
Voilà un sujet qui nous met face à notre existence et à l'organisation entre tous les êtres vivants. La conscience est-elle le propre de l'homme ? Voici la question qui nous invite à nous arrêter dans notre vie quotidienne pour nous interroger : qu'est-ce que la conscience ? Sur quoi se base-t-elle ? Notre culture, nos connaissances ? Est-elle exclusivement réservée à l'homme ? Si c'était vrai, quelle loi la voue seulement à lui ? Qu'est-ce qui la caractérise ? Quel est le but de son utilisation ? Nous sommes obligés de nous poser la question de notre propre existence : qu'est-ce que l'homme ? Et donc de nous demander quelle différence nous avons avec les animaux ? La conscience aurait-elle un rôle dans cette inégalité ? Est-ce que tous les êtres vivants qui ne sont pas des hommes sont « équipés » d'une conscience ?
Avant de répondre à ces innombrables questions — s'il y a vraiment des réponses —, définissons ce qu'est la « conscience », le terme « propre », et « l'homme ».
La conscience, c'est la possibilité de réflexion et de retour sur soi-même. Un être vivant conscient est une personne qui a la capacité de peser le bien et le mal de son futur acte. On peut définir « propre » par exclusif, réservé, privé, ce qui appartient exclusivement au nom qu'il qualifie. L'homme est un être doué d'intelligence et d'un langage articulé, rangé parmi les primates, et caractérisé par son cerveau volumineux.
L'homme, le seul être conscient ?
L'homme a une conscience : voici une première vérité. Descartes fut le premier à le montrer. Pour lui, l'homme est un être qui pense. Grâce au célèbre « je pense donc je suis », il a montré que nous étions capables de revenir sur nous-mêmes. Il a mis en doute tout ce qui l'entourait et même son propre corps. Mais d'après son analyse inébranlable, il a démontré que l'homme pensait, car il est impossible de douter qu'on pense — on est obligé de penser qu'on ne pense pas. L'homme pense donc, il est conscient.
Mais la conscience est différente pour chaque individu ; elle est caractérisée par la culture et les connaissances de chacun. Deux personnes dans la rue auront un avis différent sur un même fait. Prenons un exemple concret : lors des attentats de New York du 11 septembre 2001, on a vu un choc de la part des pays du Nord, mais une manifestation de joie dans certains pays du Sud. Cela nous permet de montrer que la culture, l'histoire, le pouvoir en place et la religion du pays jouent un rôle sur notre pensée, notre conscience et notre critique.
D'après Bergson, « c'est par l'intermédiaire d'un cerveau que la conscience travaille ». Il a montré dans son analyse que l'homme avait la capacité, grâce à son cerveau, de penser et de faire un choix. Mais aussi que nous avions des automatismes générés par des sentiments corporels grâce à la moelle épinière.
Les deux philosophes cités ont donc montré que l'homme avait une conscience, donc une capacité de pensée et de faire des choix.
L'animal est-il conscient ?
Mais maintenant, regardons le cas de l'animal : selon cette approche, il n'est pas doté d'une capacité de penser. Vous allez trouver que mon affirmation est discutable, mais laissez-moi vous le montrer.
Bergson montre dans son analyse que l'animal serait équipé d'un cerveau moins développé que celui de l'homme. Il y aurait une séparation moins nette entre la fonction de la moelle (qui est de réagir par des automatismes enregistrés) et celle du cerveau (qui donne la capacité de choix). Il en résulterait que l'animal vivrait en fonction d'automatismes. Ils sont intériorisés lors de l'apprentissage de la vie, par leurs parents : c'est ce qu'on appelle le conditionnement.
Lors d'une réaction d'un animal face à une sensation, celle-ci serait obligatoirement due à l'instinct. Par exemple, une abeille qui est embêtée par un homme piquera, mais n'attaquera jamais la première. Chaque animal a une arme de défense, alimentée par l'instinct de survie. Ce mécanisme est dissocié du choix. Un végétal comme une bête ne sera pas capable de prendre une décision en toute conscience — donc de peser le bien et le mal de l'acte futur —, d'autant plus que les végétaux, d'après Bergson, en seraient exclus à cause de leur immobilité : « surtout parmi ceux qui vivent en parasite sur d'autres organismes et qui n'ont pas besoin de se déplacer pour trouver leur nourriture ». L'instinct est leur guide.
D'autres exemples : un fait d'actualité depuis des siècles nous montre bien que les autres êtres vivants ne sont pas conscients de leur espèce. La cruauté dans les abattoirs, les expériences sur les animaux, la violence contre les chiens et les chats, la chasse, la pêche, etc. La destruction et la pollution de leur milieu naturel avec les dégazages, les naufrages, les décharges clandestines, la déforestation et le râpage des forêts pour l'agriculture, etc.
Tous ces exemples prouvent bien que la vie de l'animal dépend de celle de l'homme et qu'elle en paie de lourdes conséquences — extinction de certaines espèces. Mais ont-ils conscience de ce qui se passe ? Et l'homme, en a-t-il conscience ? Pourquoi ne se révoltent-ils pas ? L'homme l'a toujours fait dans le passé, contre l'oppression. Nous dépendons d'eux pour notre survie, pour nous nourrir.
L'animal ne serait donc pas conscient de son espèce, et donc pas capable de penser et de faire un choix.
Conclusion
L'histoire nous montre que les hommes sont supérieurs aux animaux, ce qui nous amène à nous poser la question du rôle de l'animal et des végétaux sur la planète. Pourquoi ont-ils été créés ? Pourquoi n'ont-ils pas évolué ? Vivent-ils sur terre pour l'homme, pour lui assurer la continuité de son espèce ?