
L'ombre sur les murs qui divague appelle de son noir la lune pour éclairer sa route. Mais qui peut être cette ombre ? Que me veut-elle ? Pourquoi se traîne-t-elle derrière moi d'un pas vague mais précis ? Je me sens d'un seul coup épuisée, souffrante, mélancolique, maladive. Je n'avais jamais ressenti cela auparavant, comme un souffle interrompu, une ode qui a cessé.
Et pourtant... Je suis là et cette ombre me suit toujours. Est-ce l'autre moi, celle qu'on ne voit pas, celle qui ne pleure que dans la nuit, que dans la brume, que sous la pluie ? Des pleurs qui ne se voient pas, jamais. Insouciante et perdue, mais si libre.
Est-ce dur d'être libre dans ce monde ? Pas pour moi. J'ai pris ma liberté, un jour, sous la colère ou peut-être l'amour. Ce jour reste très vague pour moi, je ne me souviens plus exactement quand, mais j'étais encore jeune, encore une petite fille, une petite Ninouchka, plongée dans la vie adulte, dans les problèmes adultes sans savoir pourquoi ni comment, sans comprendre...
Et puis je me suis inventé cette liberté, cette petite bulle, ce petit monde à moi dans lequel je vis encore. Parfois, certains y viennent mais souvent ils repartent car mon monde n'est pas comme le réel. Il est loin du pouvoir, de la gloire et de l'argent...
Mon monde, mon univers rassemble mélancolie et douceur, torture et souffrance, amour et passion... Oui, l'on peut voir que je ne suis pas dans la réalité, que je ne suis pas dans cette sphère et celle-ci ne me touche pas ou plus. J'arrive désormais à me déconnecter du réseau national, international, mondial...
Je suis seule ? Pas tant que ça car mes idées reflètent un miroir, un reflet. Mais non, ce n'est pas moi, cela ne peut pas être moi car quand je regarde dans une glace, ce n'est pas moi que je vois, je ne me reconnais pas...
Mais qui est-ce ? Oui, au fond de moi je sais qui c'est, je sais mais je le garde au fond de moi. C'est ce qui fait briller mes yeux et me donne le sourire dans la journée...
Mélancolique mais passionnée, suicidaire et amoureuse, je ne peux pas dévoiler de qui ni de quoi, mais je le sens. Lui, il est là, près de moi malgré tout. Que je sois froide ou douce, énervée ou calme, il me comprend sans que jamais je ne dise un mot. Il sait ce qu'il y a au fond de moi et il me donne la force d'être là, de rester dans mon monde et de ne pas prendre fuite vers celui des Ténèbres. Lui, c'est moi et je l'aime...
Dédié au Prince des Ténèbres