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Essais

la destinée

Iwazaki Young, lycéenne à Gaya, partage son quotidien entre amitié, déception amoureuse et l'espoir de voir sa sœur jumelle sortir du coma. Une histoire touchante sur la quête de soi.

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Je m'appelle Iwazaki Young, je suis en terminale au lycée de Gaya. Gaya est juste une ville quelque part dans ce monde — peut-être qu'elle ressemble à la vôtre, peut-être qu'elle n'y ressemble en rien. Mais si vous regardez de plus près, vous verrez quelqu'un qui vous ressemble, quelqu'un qui essaie de trouver sa voie, de trouver sa place, de se trouver...

Voilà Zoé : c'est ma meilleure amie, une amie d'enfance. Je l'ai connue à l'âge de 7 ans ; maintenant, on a 17 ans. Son père est mort dans un accident de voiture lors d'un voyage d'affaires, l'année dernière. Zoé adore le premier jour de la rentrée scolaire. Moi, au contraire, je le déteste : je n'aime pas revoir mes vieux amis, ni mes vieux ennemis. Zoé est parmi les premières de la classe, les professeurs l'admirent. Elle est naturelle, elle prend les choses du bon côté.

— Salut Iwazaki, me dit-elle sur un ton joyeux.

— Salut ! Je suis heureuse de te voir si heureuse. Alors, qu'est-ce qui te rend si satisfaite ?

— Ben, je crois que tu le sais... le jour de la rentrée !

— Ah ! Oui, c'est vrai.

— Alors, qu'est-ce que t'as prévu pour ce soir ? me questionna-t-elle.

— J'ai rien prévu. Je crois que je vais rester à la maison.

— Mais bon sang, il faut que tu sortes un peu, que tu t'amuses ! Et arrête de penser à ton « Ex ».

— Je ne peux pas. Je pense à lui tout le temps. Je crois qu'il a pris mes pensées.

— J'ai une idée, me proposa-t-elle.

— Laquelle ?

— Ce soir, je vais louer un film, tu vas coucher chez moi, et enfin tu vas regarder le film avec moi et t'amuser un peu. Tu es d'accord avec moi ?

— Ouais, t'as raison. Ainsi je pourrai enfin sortir de mon trou noir.

Mon « ex » s'appelait Lucas, un mec que toutes les filles adoraient avoir comme petit copain. Il était beau, avec une taille en V, sans oublier charmant et romantique. Je l'ai connu à la bibliothèque, alors que j'y allais pour... une raison quelconque. Tout le monde admirait notre couple : on passait tout le temps ensemble, on rigolait, on s'amusait. Mais un jour, je ne sais ce qui s'est passé, il est passé devant nous sans dire un mot. Il m'a envoyé un regard comme si j'étais une inconnue pour lui, comme s'il n'y avait jamais eu aucune relation entre nous. À ce moment-là, j'ai su que notre relation était finie pour toujours. Moi, je n'ai pas cessé de penser à lui. Mais lui, je crois qu'il a passé à autre chose.

Le jour de la rentrée, j'avais deux cours le matin et trois cours le soir. La dernière matière que j'ai étudiée était les maths. J'aimais cette matière : avec les mathématiques, on peut prévoir le temps qu'il fera, savoir l'heure, gérer l'argent et résoudre des crimes. Après être rentrée à la maison, Zoé est passée chez moi pour me prendre et passer la nuit chez elle.

— Alors, chère amie, à quoi penses-tu encore une fois ? me dit-elle.

— Je ne pense à rien. Je me suis dit : pourquoi ce vendredi ne sommes-nous pas sorties avec des mecs ? lui dis-je.

— Tu me poses la question ? À ce que je sache, c'est toi qui m'as dit de refuser l'invitation de mon mec pour rester avec toi. C'est pourquoi je t'ai invitée chez moi.

— Alors dis-moi, pourquoi je n'ai pas trouvé quelqu'un qui peut m'aimer, m'adorer et m'admirer ? Quelqu'un qui me respecte et me soutient ?

— Ben, me voilà ! Je te respecte, je te soutiens dans tout...

— Je veux dire : pourquoi je n'ai pas trouvé un mec ? Je la questionnai en lui coupant la parole.

— Je ne sais pas. Mais tout ce que je peux te dire, c'est que c'est toi qui ne veux pas avoir de petit copain. La première personne que t'as aimée, c'était Lucas, et je crois que tu l'aimes encore. C'est pourquoi tu ne veux pas le remplacer.

— Et qu'est-ce que tu me conseilles ?

— Je te conseille de l'oublier, de passer à autre chose. De tourner la page, car le passé restera dans le passé, et maintenant tu vis dans le présent.

— Je vais essayer de l'oublier, mais je ne crois pas que je vais y arriver.

— Allez, on va se coucher, il est plus de minuit, me proposa-t-elle.

— Moi je prends le lit du haut et toi celui du bas.

— OK, OK. Et en plus, moi je n'aime pas le lit de haut.

