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Essais

La plage, c'est nul

Vous aimez la plage ? Ou peut-être pas. Découvrez les 4 raisons majeures pour lesquelles s'étendre sur le sable est en fait une véritable torture estivale.

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La plage, quand on y arrive, généralement on est content. Pour les Parisiens qui se tapent 900 km en bagnole, c'est sûr que ça fait du bien d'arriver... Pour les gens qui, comme moi, n'en ont que 60, c'est déjà moins compréhensible.

Mais que voulez-vous, c'est les vacances, c'est le soleil, les jupes et la mer (c'est beau, c'est bleu, c'est infini).

Donc, nous arrivons. Et là, tout de suite, avec un enthousiasme de jeune chiot, on se met tous en maillot avant de partir vers la plage. Je passe évidemment sur les complexes et les bourrelets, car je pars du principe que nous sommes tous beaux, merveilleux, dents blanches et cheveux soyeux.

On gravit la dune (ou le trottoir...) et on jette les tongs.

Là, oh joie, oh bonheur débordant, le sable est chaud. Les deux premiers pas, c'est vrai, on aime ça. Ça nous prouve que c'est l'été (comme si le cagnard et les coups de soleil qu'on va bientôt choper ne nous avaient pas convaincus). Au troisième pas, on est déjà moins fiers, et au quatrième, on a carrément les pieds qui crament. Et dans le sable, les tongs, ça ne marche pas. Alors on se trouve contraints de détaler comme des cabris jusqu'à l'endroit où on posera la serviette.

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Pourquoi la plage est-elle toujours pleine ?

Car on a tellement répété que la plage, c'était formidable, que tout le monde y a cru. Du coup, tout le monde est là. Alors, avec nos pieds carbonisés, on se jette sur le premier mètre carré disponible avec la violence d'un rugbyman en plein placage. Pourquoi ? Pour pas se le faire piquer par les quadrilleurs furtifs. Mais si, vous savez, la touriste allemande rouge écrevisse là-bas, celle qui s'est tellement enduite de graisse à traire qu'on la voit même plus tellement elle brille.

Imaginons qu'on l'a grillée, et qu'elle n'a plus qu'à aller répandre ses flaques d'huile dans la mer. Là, va intervenir le troisième problème : LES GENS !

Et, en premier lieu, le vieux cachalot en slip violet. Dit comme ça, ça ne pose apparemment pas de problèmes. Je rajouterais donc que, comme chaque année le cachalot de plage prend environ 20 % de son poids, et qu'il ne change jamais de maillot, on a devant soi une raie des fesses digne de la faille de San Andreas prête à nous engloutir. Et ça, on a beau dire, c'est terrifiant.

Et puis, il y a les enfants. En théorie, un enfant, c'est mignon. En théorie seulement. Car quand l'enfant passe l'après-midi entière à hurler et jouer au ballon (avec notre tête qui doit ressembler à un but, tellement le ballon semble l'adorer), on n'espère qu'une chose : qu'il se noie !!!

Mais il y a pire encore : quand l'enfant a des parents riches (et sourds), il arrive qu'il joue avec une sorte de fusée hurlante encore plus exaspérante que le ballon (ça paraît difficile, hein ? !). Et puis l'enfant, sur la plage, semble soudain devenir idiot : quand on lui demande gentiment de jouer au foot un peu plus loin, il nous regarde avec des yeux dignes d'un poisson mort (un merlu, très exactement), reprend le ballon sur notre tête, et l'y relance quelques minutes plus tard. Là, on commence vraiment à se demander s'il ne le fait pas exprès. Et on espère très fort qu'il disparaisse.

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L'autre fléau qui sévit sur la plage, c'est le chien. J'adore les chiens. Ils m'adorent aussi. Du coup, ils courent tout autour de ma serviette en me jetant plein de sable, et marquent leur territoire. Vous savez comment les chiens marquent leur territoire ? Ils urinent. Et là, je me demande vraiment si j'aime les chiens.

Pourquoi le sable est-il un ennemi hypocrite ?

Nous, tout naïfs que nous sommes, on le prend bêtement pour un ami. Et c'est vrai qu'il fait tout pour qu'on y croie : il se transforme en oreiller, en parade anti-yorkshire (un labyrinthe creusé dans le sable, pensez-y. Ça marche aussi pour les caniches), en barrage contre la marée. Quand on retombe en enfance, on peut y faire des châteaux ou des tunnels avec les pieds. Mais le sable, en vérité, c'est un sale hypocrite. Parce que dès qu'on a le dos tourné, il appelle son fidèle ami le vent et se dissimule comme un sournois entre les fibres de notre serviette éponge.

Il se colle sur nos mains au moment même où l'on va manger un BN. Il s'incruste dans nos fringues pour en faire de la pierre ponce. Il bouche la douche. Il fusille notre discman parce qu'on s'est bêtement dit que dans le sac ça ne craignait rien. Et comme si ça ne suffisait pas, il nous suit jusque dans la maison, planqué méchamment dans les chaussures et les cheveux, histoire qu'en plus, on doive balayer.

Non, vraiment, le sable, ça n'est pas notre pote.

En plus, il se fourre dans le bouchon de la crème solaire et la transforme en vilain gommage ultra abrasif. Et là, mine de rien, j'aborde le quatrième problème : les coups de soleil !

Dans l'euphorie des débuts, on oublie souvent la crème, et on se laisse cramer au bord de l'eau en pensant rêveusement au bronzage chocolat qu'on arborera d'ici demain. On guette les marques, on fait la crêpe, on est contents. Au retour, par contre, on pourra faire de très jolis dessins aux doigts sur votre peau écrevisse, et les filles se tartineront de fond de teint en pensant qu'elles n'ont plus aucune chance de séduire Jean Edouard, le play-boy de la plage. En même temps, elles devraient être contentes : ça leur musclera les jambes de ne plus pouvoir s'asseoir, se coucher ou se mettre à genoux. Après tout, la Biafine, c'est très seyant.

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Et puis, en plus de tout ça, je [filtered]e les petites bestioles pas forcément sympas qui peuplent l'été à la plage. Certes, il y a Jean Edouard et le joli poney camarguais, mais n'oublions pas Bruno le vendeur de gaufres, les taons, les vives, ces petites saletés embusquées sous le sable et ne pensant qu'à nous piquer, les crabes, les oursins, les requins...

Non, vraiment, ne vous laissez pas avoir. La plage, c'est nul.

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la maitresse des poissons roug
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