclarer et une source d'eau s'écoulait à quelques mètres de là, certainement potable si l'on s'en tenait aux analyses par imagerie à distance qui avaient été effectuées. La température extérieure était de 23°C et un léger vent soufflait. Quant au sol, il semblait pouvoir recevoir les cultures de céréales, fruits, légumes et féculents que les Tahléens avaient emportés avec eux.

L'annonce du Grand Conseiller Blumenberg

Le Conseiller Blumenberg enclencha le micro et annonça :

— Nous sommes arrivés à destination. Nous resterons dans le vaisseau tant que les navettes n'auront pas toutes atterri. Et nous passerons cette nuit encore dans les cabines du vaisseau, en attendant que les robots aient construit les habitations et le transféreur. Il est exactement 8h35. Vos montres devraient s'être remises à l'heure.

Roseau Calmy, jeune scientifique tahléenne

Le cœur de la jeune scientifique Roseau Calmy — une jeune femme de taille moyenne, d'environ 23 ans, aux cheveux châtains et aux yeux marrons — faillit défaillir quand elle entendit le message du Grand Conseiller.

Cela fait déjà 32 jours qu'on est partis de Tahl et on doit encore patienter dans ce foutu vaisseau.

Elle n'avait jamais vraiment voulu quitter sa planète natale, mais les conditions l'y avaient contrainte. Et elle en ressentait déjà la nostalgie.

Elle décida de se changer les idées en allant faire un tour dans le réfectoire. Elle prit le transféreur pour changer de niveau.

Rencontres au réfectoire du vaisseau

Il y avait une grande agitation dans le réfectoire, ce qui était tout à fait compréhensible. Roseau lut les informations sur le panneau mural, puis se dirigea vers une table et commanda un soda.

— Salut ma chérie, lui dit le jeune pilote Rone en l'embrassant.
— Salut, dit-elle avec son magnifique sourire qui faisait apparaître ses dents blanches.

Cela faisait plus d'une année que les deux jeunes gens sortaient ensemble, mais depuis qu'ils avaient embarqué sur le vaisseau, ils étaient trop occupés et ne se voyaient plus autant qu'ils l'auraient désiré.

— Hello les amoureux, leur dit, pour les taquiner, Matte Lurry, un jeune agriculteur. Tu nous as fait un atterrissage tout en douceur, dit-il à son ami Rone.
— Pour ne pas perdre mes bonnes habitudes, répondit ce dernier.

Tous éclatèrent de rire.

Plavia : une planète inhabitée ?

— Croyez-vous qu'un peuple soit sur cette planète ? demanda la scientifique.
— C'est très improbable, sinon ils nous auraient repérés avant qu'on se soit posés. À moins qu'ils ne soient devenus un peuple « primitif », si je peux dire ça comme ça, lui répondit le pilote.
— Nous en arrivons donc aux mêmes conclusions.

Les accès vers l'extérieur sont ouverts, dit la voix toujours résonnante de l'ordinateur de bord.

As-tu aimé cet article ?
scho-scho
scho-scho @scho-scho
2 articles 0 abonnés

Commentaires (3)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires