
C'est bizarre que ce mot n'existe pas, pourtant il devrait. Le passoirasol est ce qui me berce d'illusions depuis des années. C'est ce que j'utilise à chaque coup de blues pour remonter la pente sur des bases fausses ou arrangées à ma sauce.
Un passoirasol, c'est une sorte de passoire-parasol. En fait, tout commence par un dicton algérien : « Se cacher le soleil avec une passoire (un tamis). » Ce qui veut dire éviter d'admettre une réalité évidente afin de se ménager. Maintenant, je crois que je n'ai plus assez de force dans les bras pour tenir mon passoirasol. Il est trop lourd et ce que je vis renforce la luminosité du soleil que j'essaie de cacher.
Aujourd'hui, je suis plus malade que jamais. Sans doute, mais je n'arrive pas à pleurer ni à créer. Aucun moyen d'extérioriser cette peine immense qui me consume. Je sens que je vais exploser.
Il l'aime, c'est une évidence. Et vu l'incapacité d'un cœur à aimer plus d'une personne, je n'aurais sans doute jamais ce que je mérite. Enfin, ce qui devrait me récompenser de tant de privations et de souffrances.
Je ne dis pas que je mérite plus que ce qu'on veut bien me donner. Je remercie la vie au contraire, elle a toujours été plus ou moins cool envers moi. Mais comme tout le monde, j'espère plus. Et comme presque tout le monde, je n'arrive pas à plus. Et aujourd'hui plus que jamais, j'en prends conscience.
Je suis triste, j'ai vraiment l'impression de n'être bonne à rien sur terre...

Quand j'espérais être la femme de sa vie
Comment ai-je pu être aussi naïve pour penser qu'après la gentille amitié ambiguë, ça aurait pu dépasser les petits regards hypocrites, après tant de problèmes ? Je dois être la plus grande imbécile de la planète, ou la plus rêveuse.
Je devrais chanter : « Elle, tu l'aimes si fort, et moi sans toi, en plein soleil j'ai froid. » Ou plutôt le couplet qui dit : « Plus j'enferme ma vie dans ton silence, plus tu l'aimes, c'est toute la différence. »
Je ne peux pas m'empêcher de me blâmer. Je suis trop conne de m'être laissée prendre dans cette toile de mensonges. Quelle conne !!!
Finalement, c'est moi la sombre petite sotte qui est à plaindre, et en aucun cas elle, qui est aimée, protégée et super bien avec lui. Moi, pauvre de moi, je me confine dans une solitude glacée et suffocante qui m'affaiblit chaque jour qui passe.
Je me nourris d'espoirs allégés, d'illusions à 0 %, de rêves sans sucre, sans sel et sans aucun goût.
Il me regarde, je me fais des films. Il se dispute avec elle, et je me construis des montagnes. Je me dis qu'il doit vouloir plus, et elle non. Alors qu'ils doivent sûrement vouloir la même chose en vérité : être ensemble et heureux, tout simplement. S'ils se disputent, c'est sans doute pour mieux se réconcilier à la fin.
Je dois être trop bonne, on me l'a souvent dit : « Trop bonne, trop conne. » Maintenant je me dis que le problème vient de moi...

Ma force, devenue ma plus grande faiblesse
Comment est-ce que la force peut être une faiblesse ? C'est tout simplement impossible. Mais voyez-vous, arrivée à mon point de désespoir, tout peut arriver. Et la force peut devenir votre plus grande faiblesse.
Je développe : la petite « seloppe », s'il l'aime tellement, mon amour, c'est qu'elle lui donne l'illusion d'être grand, fort, important. Elle, pauvre petite chose fragile, incapable de se défendre comme une grande fille. Pauvre fille qui fait pitié, parce qu'elle est beeeeelle, et que plein de gens ne l'aiment pas pour ça. La pauvre, elle est toujours victime de toutes ces personnes qui sont jalouses d'elle. Et là, son beau prince arrive sur son cheval blanc pour la sauver des méchants qui lui veulent du mal, pauvre petite.
Si un jour elle s'affirmait, si elle devenait enfin une fille qui a du caractère, il aura tôt fait de la laisser tomber, parce qu'elle ne lui permettra plus d'avoir l'impression d'être un grand.
En pensant à ça, je ne veux pas dire que je le déteste ou que c'est un salaud. Je veux juste dire que c'est, comme a dit Bénabar, un « petit homme des cavernes ». Et malgré tout le mal qu'il m'a fait, malgré six ans de poisse, malgré la privation, malgré la tristesse, malgré le dégoût, malgré la colère qu'il m'inspire, malgré tout ça, je l'aime encore.
Il est comme ça. Et quand je l'ai aimé, il avait tout ça en lui et je l'ai aimé quand même.
Vient un autre, puis un autre, puis un autre, puis un autre, mais l'amour jamais ne revient...