
Ce qui suit est quelque chose que j'ai écrit il y a quelques semaines :
Écrire et entendre son père vomir, c'est ce que je vis en ce moment, c'est ce que j'entends.
J'éteins la lumière et j'essaie de dormir mais malgré tout j'entends.
Maintenant il prend un bain et moi je ne dis rien. Il tousse encore et encore, la douleur est là, présente en lui, et moi je reste dans ma chambre, blottie dans mon lit.
Je ne veux pas écouter alors je prends mon baladeur, je monte le volume, mais rien n'y fait. Je ne veux pas savoir mais c'est impossible. J'aimerais qu'il aille bien comme c'est le cas certains soirs car là je vais m'endormir et lui continuera de souffrir.
On ira plus haut que ça
On ira plus haut que ça, on franchira les murs et on se relèvera car la nuit n'est pas un obstacle pour tous ceux qui savent se battre.
Je te regarde de loin et je te vois souffrir, je te regarde ne sachant comment agir.
Dans mon miroir je vois une fille paumée, en réalité je fais ma grande et j'essaie de tout affronter.
Dehors tout le monde me croit indifférente seulement parce que je suis distante. Seuls mes amis savent que je n'ose pas poser de questions, que je ne veux pas m'engager dans ces conversations.
Chimio, traitements, douleur : ce sont des mots qui vous font peur, ils forment mon quotidien, avec eux je vivrai encore demain.
Un jour il m'a dit qu'à l'autel jamais il ne me conduira car un ange déjà il sera. Depuis, les mariages de princesse ne me font plus rêver car mon roi ne sera pas à mes côtés.
La maladie, vous la voyez de loin, moi je la côtoie, je la connais bien. Elle est une bombe qui surgit dans votre vie et qui jamais ne fuit. À tous ceux qui connaissent ce sentiment, sachez que seul toujours on se sent mais qu'entouré on est certainement.
Ma vie sans artifices et sans rimes
Contrairement à pas mal de jeunes qui attendent d'être chez eux pour pleurer après une sale journée, moi en semaine j'attends le lendemain matin pour craquer dans les bras de ma meilleure amie. Le week-end je me défoule avec mes potes en boîte, je ne respecte pas les horaires que mon père me donne parce que je sais qu'au moment où je franchirai la porte la maladie sera là, les pleurs de mon petit frère aussi.
Ça peut paraître égoïste de ma part de rester dehors et je le suis certainement, mais en me défoulant, en criant et en pleurant dans les bras de mes meilleurs amis qui me comprennent et me soutiennent, je reprends des forces qui me permettent de tout affronter devant les gens. Je reprends des forces qui me permettent d'être parfaite devant mon frère et mon père. Alors je me dis que si je suis égoïste en ne respectant pas les horaires ce n'est pas grave car chez moi j'atténue les pleurs et je souris, je reste droite et forte pour ma famille. Car eux ont besoin de moi, de ma joie et ma bonne humeur et certainement pas de mes pleurs.