Je suis allée changer mes habits. J'ai porté, ce soir-là, un short et un t-shirt blanc. Zoé a mis un pyjama rose — elle ne l'aimait pas, mais le portait seulement pour faire plaisir à sa mère, car c'est elle qui l'avait cousu. Après m'être mise au lit, Zoé a éteint la lumière. Je pensais à Lucas. Je voulais savoir à quoi il pensait, s'il pensait à moi ou pas, s'il m'aimait. Mais ça ne marchait pas. Mais à ce que je sache, ça marchait avec ma sœur jumelle Zoyka : elle et moi, on pouvait se parler « par la tête », comme connectées par le cerveau. Je ne sais pas pourquoi ça arrivait.

Depuis huit mois, elle est dans le coma. Elle a eu un accident de voiture, et elle avait un bras cassé et une cicatrice au visage. Il m'a fallu deux mois pour me remettre de cette perte. Deux fois par semaine, Zoé et moi, on lui rendait visite à l'hôpital en lui racontant un roman qu'elle adorait. Tout le monde lui rendait visite, jusqu'au quatrième mois. Personne ne croyait qu'un jour son état s'améliorerait, mais moi j'ai voulu croire qu'un jour elle se réveillerait, et je n'allais pas la laisser tomber. En fait, elle est ma sœur jumelle...

Un jour pas comme les autres

Je me suis réveillée avant que le soleil se lève — je me lève chaque jour à ce moment-là. J'allai faire ma toilette, puis je pris mon MP4 pour écouter de la musique dans le lit du haut, en pensant à cette vie qu'on adorait et quelques fois qu'on détestait. Cette vie qui nous trahit chaque fois qu'on est malheureux. Je pensais à ce cher Lucas, je pensais à celui qui possédait mon cœur, celui qui ensoleillait mes jours et mes nuits, celui qui me faisait mille services et ne m'en demandait point. Mais maintenant, ce cher Lucas... je crois qu'il a changé totalement. Ce Lucas n'est pas celui que je croyais être. Il est seulement comme les autres mecs : il ne se préoccupait pas des autres, mais seulement de lui-même, de sa personnalité égoïste et de son physique.

Soudain, un bruit retentit dans la chambre : c'était le réveil. Je me suis levée et je suis allée vers Zoé pour la réveiller, car quand elle dort, elle n'entend rien — comme si elle était sourde. Alors j'étais obligée de la réveiller, ce matin-là.

— Zoé ! Zoé, réveille-toi, il est 7h du matin, lui dis-je en la poussant un peu.

— OK ! OK !... C'est pas la peine de me pousser, arrête !

— Ouais. Ha ha ha, rigolai-je.

Zoé se leva et alla en direction des toilettes pour laver son visage, mais moi je restai dans la chambre pour m'habiller.

— Eh ! En fait, comment t'as dormi ? lui dis-je.

— Oui, j'ai bien dormi avant que tu me réveilles comme si j'étais un animal sauvage.

— Désolée, tu n'entendais même pas le réveil. Alors comment veux-tu que je te réveille ?

— Oui, je sais, me dit-elle en rentrant dans la chambre. Au fait : BON ANNIVERSAIRE chère amie ! cria-t-elle.

— Quoi ? ! Ah oui, j'ai oublié. MERCI !

Elle s'assit sur le lit du bas et se mit à brosser ses cheveux : c'est la première chose qu'elle fait quand elle se réveille. Elle dit toujours que la beauté de la femme se reflète dans les cheveux, c'est pourquoi elle veut que les siens soient parfaits. Quand elle eut fini de les brosser, elle alla choisir ses vêtements qu'elle mettrait ce matin-là. Elle hésitait entre une jupe et un jean, alors elle me demanda :

— Qu'est-ce que tu préfères ?

— Hmmm...

— T'as le droit d'être franche.

— Ni l'une ni l'autre.

— Alors qu'est-ce que tu me conseilles de porter ?

— Ben, je ne sais pas... ta mini-jupe et ce débardeur, lui dis-je en montrant du doigt un débardeur blanc avec une fleur au centre.

— Ouais, t'as raison. Comme d'habitude, on va aller visiter Zayka aujourd'hui ? me questionna-t-elle.

— Oui, oui, bien sûr.

J'étais impatiente d'aller rendre visite à Zayka. On lui rendait visite deux fois par semaine : le mardi et le vendredi. Ce jour-là, c'était le vendredi 13 mai, le jour où j'allais sur mes 18 ans — et aussi Zayka. C'est pourquoi j'avais prévu d'aller acheter des fleurs violettes (elle les aimait).

Habillée et prête, Zoé descendit les escaliers pour prendre le petit déjeuner.

— Bonjour maman, ça va aujourd'hui ?

— Salut, très bien. C'est aujourd'hui l'anniversaire d'Iwazaki ! Tu le sais ?

— Oui bien sûr, Maman. Et j'ai une surprise pour elle, dit-elle.

