
Mon grand, mon beau, mon fabuleux Maurix… Mais qui est ce Maurix ? C'est un cheval qui aurait pu faire un cheval de cinéma, un cheval pour le film du Seigneur des Anneaux. Il avait encore trop à montrer pour partir. Maurix, c'était le courage incarné.
L'arrivée d'un cheval sauvage
Quand il est arrivé, Maurix n'avait presque jamais été touché par un humain. Ses sabots étaient longs, sa respiration bruyante et son regard anxieux. Il ne savait pas qui nous étions, ni ce que nous lui voulions au juste. Heureusement, c'était un cheval avec une grande volonté. Il avait 1 an et demi à ce moment-là. Nous avons réussi à le brosser, à le promener en laisse et ensuite à le monter. Bien sûr, il avait encore beaucoup à apprendre, mais un cheval qui évolue aussi vite, c'est rare. Il était devenu tellement gentil ! Le bruit de ses sabots contre le sol la nuit me manque et jamais je ne pourrai les entendre.
Une fin tragique et soudaine
Le matin de sa mort, il tremblait comme une feuille dans son box. Il ne mangeait pas et il ne buvait pas. Il avait de très fortes coliques et un nœud dans l'intestin. Un avant-midi à tout essayer, à tenter de sauver un cheval qui n'avait presque aucune chance de survivre. Mais il fallait tout essayer. Dernière solution : l'opération.
Une fois le sabot dans la remorque, il commence à se débattre pour sortir. Puis, tout à coup, plus rien. Tombé sur le sol, mort au bout de sa laisse, une mort que personne ne souhaiterait. Une fois mort, on lui ferma les yeux. Mais un animal ne meurt jamais complètement… Son œil s'ouvrit seul. Faux espoir, un miracle impossible. Qu'il se réveille est un miracle qui ne se produira jamais, il est trop tard. C'est là que j'ai compris que je devais faire mon deuil.
Qu'est-ce que faire son deuil ?
Un deuil, pour moi, c'est devoir essayer d'oublier quelqu'un, c'est apprendre à se faire pour seule image un souvenir, c'est apprendre à écrire un texte à l'imparfait. C'est rêver à l'être cher et se réveiller en se rappelant qu'il n'est plus là, en se rappelant qu'il ne sera plus jamais là.
Un deuil, c'est devoir accepter que quelqu'un d'autre prendra sa place, ses affaires. C'est devoir se faire à l'idée qu'il faut se mettre à aimer un autre cheval, à tout oublier du passé et ne penser qu'au présent. Un deuil, c'est quelque chose d'impossible parce qu'on n'oublie jamais quelqu'un qui nous a quittés. On n'oublie jamais le premier et le dernier regard qu'on a posé sur lui, le dernier regard qu'il a posé sur nous.
Apprendre à vivre avec le chagrin
Je ne crois pas à la phrase « tout oublier pour tout retrouver ». En oubliant, ce n'est que plus tard qu'on retrouve et que ça nous fait encore plus mal. Et cette phrase : « s'il est parti, c'est qu'il n'avait plus rien à faire ici »… C'est tellement faux.
Qui peut croire qu'à deux ans, on a déjà tout montré, on a déjà fait nos preuves pour montrer qu'on mérite de vivre ? Mais ce n'est pas tout le monde qui a la chance de prouver que son existence vaut la peine d'être vécue. Dans ce cas, ce n'est même pas la moitié de la preuve qui a été montrée.
S'il vous plaît, profitez de la vie, profitez de ce que vous avez, peu importe l'espèce, la couleur ou le sexe… ils ont le droit de vivre.
Ce texte n'est pas long, mais la vie de Maurix n'a pas été aussi longue qu'elle aurait pu l'être. Je n'aurais jamais pu rajouter des choses en sachant qu'elles sont fausses. Ce serait détruire… une étoile. Maurix, je t'aime et je t'aimerai toujours.