
ATTENTION, MON HISTOIRE COMPREND 19 CHAPITRES.
Chapitre 1 : Le temple oublié
Une journée chaude vient tout juste de commencer. Pourtant, il n'est que cinq heures du matin, mais le désert réserve souvent des surprises. Patrice Tremblay, les cheveux déjà trempés de sueur, remonte d'un trou, couvert de terre. Les bras chargés de pièces, il les rapporte sur une petite table près d'une tente. On pouvait voir une marque en forme de cercle indéfini sur son bras gauche. L'archéologie était une vraie passion pour lui et la découverte récente qu'il venait de faire avec Borice Fokislav, un homme dans la quarantaine, lui donnait encore plus le goût de continuer ses recherches. En effet, les trois archéologues, dont la femme de Borice, Alicia, avaient découvert un ancien temple où plusieurs personnes étaient décédées. Le temple paraissait très vieux, environ cent ans, mais les victimes n'étaient pas mortes il y a cent ans. Effectivement, leurs décès ne dataient que d'une vingtaine d'années.
Les pièces que Patrice a ramenées à la surface sont les fragments d'un casse-tête. Avec l'aide de Borice et Alicia, Patrice rassemble les morceaux et c'est alors que la terre se met à trembler au dernier élément. Ce n'était pas une petite secousse, mais bien un tremblement de terre d'une ampleur considérable. À leur grande surprise, le temple qui était enterré sortit de terre comme dans des sables mouvants, mais en sens inverse. Après quelques minutes de secousses éprouvantes, la terre ne tremblait plus et le calme était revenu.
— Mon Dieu, quelle secousse, mes amis ! Personne n'est blessé ? dit Patrice avec les yeux bleu ciel qui brillaient à la lueur du soleil.
Les deux autres n'avaient rien, mais en examinant les lieux, ils s'aperçurent qu'ils étaient tous les trois au sommet du temple.
— Comment allons-nous faire pour descendre ? Nous ne sommes pas équipés pour faire de l'escalade, mais bien pour creuser des trous, annonça Borice avec l'air d'un homme sombre dont les cheveux noirs frisés semblaient se tortiller dans le vent.
Le casse-tête n'était plus en morceaux, mais bien une plaque de pierre qui représentait une sorte d'oiseau avec la tête d'un lézard. Le nom de l'animal et le texte étaient écrits en ancien arabe. Borice, qui était fort dans les langues étrangères, lut la plaque à haute voix :
Lézoïs
Celui qui rassemblera les pièces de ce casse-tête fera renaître le chaos des ténèbres. Par mon temple surgira mon armée dévastatrice qui détruira le monde des humains.
Soudain, en bas du temple, on pouvait entendre des voix hurlant de terreur. C'étaient les enfants de Borice et Alicia, qui tremblaient de peur en voyant leurs parents perchés au sommet du temple. On pouvait distinguer Joey, le fils aîné, puisqu'il mesurait environ six pieds, mais moins bien Maria, sa sœur, qui elle était plus imposante en largeur qu'en hauteur. Bref, ils paniquaient !
Après les avoir calmés, Patrice et Borice essayaient de trouver un moyen de descendre, pendant qu'Alicia se regardait dans son miroir. Brusquement, elle poussa un cri :
— J'ai un cil de travers Bo... Bo... Borice, viens m'aider vite, VITE !
Borice se précipita vers sa femme pour l'aider, pendant que Patrice réfléchissait en regardant par terre. Tout en observant le sol, Patrice essayait de se concentrer, sans faire attention où il mettait les pieds. Tout d'un coup, il trébucha sur un trou.
— Venez vite ici, j'ai trouvé le moyen de descendre ! Nous allons creuser ici.
Borice et Patrice frappèrent le sol avec leur pic pendant qu'Alicia criait encore après son cil mal mis. Enfin, il y avait un trou assez gros pour laisser passer un homme de forte ossature et ils descendirent tous les trois à l'aide d'une corde.
La pièce était sombre, mais comme tout bon archéologue, ils avaient leurs lampes de poche. Patrice était complètement bouleversé : il avait le sentiment d'être déjà venu ici, ou d'avoir rêvé y être venu. Borice et Alicia donnaient, quant à eux, l'impression de connaître le chemin. Patrice les suivait tranquillement en observant les murs avec leurs symboles étranges.
