Image 2
Essais

La philosophie interdite : 2° partie

Explorez le Nagual, l'alchimie et le nihilisme dans cette philosophie ésotérique inédite. De Castaneda à Nietzsche, un voyage initiatique au cœur des grandes traditions spirituelles.

As-tu aimé cet article ?

Voici la suite de la première partie de cette « philosophie interdite » (1ʳᵉ partie à lire avant celle-ci).

Nagual et nihilisme : une lueur au fond de l'abîme

« Tout l'Art se résume à la dissolution. » — Fulcanelli

Être athée tout en étant croyant. C'est ce semblant d'invraisemblance, préfigurant à quel point notre système cognitif reste victime de structures mentales ou, pire encore, esclave des mots, qui va constituer le développement le plus délicat de ce livre. Nous entrons là dans une dimension qui a toujours fait défaut à la philosophie, et qui lui a cruellement manqué, même si elle a eu l'impression de s'y pencher, par exemple en s'intéressant à Épicure, pour qui croyance et athéisme ne s'opposaient pas.

La philosophie travaillait sur un plan et non dans un espace, confinée dans un descriptif, un système cognitif inadapté à appréhender la structure du monde, expliquant pourquoi elle n'a jamais rien résolu, voire pourquoi elle fait l'objet de dérisions l'étiquetant comme science de la paraphrase. Ceci, bien que certains philosophes, à la fin de leur vie, commencèrent à flairer cette dimension supplémentaire, comme par exemple Ernst Jünger dans Les Ciseaux, et finirent par entrevoir des solutions concrètes, comme nous le verrons plus loin. C'est en particulier pour cela qu'aucune science humaine, en tant que tributaire d'un cadre social, lui-même dépendant d'une modalité d'époque, ne pourra jamais rien résoudre, aucun ordre valide, non corrompu et non lesté par des intérêts, n'étant à même de proposer un arbitrage transparent.

Christianisme et nihilisme nietzschéen : une réconciliation possible

Quelle est cette dimension inconnue de la philosophie ? Comment peut-on être croyant, en particulier chrétien, tout en défendant la philosophie de Nietzsche, qui pourfendait sans ménagement les racines du christianisme, notamment via son point de vue relatif au nihilisme ? Contrairement aux idées reçues, j'affirme qu'on peut défendre les bases du christianisme tout en attestant la mort de Dieu. Nietzsche remettait en cause la structure du christianisme dans son aspect historique et dogmatique, et son analyse reste exacte. Il n'en demeure pas moins que l'enseignement chrétien, dans sa forme primitive et non corrompue, recèle une très forte valeur initiatique, si on se donne la peine de l'examiner dans la ligne traditionnelle comme l'ont fait, par exemple, Maître Eckart, ou plus tard Julius Evola ou Annie Besant.

Annie Besant l'exprime ainsi : « On ne peut du reste voir dans la révolte contre les dogmes de l'Église l'indice d'aucune décadence morale. Les révoltés n'étaient pas trop mauvais pour leur religion ; la religion, au contraire, était trop mauvaise pour eux. » Elle ajoute : « Cet examen de la pensée contemporaine nous montre que la question d'un enseignement caché se rattachant au Christianisme prend une importance capitale. »

L'athéisme mystique de Maître Eckart

Que m'importent des Dieux, ou un Dieu, si je ne peux expérimenter aucune relation tangible avec eux, ou lui. Restons pragmatiques, et ne considérons que les aspects expérimentaux que nous pourrions avoir avec un éventuel irrationnel qui serait encore, éventuellement, inconnu de nos champs d'investigation, voire insoupçonné.

Dieu n'est pas Dieu, c'est un mot, une idée, une représentation que l'intellect s'en fait, quelles qu'en soient les raisons. C'est, dans un autre langage, ce que disait Maître Eckart, en distinguant le Père, non manifesté, et le Fils, principe émergeant et manifesté. Une préfiguration d'un Dieu inexistant pour l'homme, bien que le monde soit coéternel à Dieu.

Maître Eckart déclarait : « L'âme qui s'élève à ces sommets de la pensée sent en elle-même sa divinité, il n'y a alors plus de différence entre elle et le Fils unique. » Quels étaient ces sommets ? Imposer silence au monde qui bruit à nos oreilles, et vivre comme si le monde n'existait pas.

