
Vous rappelez-vous de votre école maternelle ? De votre maîtresse ? De la cantine ? De la sieste ?
Je me suis replongée avec délectation dans ce petit univers magique (mais parfois tellement épuisant !) à la rentrée dernière. Ça valait le coup !
Premier jour en maternelle : plongée dans le chaos
Le mardi 4 septembre, j'ai commencé par le plus dur : la cantine !
Une bonne soixantaine de petits monstres assoiffés de steaks-frites et de glace, dont le quart pleurait, et les autres testaient les merveilles de la gastronomie en versant, au choix, soit le verre de lait dans le poisson pané, soit les doigts dans la purée encore brûlante !
Que de cris, que de larmes ! Mon univers, quoi ! Car qui dit larmes dit plus de câlins pour moi !
Ah oui, mais j'ai dit le pire ? Non, au temps pour moi, le pire, c'est après : la sieste ! Eh oui, le premier jour, quand on ne sait même pas les prénoms des enfants qui vous regardent comme un extra-terrestre quand on a l'audace de leur demander comment ils s'appellent. Et le quart qui continue de pleurer.
— Quand est-ce qu'elle vient me chercher, maman ?
— Ben tu vois, j'ose pas trop te le dire, p'tit gars, mais bon là t'as encore le temps, heu bientôt, bientôt.
Doudous perdus, accidents et autres galères du quotidien

Et les doudous et les tétines perdues on ne sait où ? Et celui-là qui s'est planté de groupe, et l'autre qui vient de faire pipi dans son pantalon tout neuf acheté trois jours avant par maman qui voulait qu'il soit sur son trente-et-un pour son premier jour ? Ah navrée Madame, il a été baptisé.
Bref, le premier jour, que dis-je les deux premières semaines, c'est le chaos plus ou moins total. Les parents vous demandent si ça s'est bien passé pour un tel ou une telle :
— Heu, qui c'est déjà celui-là ?
— Bon ben on va dire que ça s'est bien passé.
Pourquoi j'adore être animatrice malgré le chaos
Je suis peut-être maso, mais moi j'adore ça !
J'ai eu le malheur de dire à une petite fille de trois ans qu'elle avait une tête de fouine, et c'est vrai en plus, ça l'a bien fait marrer. Maintenant elle m'appelle « Tête de fouine », et du coup les autres en font autant. Quand je rentre dans la cantine je dis « Salut les morpions » et ils me répondent « Bonjour Tête de fouine ». Moi ça me va !
On m'appelle aussi « Madame cantine », ou encore « madame » tout court. Bon, ça me plaît un peu moins, mais ça fait partie du folklore !
En tout cas, je n'échangerais tout ça pour rien au monde. Même si le petit Thomas ne mange rien, même si le petit Matéo me lance des sourires fripons quand je lui dis que s'il continue à gigoter dans son lit il va se coincer la jambe entre les barreaux comme la petite Ophéline vient juste de le faire.
Même s'il faut parcourir trois couloirs pour aller chercher le doudou de Mathias et si quand je reviens ils sont tous en train de danser au milieu des lits. Même si je dois plonger ma main dans une cuvette pleine de pipi pour aller récupérer une tétine qui voulait apprendre à nager (tiens, ça date d'aujourd'hui même, ça).
Et pour finir, si je dois affronter le regard désespéré de mon cher Stéphane, l'animateur référent, qui désespère quand j'oublie d'emmener mon petit groupe aux toilettes avant de goûter, et aussi quand j'emmène avec moi des enfants qui ne sont pas dans mon groupe ! C'est pas de ma faute, ils viennent, moi je les prends !
Une expérience d'animatrice à partager
Enfin bref, je sais toujours pas si ça intéresse quelqu'un mais j'aime bien raconter ma vie, et j'aimerais bien qu'il y ait plus d'histoires d'animateurs sur ce site alors je me permets de raconter ma vie.
Sur ce je vous laisse juger, je vous jure si ça vous gonfle, je recommencerai plus, enfin j'essaierai.