Soudain, Alicia poussa un cri terrifié en voyant un corps transpercé à six endroits. Patrice accourut vers la pièce et un frisson le parcourut en entrant.
La pièce contenait des objets de toute sorte, mais le plus impressionnant, c'était qu'elle donnait l'impression d'avoir appartenu à un grand roi. Le corps n'était pas très beau à regarder. Il avait la peau verdâtre, des yeux rouges grand ouverts et...
— C'EST UN VAMPIRE... Tu le savais, mon chéri, nous l'avons découvert ! s'écria Alicia sans penser que Patrice était juste derrière eux.
— Pardon, vous saviez que nous allions trouver un vampire ici, Borice ? s'empressa de dire Patrice.
— Pas juste un, mais plusieurs. De plus, ils sont tous morts depuis vingt ans, répondit Borice.
— Mais pourquoi m'avoir caché que nous cherchions des vampires ?
— Je vais te dire pourquoi, reprit Borice. J'ai découvert dans une cathédrale un parchemin qui expliquait que les vampires existaient réellement, et ce depuis une éternité. J'ai donc approfondi mes recherches sur le sujet et j'ai découvert quelque chose d'étrange. Un vampire, nommé Elbaïd Ud Nomed, était, depuis trois mille ans, vivant. Sauf depuis il y a vingt-cinq ans, car un vieux prophète a écrit que les vampires ont disparu en 1977. Un vampire, dont les ancêtres se battaient contre Elbaïd depuis des siècles pour conserver la terre aux humains et éliminer tous les vampires, a réussi à le vaincre. D'après ce texte, ce vampire était le dernier et il s'est ôté la vie pour ne plus avoir de vampires sur terre.
— Mais... pourquoi m'avoir tout caché ?
— Le matin de notre rencontre, j'allais tout te dire, mais ma femme m'avait fait remarquer ton bras.
— Mon bras ??? dit Patrice sans rien comprendre.
— Regarde cette photographie et tu vas tout comprendre.
Sur la photographie, il y avait une grande salle, dont les murs étaient recouverts de tapisserie avec des signes étranges. Parmi ces signes, un prenait plus d'importance et ce signe était aussi sur le bras de Patrice.
— Ce n'est pas une salle de vampire, j'espère, dit Patrice avec une voix qui trahissait sa panique.
— Si, c'est une salle de vampire. Je n'ai pas encore trouvé de quelle race, mais je compte bien le découvrir.
Les trois trouvèrent une sortie après une bonne demi-heure de marche et Patrice partit seul vers sa tente pour réfléchir. Les questions se bousculaient tant dans sa tête qu'il n'avait même pas remarqué que Maria, la fille de Borice, le regardait avec admiration.
Le souper se passa dans un silence presque total. Il y avait juste Maria qui parlait des bêtises que son frère avait faites avec un scorpion rose. Pour des adultes dans la vingtaine, le comportement des enfants de Borice et d'Alicia n'était pas très brillant.
Patrice finit son repas et annonça qu'il allait se coucher et qu'il les verrait demain matin. Arrivé dans sa tente, il remarqua qu'il y avait une carte postale d'un de ses amis. C'était son colocataire, Jordan, qui lui annonçait qu'il ne jouerait plus au basket-ball à cause d'une fracture du pied droit.
— J'ai vraiment le temps de penser à son pied !
Le sommeil de Patrice était quelque peu perturbé et il rêvait d'un rire démoniaque. Il se réveilla en sursaut et entendit les deux femmes crier d'horreur. Borice avait sûrement enlevé les six pieux du corps du vampire verdâtre et maintenant celui-ci tenait Borice entre ses mains.
Le vampire commença à parler avec une voix enrouée : « Celui qui rassemblera les pièces de ce casse-tête fera renaître le chaos des ténèbres. Par mon temple surgira mon armée dévastatrice qui détruira le monde des humains. »
La terre se remit à trembler et Patrice réussit tout juste à s'éloigner du temple qui retournait dans la terre, emportant avec lui la famille Fokislav. Patrice remarqua, après deux minutes de silence, que le temple sous le sol se déplaçait vers le nord. Il essaya de le suivre, mais le temple était beaucoup plus rapide.
De retour près de sa tente, il ramassa ses affaires. Il lui restait une chose à faire : aller voir ses parents pour des explications.