Dans le sens exposé dans sa doctrine, on peut affirmer sans se tromper que Maître Eckart était athée, ce qu'il traduisait par la pitié qu'il avait de la religion de ceux « qui veulent voir et aimer Dieu comme ils aiment une vache pour le lait et le fromage qu'elle donne ». Pire encore, et cela lui valut le tribunal de l'Inquisition, il disait : « Dans le cas que l'homme juste voudrait quelque chose, et qu'il fût possible à Dieu de ne pas le vouloir aussi, l'homme devrait braver Dieu et persévérer dans sa volonté. »

Le panthéisme d'Eckart ne s'arrête pas là : « Dans le principe, j'ai été et je me suis pensé moi-même, j'ai voulu produire moi-même cet homme que je suis, je suis ma propre cause. Et si je voulais, je ne serais pas encore, ni moi, ni le tout. » Voilà comment, par exemple, un des plus grands théologiens de tous les temps pouvait être à la fois croyant et athée. Toute l'ambiguïté des mots.

Le point d'assemblage chez Castaneda : le chamanisme expliqué

On retrouve exactement ce principe dans les traditions chamaniques — le chamanisme serait bien la plus vieille religion du monde — notamment dans celle rapportée par Carlos Castaneda. Imposer silence au monde qui bruit à nos oreilles, et vivre comme si le monde n'existait pas, c'est le principe de base de cette doctrine pour « faire bouger le point d'assemblage », clé de voûte de ce système sans Dieu (et dont une des révélations prestigieuses est l'identification de l'expérience de Dieu à une position du point d'assemblage).

Ce système permet d'instituer, au travers d'une force neutre et impersonnelle, le Nagual, le principe de sa volonté, ou de son « intention », et d'y construire un principe qui deviendra tangible sous la forme d'un « feed-back », à la forme près, dans la réalité quotidienne.

Il serait trop long d'exposer ici cette brillante et complexe doctrine fondée sur des principes cognitifs totalement différents des nôtres. Retenons simplement qu'à la fin de son apprentissage, Castaneda devait sauter dans un ravin, se souvenant de ce que lui disait son maître : « Si tu n'as pas assemblé un autre monde avant d'arriver au fond, tu es mort. »

Là aussi, on reconnaît le même panthéisme inhérent à Eckart, appelé pour l'occasion « l'explication des sorciers » : « Le Nagual est l'indicible. Tous les sentiments possibles, tous les êtres et personnalités imaginables flottent en lui comme des chalands, paisiblement, immuablement, éternellement. »

Alchimie et Mercure des sages : une science millénaire

Ce Nagual fut connu de tous les temps par les occultistes, notamment les kabbalistes, qui travaillaient sur l'interprétation sémantique et numérique de la Genèse biblique. Citons par exemple Stanislas de Guaita : « Dans tous les sanctuaires du vieux monde, la substance universelle, avec son double mouvement, a été représentée avec le signe symbolique de Mercure. »

Cette substance, appelée ici « Nagual » pour reprendre la terminologie de Castaneda, a été suffisamment évoquée par les alchimistes pour que nous y revenions ici. À noter que l'alchimie n'est pas ce labeur destiné à transformer le plomb en or, comme l'ont cru à tort les croyances populaires investies de vénalité, mais bien une science multimillénaire, connue de Babylone jusqu'à nos jours, destinée à décrire les pérégrinations du voyage initiatique de l'individu.

Ce qu'en dit d'ailleurs Mircea Eliade est très explicite : « Le rétablissement du sens et des buts originels de l'alchimie est dû surtout à la perspicacité de l'historiographie contemporaine. Il y a peu de temps encore, on considérait l'alchimie comme une protochimie, c'est-à-dire une discipline naïve, pré scientifique, ou au contraire comme un amas de sottes superstitions sans rapport avec la culture. »

L'alchimie, science des sciences, usine à décrypter la mythologie entendue comme langage surhumain, est la fille de celle-ci. L'auteur qui a le mieux exprimé la relation inextricable entre le quotidien et la mythologie est certainement Leisegang : « Le mythe exprime, sous la forme du récit d'un cas particulier, une idée éternelle intuitivement reconnue par celui qui le revit dans l'action. »

Star Wars, Matrix : le Nagual dans la culture populaire

Le Nagual. Le Mercure. George Lucas l'appelle « La Force ». Les Wachowski l'appellent « Le simulateur de Matrix, où l'on peut violer les règles (lois physiques) ». Nous avons là la substance qui permet enfin l'impossible alliage œcuménique entre toutes les traditions, mythologies, religions de tous temps.

