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Essais

Le monde du renouveau

Gaïa donne naissance à la vie, tandis que des millénaires plus tard, Taya court vers Emyria pour ne pas manquer la cérémonie du Fils.

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Zone 54 de la galaxie, bras droit, axe 56~73

3h du matin selon la révolution de l'astre mère
-2 heures avant genèse

Un vent glacial soufflait sur la terre de roc. Depuis quelques heures déjà, les volcans s'étaient tus. S'il s'était trouvé un spectateur, ce dernier aurait senti que l'improbable allait se produire. Mais il n'y avait personne. Simplement la brume qui s'était emparée de la surface du globe juste après son refroidissement. Il n'y avait que la planète et la brume.

Un silence complet régnait ici, agrémenté uniquement du bruit du vent, un silence qui allait en s'intensifiant, tout comme le vent d'ailleurs. Que pouvait ressentir cette planète ? Sûrement les mêmes sensations qu'une mère au moment d'accoucher, juste entre l'instant où le bébé sort et celui où il pousse son premier cri. Que peut éprouver cette mère ? De la joie mêlée à de la satisfaction, de l'appréhension mêlée à de l'optimisme, le bonheur de transmettre la vie, le bonheur de voir un être là où il y avait un vide.

Tout ce que ressentiront les futures générations de mères, Gaïa le ressentait. Gaïa ressentait aussi la haine, l'amour, l'avenir, le passé ; tout se mélangeait. De violents accès de rage laissaient place à des marques de tendresse. Des odeurs se mêlèrent, la terre changea de forme, des éclairs zébrèrent le ciel. Était-ce le passé ? Le futur ? Le présent ? Ou bien les trois à la fois ? Tandis que la pluie commençait à tomber, Gaïa continuait son voyage. Elle sentit des odeurs inconnues, entendit des musiques inconnues, sentit des arbres lui pousser sur le corps. Était-ce le présent, cela ?

Elle sentit sa croûte lui brûler, elle la sentit se déplacer tandis que ses visions devenaient de plus en plus lointaines. Elle sentit un contact glacé sur sa croûte : des océans se formaient, des montagnes se créaient. Soudain, elle sentit sa croûte fourmiller d'activités. Des bulles de gaz s'en échappèrent et allèrent se répandre dans ses océans, des météorites ajoutèrent un peu plus de confusion à la surface.

Puis ce fut le silence.

Un silence qui dura des milliers d'années. Pendant ce temps, des animaux naquirent, moururent, se multiplièrent. Puis, un jour, un cri résonna dans les montagnes : « Ouiiiin, ouin ». Le premier d'une longue dynastie était né.

Qui attend le Fils à Emyria ?

Taya essayait de se frayer un chemin à travers les hautes herbes. Il faisait chaud cet après-midi. On était en pleine saison de cérémonie et tout le monde était parti prier à la grotte, près du lac des initiés. C'était là que devait apparaître le Fils. Le prophète avait donné le lieu et la date, mais pas l'année. Alors, tous les habitants des terres de l'intérieur se réunissaient pour célébrer le culte du Fils et attendre sa venue.

La population de la cité d'Emyria était ainsi passée de 1 500 à 10 000 habitants. Ces cérémonies donnaient lieu à de grandes fêtes et de gigantesques foires. On pouvait y acheter toutes sortes de produits : des vêtements, des vases, des épices, des armes, des herbes médicinales provenant des ruines de la contrée sauvage.

Il y avait même des montreurs de monstres. Bien sûr, ces monstres n'étaient pas les créatures ordinaires que l'on trouve dès qu'on s'éloigne des villes. Non, ces animaux étaient complètement différents : ils provenaient tous de la montagne du Renouveau. Les meilleurs guerriers, accompagnés des plus puissants mages, s'y rendaient pour les capturer.

Justement, en pensant aux mages, Taya se rappela qu'elle avait cours aujourd'hui à 21 heures. Et il était… Elle fouilla dans sa poche pour en extirper son sextant. Outre le fait de pouvoir lire dans les étoiles, cet appareil donnait l'heure exacte.

— Alors il est… dit-elle en fouillant dans sa poche. Mon Dieu, 22h05 ! Mon Dieu ! hurla-t-elle. Je vais être en retard !

Elle se mit à courir, à courir. Si elle ratait la cérémonie d'intronisation, elle devrait rester au village comme les autres jeunes filles. C'était déjà un honneur pour un garçon d'être choisi comme disciple ; alors pour une fille, c'était exceptionnel.

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iloz
iloz @iloz
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