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Essais

La vie est un long fleuve...

Au bord du gouffre, un jeune homme raconte ses malheurs. Entre une mère violente et une solitude pesante, il choisit de se battre.

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Un homme, assis au bord d'un quai, s'interroge sur sa vie. La lune jette des reflets argentés sur les ondulations incessantes de la mer. Il est minuit, et rien ne le dérange. Il est là physiquement mais non moralement. Il pense à l'enfance qu'il n'a pas eue, à celle qu'on lui a volée ; le véritable amour qu'il n'a jamais trouvé ; il pense aussi au regard des autres sur son comportement de solitaire. Il réfléchit. Se peut-il que la mort réponde à ses attentes ? La question est difficile. Mais il cherche dans son passé une explication à cette suite de malheurs dont il fut victime.

Des débuts marqués par la malchance

À sa naissance, ce fut la première malédiction : d'une part parce que sa mère voulait une fille, et que ce fut un garçon ; et d'autre part, l'accouchement se passa très mal.

On ne lui avait jamais montré de photos de sa naissance. Il les a découvertes tout seul. Ce fut un choc pour lui : sur toutes les représentations de lui nourrisson, il y avait un coton sur son front rempli de sang.

Lors de l'accouchement, le bébé n'était pas dans la position que les docteurs avaient prévue. Morale de l'histoire : lors de la césarienne (qui s'imposait dans ce cas précis), un coup de bistouri bien placé trancha le front du nourrisson.

Une enfance entre liberté et traumatisme

Les six premières années de son existence, il fut dorloté, cajolé... la vie que tout enfant unique élevé dans une famille aisée peut avoir, en soi. À partir de sa sixième année, il vécut 90 % du temps chez sa grand-mère. Entre-temps, les déménagements avaient bouleversé les rapports parents/enfant. Chez sa grand-mère, l'enfant était au paradis : il pouvait faire tout ce qu'il désirait, regarder la télé toute la journée en mangeant des bonbons était son occupation favorite.

Mais les bonnes choses prennent toujours fin. Aux 12 ans de l'enfant, la grand-mère meurt.

Habitué aux libertés totales, l'enfant va chez lui continuer à faire ce qu'il faisait chez sa mère-grand. Mais les parents ne voient pas cela d'un très bon œil et vont jusqu'à tout lui supprimer : sorties, argent, télé, friandises...

Alors l'enfant a commencé à jouer au jeu du chat et de la souris avec ses parents. Et cela durant 4 ans environ : pendant l'absence de ces derniers, il allait regarder la télé et mangeait en cachette. Mais encore une fois, il y a toujours une fin... découvert, il est accablé par ses parents qui ne se gênent pas pour parler à tout leur entourage des problèmes qu'ils ont avec leur fils.

La violence et le regard des autres

Alors qu'il avait 15 ans, sa mère apprend qu'elle a une maladie génétique incurable qui lui déformait les articulations. On accuse le garçon. On sait que ce n'est pas de sa faute, mais on lui reproche de ne pas aimer sa mère. Pourtant il l'aime, mais ne lui a jamais dit. Comment lui dire alors qu'elle le frappait ?

À partir de ce jour, elle devint violente, et le père s'en fichait... mais le garçon savait que ses amis et sa famille étaient là.

Le dégoût soudainement forgé dans l'esprit de sa mère pour lui le plongea dans une solitude complète. Sa mère réglait tout à sa place, jusqu'à décider de ses goûts !

Mais toujours, il se retenait de répondre aux dires de sa mère. Toujours. Pourquoi ? Parce qu'on lui avait toujours dit que c'était lui la faute, l'erreur de la nature... Toujours. Tellement qu'il avait fini par le croire lui-même.

Vers l'espoir et la reconstruction

La liste de ses malheurs est trop longue. Il n'a jamais cherché à ce que l'on s'apitoie sur son sort. Mais il voudrait en parler à quelqu'un, au moins avant de mourir. Aujourd'hui, il a réussi à entrer en internat. Il n'est donc pas souvent avec ses parents. Il trouve que c'est mieux ainsi pour tout le monde.

Il hésite encore à se donner la mort. Non, ce n'est pas la meilleure solution. Il le sait parfaitement ; c'est la solution la plus lâche que puisse avoir un être humain. Lui, il sera fort ; et tant pis pour le regard des autres.

Ses pieds se balancent quelques temps. Enfin, il se lève et regarde la lune de ses yeux pleins de larmes ; "la vie n'est qu'un long fleuve mouvementé...". Une goutte glisse sur sa joue, et d'un revers de la main il s'en empare. "Je traverserai ce fleuve...".

Et il regagne le rivage tranquillement en ne pensant qu'au lendemain...

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dwige
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