Il est, dans l'univers, une substance neutre, impersonnelle, que l'homme va pouvoir et devoir polariser par une « intention » ou une « volonté », avant qu'elle ne lui le rende sous des formes parfaitement palpables et tangibles. C'est là le seul Dieu, si on peut lui attribuer ce terme, vis-à-vis duquel l'homme puisse entrevoir un rapport pragmatique.

Celui qui en a fait la description la plus exacte, la plus à même d'unir l'ensemble des enseignements religieux, mythologiques ou ésotériques, est Castaneda : « Seuls les sorciers peuvent transformer leurs sentiments en intention. L'intention crée des édifices devant nous et nous invite à y pénétrer. Les êtres humains — et toutes les autres créatures vivantes d'ailleurs — sont des esclaves de l'intention. Tu en es le maître, et en même temps tu en es l'esclave. »

La polarisation du Nagual : le fondement secret de l'univers

La polarisation du Nagual, appellation inconnue, baptisée ainsi par mes soins car évoquant en deux mots l'intégralité du processus, est le fondement même de l'univers, fondement connu depuis la nuit des temps. S'il y avait une seule chose à retenir de l'ensemble du monde, ce serait celle-là.

Les vestiges de cette connaissance nous entourent de toutes parts dans cette époque où l'ignorance des grands principes du monde a atteint son paroxysme : par exemple, les rapports, déjà connus des Pythagoriciens (eux-mêmes instruits par l'Orphisme, cette haute science alchimique) entre la musique et les nombres ; les dénominations de chaque jour de la semaine, jour associé à une planète, planète associée à un métal alchimique. Les dénominations zodiacales, traduisant les isomorphismes entre la structure céleste et la structure humaine.

Ces rapports ne sont pas seulement symboliques, comme le croient la plupart des analystes, notamment les analystes décadents comme les psychanalystes ; ces rapports sont avant tout physiques, les règles mensuelles de la femme associées aux cycles lunaires en sont l'exemple le plus immédiat.

La polarisation du Nagual explique tout ce qui est un mystère pour la « Science » : la maladie héréditaire, l'allergie, la phobie, la malédiction, la psychopathie, et même, dira Castaneda, la mort. Elle explique les stigmates, émanations physiques de la polarisation intense générée par le chrétien obsédé par la crucifixion. Elle explique pourquoi ceux qui marchent sur les braises ne sont pas brûlés.

La chaîne magique et l'Egrégore selon Stanislas de Guaita

Celui qui a le mieux expliqué cette polarisation, bien que dans une terminologie propriétaire propre à l'ésotérisme, est Stanislas de Guaita, donnant au passage la signification clé du phénomène communautaire, entendu dans son sens initiatique :

« Les grands courants de vertu ou de perversité, de fanatisme ou de foi, dont une chaîne magique plus ou moins artistement tendue est toujours la pile génératrice, sont régis par les dominations collectives de l'invisible. Les verbes créateurs : bénédictions, anathèmes, puisent là leur force et leur efficacité. »

Il ajoute : « La volonté active détermine sur le plan astral des courants fluidiques. Un vouloir isolé, si énergique soit-il, ne brave pas sans risque un faisceau de vouloirs hostiles, groupés avec intelligence et dirigés selon la norme. »

Solve et Coagula : le voyage initiatique alchimique

Le chaman polarise « l'énergie étrangère » infiltrée dans le Nagual par « l'intention », la « volonté », au même titre que l'alchimiste va féconder le Mercure, élément passif et féminin, très difficilement captable de par sa nature furtive et volatile, par le Soufre, élément actif et mâle.

