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Essais

La vérité : des méthodes pour mieux la capter

Peut-on programmer la vérité ? De l'algorithme décisionnel à une réflexion sur les définitions, explorez cette quête philosophique inédite pour mieux juger et décider.

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Dans notre société, nous admettons tous pouvoir commettre des erreurs. J'ai tenté de réfléchir à cette faiblesse humaine. Si un jour je suis en désaccord avec des personnes qui détiennent un pouvoir que je n'ai pas, je me retrouve impuissant. Dans ce genre de situation, ni moi ni mes contradicteurs n'avons de moyen objectif de savoir qui détient la vérité.

Une méthode logique pour accéder à la vérité

Face à ce constat, une idée originale serait de créer un « programme qui nous dise la vérité ». Conçu par un être humain, ce programme fonctionnerait simplement : on entrerait une question en input, une opération constante serait effectuée, et un output nous donnerait la réponse — « vrai » ou « faux ». Une seule décision de faire confiance à ce programme se substituerait ainsi à toutes celles que nous devons prendre au quotidien. Il faudrait accepter dès le départ de suivre ses conclusions, même lorsqu'elles nous semblent contre-intuitives, et admettre alors que notre impression fait partie de nos erreurs habituelles.

Le raisonnement humain comme alternative au programme

Mais a-t-on vraiment besoin d'un programme ? Quand nous prenons une décision, nous partons d'une question, notre cerveau effectue un raisonnement selon certaines règles, puis nous aboutissons à une conclusion. Ce raisonnement peut être décomposé en plusieurs phrases liées entre elles. Prenons l'exemple d'une démonstration mathématique qui aboutit à une formule : puisque la formule fonctionne, nous admettons unanimement que le raisonnement est correct. Une fois le lien logique établi, il suffirait de l'appliquer systématiquement à la phrase de départ (considérée comme une variable) pour obtenir la phrase suivante. J'ai remarqué que tout raisonnement explore souvent la définition des mots de la proposition initiale. Cette exploration constituerait l'un des liens, l'opération constante à effectuer à chaque fois.

Pourquoi les définitions des dictionnaires sont insuffisantes

Pour répondre à une question comme « Dieu existe-t-il ? », explorer la définition des mots serait selon moi une aide précieuse. Or, je pense que nous ne pouvons pas nous fier aux dictionnaires pour cela. Les dictionnaires actuels, souvent rédigés « au feeling », contiennent des erreurs ou des définitions dépourvues de sens réel. Ce qui est curieux, c'est que certains mots semblent définis selon une méthodologie rigoureuse, tandis que d'autres ne le sont absolument pas.

Une méthodologie unique pour définir les mots

À mon sens, tous les mots devraient être définis selon une méthodologie unique et cohérente. Je propose cette définition du mot « définition » : « les mots qui peuvent se substituer à un mot dans une phrase qui garde le même sens » (cette définition elle-même se substitue au mot « définition » dans n'importe quelle phrase). Pour vérifier si une phrase conserve le même sens, il suffirait d'observer si ses effets pratiques restent identiques lorsqu'on l'utilise.

Dans notre exemple, il suffirait de remplacer les mots « Dieu » et « exister » par leur définition (obtenue grâce à cette méthodologie) pour obtenir une autre phrase « vraie ». Les définitions ainsi obtenues sont solides : les remettre en cause reviendrait à remettre en cause le sens de nombreuses phrases, ce qui poserait un problème majeur. La possibilité de transformer ainsi une question de départ en une autre phrase vraie constitue, j'en suis persuadé, une avancée réelle dans la quête de la vérité.

Les mots peuvent-ils tous être définis ?

Je souhaite terminer sur une notion qui demande de la réflexion et s'avère difficile à exposer pleinement dans un texte. Dans les dictionnaires actuels, certains mots respectent déjà ma méthodologie. Mais imaginons que ce soit le cas de tous les mots. Deux hypothèses sont alors possibles : soit un mot peut être défini par un nombre variable de mots allant de 2 à l'infini, soit il est défini par un nombre variable allant de 2 jusqu'à une limite finie. Il n'existe pas d'autre possibilité.

L'existence de mots indéfinissables mais significatifs

La première hypothèse me semble erronée. Je ne m'imagine pas définir un mot comme « réel » avec 50 mots différents — il doit probablement exister une limite faible. La seconde hypothèse, qui semble donc la bonne, réserve cependant une surprise : elle signifie (et c'est là que cela se complique) que certains mots ne peuvent tout simplement pas être définis. Pourtant, ils ont bel et bien un sens.

Cela peut paraître contradictoire : si ces mots ne sont pas définis, comment pouvons-nous comprendre leur sens ? Une observation peut nous aider à y voir plus clair : si vous ne connaissez aucun mot, un dictionnaire vous est parfaitement inutile. Il faut forcément avoir déjà appris certains mots par d'autres moyens pour pouvoir en acquérir d'autres grâce à lui. C'est bien la preuve que certains mots s'apprennent sans l'aide d'un dictionnaire — et même sans l'aide d'aucun autre mot.

À vous, techniciens philosophes, d'exprimer vos idées !

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mtaveau
Marc Taveau @mtaveau
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