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Essais

La légende de Kaïnèta

À Péké, village oublié de Norvège, une mystérieuse sauveuse nommée Kaïnèta arrive et sauve les habitants de la famine. Mais une jeune fille découvre son terrible secret.

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J'habitais un petit village du nom de Péké, au nord de la Norvège. Vous savez, le genre de village qu'on oublie très rapidement. Bref, mon village s'éteignait à petit feu. La nourriture, les médicaments et l'eau potable devenaient de plus en plus un luxe que les gens de mon village ne pouvaient plus se permettre. J'ai déjà été considérée comme le bébé le plus chanceux, car le jour même où je suis née, notre sauveuse nous est enfin apparue. D'accord, sur le coup, on ne savait pas vraiment qui elle était ni d'où elle venait. Tout ce qu'on savait, c'était qu'elle était pratiquement morte de froid. C'est seulement deux jours après son arrivée à Péké qu'elle a commencé à parler. Elle s'appelait Kaïnèta. Avant d'être persécutée et envoyée en exil, elle habitait sur une île dans le sud. Pour échapper au martyr, elle avait dû naviguer dans des eaux glacées pendant plus de trois jours en s'arrêtant sur toutes les îles qu'elle rencontrait. Mais seule, elle ne pouvait survivre dans ces conditions. Par la suite, elle a accosté sur nos côtes. Ce qui m'étonne, c'est que Péké est au moins à 10 kilomètres de la plage. Alors elle devait être très résistante au froid. Mais je crois que le froid avait pratiquement eu raison d'elle. Sur sa peau, on pouvait aussi voir des morsures de loups, des griffures d'ours et plein d'autres traces d'animaux qui restaient encore à déterminer. Elle avait les cheveux et les yeux noirs. Ma mère m'a dit que la première fois que je l'ai vue, je me suis immédiatement mise à pleurer.

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Les pouvoirs mystérieux de Kaïnèta

Ce n'est que 5 ans plus tard qu'on a découvert qu'elle avait le pouvoir de faire apparaître et disparaître les objets. Tout le monde se demandait d'où pouvait bien lui venir ce pouvoir. Elle était très secrète et elle s'habillait toujours en couleurs foncées. Mais elle était notre sauveuse, alors personne n'osait même penser à la contredire. Mais j'étais différente des autres. Je ne l'ai jamais vraiment aimée. Elle arrivait de loin et elle amenait un vent d'espoir pour le village, qui sans elle aurait sombré. Mais elle avait cette bizarre manie de toujours aller dans les bois. « J'ai besoin de me ressourcer », nous donnait-elle comme excuse.

Mon enquête sur la sauveuse du village

Un jour, je me suis décidée à la suivre. Je l'ai prise en filature pendant pas moins d'une heure. Quand elle s'est enfin arrêtée, elle m'a ordonné de sortir des buissons et de retourner au village. Sur le coup, je ne comprenais pas comment elle avait bien pu me voir ou même m'entendre. Alors je me suis éloignée. Faisant semblant de m'en retourner au village, je me suis cachée dans un buisson d'où j'ai pu voir toute la scène. Elle s'est avancée vers le rocher qui se tenait droit devant et elle a entonné la formule qui devait servir à faire appel à une puissance ou à un être supérieur. Normalement, à la fin, on fait un geste vers le ciel pour invoquer un esprit divin, mais elle, au contraire, pointait ses doigts vers la terre. Elle voulait faire apparaître le diable. Et c'est ce qu'elle fit. Deux minutes plus tard, il était devant elle et lui disait :

— Mais qui voilà ? Ma très chère Kaïnèta. De bonnes nouvelles, j'espère.

— Trêve de politesses, donne-moi le !

— Tu sais très bien que ça ne marche pas comme ça, la vie d'abord.

— Je ne l'ai pas pour le moment. Mais tu sais que j'en ai besoin !

— Tu peux survivre sans, et de toute façon, tu n'as pas de quoi le payer.

— Je t'apporterai l'âme d'un jeune garçon si tu me le donnes tout de suite.

— Mmm... Proposition alléchante. J'accepte ! Mais n'oublie pas que si tu te fais prendre, c'est l'exil à vie qui t'attend.

— Je le sais, tu n'as pas besoin de me le rappeler. C'est déjà assez dur de passer pour une humaine ordinaire si en plus il faut que je sois à toi.

— Mais tu n'es pas encore à moi.

— Tu sais bien que je suis dépendante à ce poison. Et tu l'as toujours su.

— Oh, ma pauvre petite Kaïnèta, ce n'est pas à moi que tu dois cette dépendance. C'est toi qui as choisi cette route. Je n'ai fait que t'y inciter fortement.

Puis, par la suite, il lui tendit un petit flacon qu'elle s'empressa de prendre et de boire. Tout à coup, elle se mit à crier :

— OUI, OUI, OUI, ENFIN !

— Tu as deux jours pour me l'apporter...

— Et pas un de plus, dit-elle. Je sais.

J'étais sous le choc. Notre sauveuse était sous l'emprise du diable. C'était trop fou ! Mais à bien y penser, ça ne m'étonne pas tant que ça finalement...

(La suite à venir)

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samuelle
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