Le « Solve » représente le mouvement du point d'assemblage, le « Coagula » sa fixation, légitimant respectivement les deux spécialités des guerriers que sont « l'art de Rêver » et « l'art de Traquer » ; c'est pourquoi un couple de guerriers se doit de proposer des prédispositions opposées, l'un compensant les carences de l'autre.

Sur le plan individuel, le voyage initiatique et mythologique a pour but, dans un premier temps, la dissolution (en alchimie, c'est le démembrement, comme celui d'Orphée) ou chute dans le temps mythique, puis, dans un second temps, la coagulation (comme celle d'Osiris), ou retour dans le temps profane.

Ainsi se résume le processus du voyage initiatique : la réintégration du physique avec la plus-value du patrimoine nagualiste ; nous avons là les réitérations alchimiques qui permettent, à titre individuel, de modifier la structure, au semblant rigide, de la « matrice ».

Le bonheur de l'horreur : traverser le nihilisme

« Et pourtant, il faut entrevoir dans le nihilisme la présence d'un grand destin, une force originelle, à l'influence de laquelle nul ne peut se soustraire. » — Ernst Jünger

« Celui qui connaît le monde découvre un cadavre. Et celui qui découvre un cadavre, le monde ne peut le contenir. » — Évangile de Thomas, logion 56

Liberté contre égalité : critique du nihilisme moderne

Ceux qui pensaient et pensent que liberté rime avec égalité ou fraternité sont légions. Comme il a été montré plus haut, ces légions, myopes comme des vieilles taupes, tant vis-à-vis de l'histoire que de la nature humaine, sont les instigateurs du nihilisme.

La constitution des droits de l'homme, outre qu'elle soit bafouée précisément et en premier lieu par ses promoteurs, est une des pires escroqueries de tous les temps, à la base d'un nivellement totalement contre-nature. La liberté ne se marie avec aucune valeur communautaire, et peu d'individus sont prêts à payer le prix exorbitant qu'elle coûte.

Viviane Forrester l'a bien ressenti : « Quiconque choisit ces chemins se fracasse, est fracassé. On songe, pour ne citer que des écrivains, à Nietzsche, Nerval, Hölderlin, Poe, Baudelaire, Woolf, Artaud. Leur sort, leur condamnation, leur maladie, ne signifient pas que leurs voies soient néfastes, morbides, mais que l'exactitude, la vie, sont les maladies de l'existence, telle qu'elle nous est dictée. »

Le totalitarisme comme terreau des esprits puissants

L'histoire ne date pas d'hier. Cette hégémonie du système sur l'individu a pris de nombreuses formes, la dernière étant la pire. Cioran l'avait d'ailleurs noté : « Hume disait que le plus grand esprit de l'antiquité, ce n'était pas Platon, mais Tacite. Je suis de son avis. La position des stoïciens est admirable, et je me sens toujours bien en compagnie de ces hommes qui étaient tous livrés sans merci à des fous, à ces autocrates, à ces cinglés qui ont gouverné l'empire romain. »

« La grande rupture vient de ce que le néant est d'abord subi passivement », disait Jünger. Ce nihilisme, que Nietzsche jugeait décadent, car empreint d'un violent ressentiment, d'une méchanceté froide et inflexible, n'en est pas moins un passage obligé.

Le « passage de la ligne » et le lieu sans pitié

Ce « passage de la ligne » constitua l'essence de la correspondance entre Jünger et Heidegger. Cette froideur fut mise en évidence par Jünger, dans l'interview qu'il accorda en 1995 : « L'anarque vit dans les interstices de la société, la réalité qui l'entoure lui est indifférente. Ce qui est conseillé, c'est la froideur : sur un marais gelé, on avance plus sûrement et plus rapidement. »

Ce « passage de la ligne » est aussi connu des « sciences obscures » ; Castaneda le nomme « le lieu sans pitié », camp de base indispensable à toute opération supra-humaine : « Mais, afin que les sorciers puissent utiliser l'éclat de leurs yeux pour déplacer leur propre point d'assemblage ou celui des autres, ils doivent être implacables. »

Le ressentiment créateur selon Max Scheler

Soyons précis sur le terme de ressentiment : il ne s'agit nullement d'envie ou de jalousie, ni de comportement réactif vis-à-vis d'un environnement que l'on sait hostile. La plupart des philosophes du nihilisme sont unanimes pour qualifier à juste titre ce comportement de décadent.