— Tu sais bien que je n'aime pas les surprises, lui dis-je.

— Mais cette surprise, elle est faite par moi, et non par quelqu'un d'autre.

— OK ! J'accepte, lui dis-je avec un hochement de tête.

Zoé et moi, nous prîmes nos sacs et nous nous dirigeâmes vers le lycée. Je ne voulais pas partir, mais les études passaient en premier, ce qui veut dire que je devais partir à tout prix. Il y avait beaucoup d'élèves, beaucoup de couples qui s'embrassaient. Et dans un coin, je vis le groupe des sportifs. J'eus beau chercher Lucas, je ne le trouvai pas : il n'était pas avec eux. Comme c'était étrange. Peut-être était-il avec sa nouvelle petite amie — « la nouvelle » — qui est arrivée hier et qui a renversé tous les cœurs des gars. Maintenant, elle sort avec Lucas. En fait, je ne suis pas jalouse, mais je suis un peu déçue.

Je voulais tant que cette journée se termine, car je n'aimais pas passer devant mes vieux ennemis, ni voir leurs regards posés sur moi, ni qu'ils me jugent avant qu'ils me connaissent mieux et qu'ils sachent ce que j'ai dans le crâne. Mais hélas, personne ne veut savoir qui je suis vraiment.

Entrée au cours de bio, je vis les regards des autres sur moi, et j'ai voulu sortir et ne pas revenir. Mais je suis entrée à la fin, et je me suis dit : deux heures, c'est rien, tout se passera bien si tu ne regardes pas derrière toi, Iwazaki. Si tu ne vois pas ce qui est derrière toi, ceux qui te regardent. Fais comme si tu ne voyais rien, et comme si t'étais la plus acceptée.

Mais à la fin, j'ai craqué et j'ai regardé. J'ai vu le regard de Lucas — le regard de celui qui ne m'a pas adressé la parole depuis quatre mois. Quand nos regards se sont croisés, mes yeux n'ont pas voulu se baisser. Je suis restée bouche bée devant lui, devant son regard, et lui en train de me regarder avec ses yeux craquants et si charmants. Jusqu'à ce que le professeur coupe ce beau moment :

— Iwazaki, alors, qu'est-ce qu'il faut faire pour que le mélange devienne rouge ?

— Hhmmmmm... lui dis-je, et je suis devenue rouge.

— Il faut peut-être ajouter son odeur, et il devient rouge, supposa un mec au fond de la classe, et tout le monde rigola — sauf moi bien sûr, et Zoé.

— Arrêtez avec ça, c'est pas drôle, ordonna Zoé.

J'ai voulu disparaître pour toujours et ne pas revenir. Quelques minutes passèrent. Je retournai la tête pour voir Lucas, s'il rigolait. Mais non : il disait à sa copine que c'est pas drôle, et que c'est pas très gentil de rire sur une camarade. Et là, j'ai su qu'il y avait quelqu'un dans la classe qui se préoccupait de moi, et qu'il ne rigolait pas sur moi. Je me sentis comme si j'étais au paradis.

Il était, à ce moment-là, 3 heures de l'après-midi. On rendait visite à Zayka à l'hôpital. Comme c'était merveilleux de voir son visage, ses formes... elle était belle, elle est tout à fait comme moi physiquement.

— Salut Zayka. Je ne sais pas si tu m'entends, mais je suis ravie de te rendre visite aujourd'hui, lui dis-je en souriant, même si j'étais un peu déçue parce qu'elle n'était pas encore réveillée.

— Bonjour. Moi aussi je suis ravie de te revoir, et je souhaite que tu te réveilleras un jour, en bon état, lui dit Zoé en posant son bras sur mon épaule, comme si elle me soutenait.

Une larme coulait sur ma joue, et je passai ma main le plus vite possible pour que Zoé ne me voie pas en train de pleurer. J'avais honte. En sortant de l'hôpital, Zoé me dit :

— Alors, t'es prête pour aller voir ma surprise ?

— Franchement, je ne suis pas prête. Je voudrais aller à la maison, me changer et prendre une douche.

— Oui, bien sûr. Je vais passer chez toi à 19h, et je vais te prendre pour aller à la fête... Oups, NON ! Je ne peux jamais retenir un secret, jamais.

— Alors t'as prévu une fête pour mon anniversaire ? C'est gentil. En fait, dis-moi : t'as pas invité Lucas ?

— Si... pourquoi ? Tu ne voulais pas ? Je suis vraiment désolée. Je ne le savais pas, me dit-elle en baissant les yeux.

Après être passée chez moi pour changer mes vêtements, j'ai voulu mettre quelque chose de sexy, mais je ne trouvais pas. Je n'avais pas ce genre de vêtements ; je n'étais pas une fille du genre à draguer les mecs. Alors j'ai choisi de mettre une jupe et un t-shirt rouge.

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iwazaki
Djo Inconu @iwazaki
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