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Essais

L'amour sans décodeur

Une femme aveugle et un ancien acteur pornographique se découvrent un amour pur. Elle « sent » les âmes, lui fuit son passé. Ensemble, ils apprennent que l'amour peut tout transcender.

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Il l'enlaça, l'embrassa. Elle se laissa aller à cet homme qui était tout pour elle. Elle avait entièrement confiance en lui, surtout en sa langue qui parcourait son corps. Il avait commencé tout naturellement par la bouche, puis s'était porté vers le cou et enfin vers ses seins. C'était un moment qu'elle appréciait. Le mouvement des lèvres la faisait toujours frissonner. À cet instant, elle savait qu'elle l'aimait. Elle n'avait jamais eu d'aussi bon amant. À vrai dire, elle n'en avait jamais eu, sauf peut-être Edgar qui était la plupart du temps planqué sous son lit. Edgar avait beau être un ange, ses expressions sexuelles étaient limitées. Rien ne valait un homme, un vrai. Et elle en avait un spécimen devant elle.

Pour lui, ce n'était pas la première fois. Mais c'était la première fois qu'il le faisait avec quelqu'un qu'il aimait. Il avait été acteur de films pornographiques, puis il avait tout arrêté après l'avoir rencontrée. À cette époque, il pensait que l'amour n'existait pas, que c'était un mythe, ou alors qu'il avait été maudit et qu'il ne pourrait pas le rencontrer. Ce n'était pas par son physique, ni par son regard qu'il avait été attiré, mais par son sourire. Elle avait un superbe sourire. Il s'était souvent demandé comment elle pouvait avoir un tel sourire sans l'avoir vu. Dès qu'il était entré dans la pièce, elle lui avait souri. Comment avait-elle su qu'il méritait un tel sourire ?

Une connexion invisible qui dépasse la vue

Parfois, il oubliait qu'elle était aveugle. C'était vraiment extraordinaire. On avait vraiment l'impression qu'elle possédait un sens paranormal. Elle « sentait » les gens. Elle pouvait savoir s'ils étaient bons ou mauvais rien qu'à leur façon de marcher.

Elle avait été le médicament de son cœur et pour la remercier, il avait pris de longues heures à lui décrire son sourire. « Un sourire d'ange », avait-il commencé. Des larmes avaient perlé de ses yeux. Il les avait ramassées d'un geste de doigt et l'avait embrassée. C'était le seul baiser qu'elle avait reçu sur la bouche et elle en avait savouré l'instant. Il y en a eu d'autres mais, à chaque fois, elle fermait les yeux et le savourait. Pour lui c'était pareil, il n'avait jamais embrassé comme cela. Par timidité, il n'y mettait jamais la langue, il trouvait ça trop vulgaire. Des images de ses exploits cinématographiques lui revenaient en mémoire et il ne pouvait supporter ça. On n'embrasse pas avec la langue un ange. Souvent, on associe son amour à quelque chose : un poussin, sa moitié... Il ne pouvait que l'associer à un ange. Pas une déesse, ni une sirène, cela lui faisait trop penser à ces tyranniques femmes de la mythologie. C'était un ange, elle en avait le sourire et le physique. Il était sûr que les anges du paradis lui ressemblaient.

Un cadeau d'amour touchant

Pour son anniversaire, il avait fait une sculpture de son visage. Il n'était pas très doué mais il avait passé de longues heures à recommencer son sourire pour que les lèvres soient parfaites. Elle avait senti tout l'amour qu'il avait mis dans son œuvre. Elle n'avait pu contenir ses larmes.

Parfois, elle se demandait si elle ne rêvait pas et qu'elle se réveillerait d'un instant à l'autre.

Avant d'entrer dans une école pour malvoyants, elle passait son temps devant la télévision. Elle ne voyait pas les images mais elle entendait tous les soap-operas qui passaient. À force, elle avait cru que l'amour était comme cela. Que les couples s'aimaient, s'entredéchiraient, se trompaient. Cela ne semblait pas le cas avec lui.

L'aveu d'un passé douloureux

Quand elle lui avait demandé ce qu'il faisait dans la vie, il n'avait pas osé lui mentir, mais il ne pouvait non plus le lui dire. Il affirma seulement qu'il était bénévole dans une association pour malvoyants. Elle savait qu'il ne disait pas tout, mais par gentillesse elle n'en demanda plus.

C'est lui qui lui avoua. Il ne pouvait lui demander son amour s'il ne savait pas si elle l'aimait pour ce qu'il était. Il avait fait une bêtise mais cela faisait partie de sa vie. Il lui avait tout dit, une vraie biographie. Il s'attendait qu'elle le frappe. Elle en avait le droit. Il avait l'impression qu'il avait profité d'elle. Mais non, elle lui prit la main et lui dit que ce n'était pas grave. Elle l'aimait. Mais le soir elle y avait réfléchi. Elle n'avait jamais vu, ni entendu un film pornographique. Mais elle avait passé l'adolescence et pouvait très bien se l'imaginer. Ce qu'elle voyait, c'était la peine qu'il avait eue quand il lui avait dit. Elle savait qu'il avait dit qu'il s'ennuyait quand il le faisait, qu'il n'avait aucune passion. Il lui avait avoué qu'au début il l'avait fait pour les filles. Elle ne l'aurait sûrement pas aimé en ce temps-là et lui non plus.

Mais les gens changent. Et là, ils s'aimaient...

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