Le ressentiment de haine, passage obligé pour alimenter sa force de vie, se mue en ressentiment d'élitisme. Celui qui a le mieux évoqué ce passage est probablement Max Scheler : « Par cette sublime vengeance, comme dit Nietzsche, le ressentiment joue véritablement un rôle de créateur dans l'histoire des jugements moraux et des systèmes de la morale. »

Retrouver sa fonction et sa nature : la voie du Dharma

Nietzsche connaissait la valeur du ressentiment. La solution réside ici-bas et non dans un quelconque au-delà. Ce à quoi Heidegger ajoute, comme commentaire à La Volonté de puissance nietzschéenne : « C'est pourquoi le nihilisme visant au renversement (des valeurs) ainsi compris ira chercher ce qui renferme le plus de vie. Le nihilisme devient ainsi lui-même l'idéal de la vie la plus débordante. »

On comprend ainsi simplement pourquoi le basculement dans la démence, dans le suicide, dans la maladie est si fréquent pour un individu en qui les forces de la vie deviennent dominantes. Comment trouver à ce feu débordant une terre d'accueil dans un système civilisateur dont l'objectif non avoué est l'étouffement de l'individu ?

Par l'humide, répond l'Ancien Testament, qui envoie Moïse, persécuté par l'hégémonie égyptienne, jusqu'à la mer Rouge. La mythologie est très prolixe à ce sujet. Létone, poursuivie par la colère d'Héra, ira accoucher d'Apollon sur le seul lieu hors d'atteinte, Délos, l'île flottante.

L'homme nouveau face à l'horreur de la liberté absolue

Voilà notre homme nouveau, devant toute l'horreur d'un monde nouveau lui aussi : un vent polaire à l'image que lui a justement donnée Jünger. Un regard exempt des structures mentales en vigueur et indépendant des modalités d'époque. Une vivacité décuplée par le cisaillement des chaînes qu'il vient d'opérer.

Comment cet homme nouveau va-t-il gérer ce très délicat « passage de la ligne » que les Argonautes appelaient les Symplégades ? Heidegger dira : « C'est pourquoi la volonté de puissance, en tant que principe reconnu et donc voulu, devient en même temps le principe d'une nouvelle institution de valeurs. »

Quelles sont ces nouvelles valeurs que l'on va placer sur cette table rasée ? Nous entrons là dans un domaine que les philosophies et les théologies ont abandonné ou détourné. C'est la notion de Nature, ou plus précisément la notion de fonction. Ce concept est connu de la plus haute antiquité orientale sous le nom de Dharma.

La chaîne sympathique : retrouver ses frères d'essence

On commettrait un grave contresens d'associer la notion susdite de race à un concept ethnologique. La race est relative ici à une notion de fonction, à une notion de fraternité. Non une fraternité patriotique ou une fraternité d'humaniste démagogique, mais une fraternité, plus ou moins restreinte, relative à un noyau d'individus de même essence qui se reconnaissent d'instinct.

C'est ce que Stanislas de Guaita nommait la « chaîne sympathique ». Ce qu'a ressenti par exemple Pier Paolo Pasolini : « Je suis une force du passé, seule la tradition a mon amour. Je rôde, plus moderne que n'importe quel moderne, à la recherche de frères qui ne sont plus. »

Il y a des gens d'un tempérament guerrier. Il y a des femmes maternelles. Il y a des femmes qui ne supportent pas les enfants. Il y a des hommes laborieux. Castaneda disait : « Mon bienfaiteur me dit que mon père et ma mère avaient vécu uniquement pour m'engendrer, et que leurs propres parents avaient fait de même pour eux. Il ajouta que les guerriers étaient différents parce qu'ils déplacent assez leur point d'assemblage... »

(Fin de la deuxième partie — à suivre)

As-tu aimé cet article ?
echouekorps
38 articles 0 abonnés

Commentaires (3)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires