
J'ai décidé de vous parler de ce qui paye les gens de la télé et qui pollue environ 5 heures par jour : la pub ! Je ne dis pas que c'est mal, mais certaines peuvent être vraiment connes ! Censée être le reflet de notre société, on découvre ainsi qu'on est débiles, qu'on sourit tout le temps (même quand on marche dans la merde ou qu'on se fait couper un bras), qu'on sort des répliques dignes d'Hélène et les Garçons, et surtout... qu'on est à la fois beaufs, profondément intolérants et riches. Bah oui, la pub doit rester esthétique : du coup, pas de pub sur les clodos, les culs-de-jatte et les lépreux.
Alors vous allez me dire : oui mais on rigolerait comme des bâtards si on voyait un lépreux faire une pub pour un dentifrice. Imaginez le truc : le mec se brosse les dents, sa peau et ses lèvres tombent, et il finit par saigner à force de s'astiquer les gencives. À la fin du spot, le lépreux sans lèvres, une couche de peau à ses pieds, un épiderme purulent avec la bouche pleine de sang, balance le credo : « Abec venivite, gardez toujours une avhene fraife. » Ça ne ferait pas propre. Je serais mort de rire mais quand même. C'est comme si un aveugle faisait une pub pour Afflelou ou un cul-de-jatte pour Nike.
Les pubs Danao : un calvaire télévisuel
Personnellement, quand je vois les pubs Danao, j'ai envie d'acheter un fusil à pompe. Je vous décris la scène : un connard avec un haut-parleur, un stand minable de toutes les couleurs en plein centre commercial : « Essayez Danao. » Le mioche s'approche et sa mère, niaise au possible, lui balance une phrase qui va devenir culte chez tous les beaufs fan de Lagaf' : « Ben t'aime sa toua ? » (j'insiste sur le « toua » à prononcer comme tel). C'est à ce niveau que t'as envie de lui répondre : « Ben ouais connasse. » Mais non, la pub s'achève sur un misérable écran brouillé.
Toujours dans la famille, Danao Choco avec la phrase culte : « Pas de poils au museau, pas de Danao Choco. » L'inventeur de cette phrase est soit :
- Un génie de l'humour au vingtième degré
- Un connard qui ne savait pas ce qu'un crétin de 18 ans pouvait balancer à son petit frère
- Un publicitaire dont le QI se résume à celui d'une huître
- Un lépreux qui ne peut pas faire de pub devant l'écran
Danone Bio : le comble du mauvais goût
Une autre connerie ? Euh... tiens, la pub Bio de Danone. Quelle version ? Les trois. Si la première était un faux coming-out lesbien, la seconde un cliché lycéen (genre on habite dans un pur appart du 15e et on mange des pizzas commandées au Pizza Rapide du coin), la troisième est le comble absolu du mauvais goût.
Une scène qui semble réelle, des acteurs qui font pitié, une table horrible (la table a son importance), un décor pourri et une bouffe que je ne toucherais même si j'étais pakistanais (il n'y a rien de méchant contre les Pakistanais... c'est une vieille histoire de rivalité entre les Pakistanais et les Bretons !).
ET LA REPLIQUE : « Ouh, j'ai mal au bide. » (Va chier ou pète un coup.) « Ouais mais t'as vu comment tu manges ? » (Là, y'a toujours un vieux reste de bouffe qui date d'un mois, limite t'as marché dedans, ton chien a pissé dedans, et ton chat, à cause de ses croquettes, a gerbé dedans.) « Ouais t'as raison. » (Limite le mec est trop con pour capter que bouffer des frites tellement grasses qu'elles pourraient transpercer du papier cul et des sales morceaux de barbaque avec une sauce aimée que des Ricains ne va pas défoncer le bide.) « Prend un bio. » (Je sais pas si vous avez déjà goûté le yogourt que le bruit de Richard Berry a fait connaître... Ah non ça c'est Sveltesse.) « C'est surtout très bon ! » (La réplique plus le ton transforme cette phrase pitoyable en pure merveille.)
Le sourire hypocrite des produits ménagers
Bon, la pub c'est aussi des connasses qui sourient tout le temps. Vous n'avez jamais remarqué la joie qu'un pot de Nutella, de la Ricorée ou même une boule odorante à la con genre Brise peut susciter ?
Regardez la dernière pub Brise. « Avant on avait honte de mettre une boule odorante sur sa table parce que c'était moche » (style on en a quelque chose à foutre d'une boule odorante). « Maintenant, grâce à la nouvelle saloperie de Brise, on a l'air moins con parce que c'est beau. » (Nan mais au secours... !) Mais qui peut croire à ce genre de conneries ?
Le nombre de pubs de ce genre dépasse l'entendement. Genre Mr Propre, ça fait danser et rigoler (ah bon ? Ça fait plutôt se gaufrer tant ça glisse), genre on est heureux de nettoyer son four avec Décap'Fout (il suffit de ne pas laisser son four s'encrasser de morceaux de spaghettis ou autre douceurs qui puent pour ne pas avoir à acheter ce produit inutile).
Conclusion : la pub, entre rire et désespoir
Bon, tout ça pour dire qu'il y en a marre de ces pubs de merde. Si d'un côté, elles me confortent dans mon idée de ne pas aimer les gens et de détester la société de consommation, d'un autre côté j'avoue me marrer grâce aux pubs.
Finalement, ce coup de gueule était sans but.
Mais un conseil : prêtez bien plus d'attention aux pubs qu'avant, vous allez peut-être mourir de rire ou être contaminé par le sourire hypocrite.