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Essais

L'injustice de la vie

À 14 ans, Louise voit sa vie bouleversée par une maladie. Entre hôpital et espoirs, elle tente de survivre et de grandir.

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Et si le bonheur existe...
On se croit toujours plus malheureux qu'un autre mais on devrait se contenter de ce qu'on a...

  • Elle a seulement quatorze ans et il vient de lui briser tous ses rêves. Les larmes voudraient sortir de ses yeux mais les pleurs de ses parents sont déjà de trop. À son âge, on rêve d'aventure et on est insouciant. Mais elle doit maintenant faire attention à tout. Devant lui, devant l'homme à la blouse, elle est forte et n'admet aucun sentiment sur son visage comme si elle n'écoutait pas. Il lui fait mal avec ses propos. Elle voudrait juste lui dire de se taire, d'arrêter d'attrister ses parents. Elle voudrait mais ne peut pas. Les minutes sont longues et ce cabinet la retient prisonnière depuis une trentaine de minutes déjà. Louise ne veut pas y croire. Pourtant tout lui prouve que le monsieur a raison. Et la petite fille doit se rendre à l'évidence. Elle, si petite, si douce et si souriante, vient de devenir si fragile, si différente et si triste.

  • De retour chez elle, les larmes coulent peu à peu. Elle ne parle pas. De toute façon, elle n'a rien à dire. C'est comme cela et puis c'est tout. Cet enfant n'y est pour rien alors pourquoi se sent-elle si coupable ? Pourquoi cela lui arrive-t-il ? On pense toujours que cela n'arrive qu'aux autres jusqu'au jour où le destin vous joue un mauvais tour. Louise voudrait juste être comme les enfants de son âge mais elle ne peut même pas jouer avec eux. Elle se fatigue trop vite. Parfois elle voudrait oublier et s'amuser jusqu'à l'épuisement. Elle voudrait aussi manger à la cantine avec ses amis mais son estomac ne digère que certaines choses. Malgré tout, rien n'est plus important que sa santé alors elle écoute, à son grand regret, ce que lui impose le médecin. À certains moments, la vie ne semble plus avoir de sens. D'ailleurs, elle ne vit plus. Elle essaie simplement de survivre. Une seule phrase trotte dans sa tête : « Cela se soigne mais ne se guérit pas ».

Quelques mois plus tard : les promesses et la force de vivre

Louise se souvient de la phrase de son père à la sortie de l'hôpital : « Tout ira bien, je te le promets ».
Les promesses sont faites pour être tenues et elle y croit. Comme une enfant, elle croit les gens sur parole. Rien de tel pour être déçu car les promesses, au fond, ce ne sont que des mots dont nous ne sommes même pas sûrs de pouvoir tenir. Mais, au moins, elle a retrouvé le sourire. Les premiers mois ont été difficiles. Elle a beaucoup souffert mais elle est restée courageuse. Le plus dur est sûrement passé, se disait-elle. Elle, qui était mince, était devenue si maigre, si affaiblie par tous ses médicaments. La petite fille a dû passer Noël à l'hôpital sous perfusions. Ce grand bébé a ouvert ses cadeaux allongée sur un lit blanc. Malgré cela, Louise avait toujours le sourire aux lèvres. Pourtant, perdre 20 kilos en deux semaines avait dû la rendre malade, mais tout cela c'était du passé. Rien que du passé. Puis elle y a cru de nouveau. Elle se dit encore une fois que tout allait bien se passer. Elle a espéré mais a rêvé une fois de plus. Après sa sortie de l'hôpital, Louise a dormi. Toute la nuit et tout le jour aussi pendant des semaines. Elle veut montrer à son père qu'elle est aussi forte que lui. Lui, qui est son meilleur ami. Il est magnifique avec ses longs cheveux noirs qui lui donnent un air rebelle. Elle l'a toujours admiré et l'aime plus que tout. Et elle se doit de lui prouver qu'elle est aussi courageuse que lui.

Mars 2008 : une vie différente à 15 ans

De retour à l'hôpital pour une petite opération. Rien de grave, pourtant cela joue beaucoup sur le moral de la fillette. Elle se rend compte de mieux en mieux qu'elle n'est pas une petite fille comme les autres. Elle a quatorze ans, bientôt quinze, mais elle ne peut pas manger de frites, ni de chocolat. Et surtout, elle dépend de médicaments qu'elle prend tous les jours et qu'elle ne doit surtout pas oublier. Louise, elle, ne pleure plus pourtant. Elle a juste peur de l'avenir mais elle essaie de ne pas y penser. Elle est heureuse quand même. C'est le plus important à ses yeux...

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Jey W @jessica-w
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