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Essais

Je viens d'avoir 21 ans et je vais mourir

Ambre, 20 ans, croise le chemin de Lee Ryan, chanteur des Blue, sur les Champs-Élysées. Une rencontre qui fait remonter des souvenirs douloureux liés à son accident.

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La rencontre sur les Champs-Élysées

Je m'appelle Ambre, je suis étudiante en photographie, j'ai 20 ans. Je sais, ça paraît vieux mais le pourquoi, vous le découvrirez à travers cette histoire.

Tout commença un samedi du mois d'août, je revenais de mes cours les bras chargés de feuilles et de photos. Sur les trottoirs des Champs-Élysées, il n'y avait que des touristes, on pouvait entendre toutes sortes de langues, de l'anglais au japonais passant par l'allemand. Je marchais assez rapidement, car il fallait que je rentre à l'appartement au plus vite, j'avais des photos en cours de développement dans l'acide et si elles y restaient trop longtemps elles seraient fichues. Seulement, ne regardant pas devant moi, j'ai percuté un jeune homme, plutôt sympa, j'ai fait tomber tous mes papiers ainsi que mes photos. Tout en m'excusant, je ramassais mes affaires, il m'aida très poliment ; son visage, je l'avais déjà vu mais impossible de me rappeler où. Quand tout fut ramassé, on se regarda droit dans les yeux, c'était magique. Puis il m'a dit :

  • Excuse-moi, je ne regardais pas où j'allais, je suis trop occupé à penser au boulot alors que je suis en vacances.
  • Non, c'est moi, je suis plus occupée à penser au travail que j'ai pour réussir mes examens, je suis vraiment désolée. Enfin si tu cherches un coin tranquille pour réfléchir, je te propose un bar très chaleureux à deux rues d'ici, j'y suis souvent quand je travaille mes photos.
  • Ok, mais ça te dérangerait de m'accompagner, je ne connais pas trop Paris.
  • Ok, tu es Anglais, je me trompe ?
  • Comment le sais-tu ? Jusque là j'avais l'impression que tu ne me connaissais pas.
  • Ton accent en dit long, pourquoi devrais-je te connaître ?
  • Ça n'a pas d'importance. On y va ?
  • Alors go.

Sa voix était douce, ses yeux magnifiques, ses cheveux blonds en pic, et un visage de petit garçon, alors qu'il devait bien avoir 25 ans. Pendant que je l'accompagnais, on ne savait pas beaucoup parler, il faisait très attention quand on croisait des jeunes filles d'une quinzaine d'années, comme s'il avait peur qu'elles lui sautent dessus. Une fois arrivée devant le bar, je lui dis :

  • Voilà, on est arrivé, maintenant je te laisse.
  • Tu vas bien prendre un café avec moi, please.

Je n'avais pas envie de le laisser là tout seul, donc j'ai accepté son offre.

Au café avec un mystérieux inconnu

Nous sommes rentrés dans le café, le gérant Bernard me connaissait bien, et il me demanda :

  • Comme d'habitude, la miss ?
  • Toujours, que veux-tu ?
  • Un café.
  • Bernard, tu ajoutes un café, s'il te plaît.
  • Très bien, un chocolat chaud et un café. Je vois que tu es accompagnée, un étudiant aussi.
  • Non, c'est un touriste anglais qui cherchait un coin calme donc, pour moi, c'est ici, donc je lui fais partager, tu verras il est très gentil.
  • Ça je n'en doute pas vu comment tu le regardes, miss.
  • C'est bon tu n'es pas mon papa et encore heureux sinon j'aurais droit à une crise de nerf.
  • En fait j'ai vu ton frère tout à l'heure. Il était avec une bande de lascars du quartier, il se dirigeait vers chez toi.
  • Ok, merci tant qu'il n'ouvre pas la chambre noire.

J'allai m'asseoir à une table avec ce cher touriste, je lui demandai :

  • En fait moi c'est Ambre, et toi ?
  • Moi, Lee. C'est très joli Ambre, dans mon pays personne ne s'appelle ainsi, c'est dommage. Enfin si un jour tu viens en Angleterre, je pourrai te reconnaître.
  • Dis-moi, qu'est-ce que tu fais dans la vie ? Moi je suis étudiante en photographie.
  • Enfin, je suis dans le business. Si je te le dis, tu ne me croiras pas et je n'ai pas envie que tu m'apprécies que pour cela.
  • Mister Lee Ryan, j'ai déjà entendu ce nom quelque part mais je ne me rappelle pas de tout, peut-être était-ce avant mon accident, je ne sais plus.
  • Comment connais-tu mon nom ?
  • Ton portefeuille tout à l'heure, j'y ai vu ta carte d'identité, excuse-moi, je n'aurais pas dû regarder.
  • Ce n'est rien.

Bernard nous apporta notre commande et je lui dis :

  • Ta serveuse n'est pas là, et la pianiste ?
  • Parties toutes les deux, je ne sais pas comment je vais faire.
  • Vous avez un piano ici ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Je peux jouer un morceau, please.
  • D'accord.

Lee se leva et se dirigea vers le piano. Les premières notes m'étaient familières, mais impossible de me rappeler cette chanson. Il y avait trois adolescentes dans la salle, elles applaudirent quand elles entendirent la musique tout en murmurant des mots sur Lee. Bernard me demanda :

  • Comment s'appelle ce jeune homme, Ambre, s'il te plaît ?
  • Lee, Lee Ryan. Il faut que tu m'aides, j'ai déjà entendu cette chanson il y a longtemps mais je ne me rappelle pas.
  • C'est une chanson très connue en Angleterre et aussi en France pour les fans d'un groupe anglophone.
  • Les Blue, je me souviens maintenant, c'est "Breathe Easy".
  • Et j'ai bien peur que ton ami soit un de ces chanteurs.
  • Merci Bernard, tiens pour le café et le chocolat, et donne cela à Lee de ma part, je ne peux pas rester.
  • Ne fuis pas Ambre, trop de fois je t'ai vue le faire.
  • Je ne peux pas, ça fait remonter des images d'avant mon accident, je ne peux pas, dit-elle en pleurant.

Je sortis du café en larmes avec des regrets plein le cœur, je rentrai chez moi.

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Lee découvre la vérité

Lee retourna à la table et demanda :

  • Où est Ambre ?
  • Désolé petit gars, elle est rentrée chez elle, mais elle m'a donné ceci pour toi. Puis je te préviens : si tu l'a fait souffrir, tu auras à faire à moi. Elle a un appartement non loin d'ici, mais je pense qu'elle t'explique où sur ce papier.
  • Merci beaucoup.
  • Dis-moi, tu es en France pour combien de temps ?
  • Je ne sais pas trop encore, ça va dépendre des mecs et de l'enregistrement à Londres.
  • Très bien, tu sais que le bar est toujours ouvert et que tu viens quand tu veux, t'es un chouette mec.
  • Merci, bon je vais y aller.

Retour à l'appartement

Je rentrai chez moi et montai poser mes papiers sur la table, il y avait un foutoir pas possible, je me suis dit : « Tiens, petit frère est de retour. »

Je descendis ensuite dans la chambre noire pour finir de développer mes photos. J'entendis la sonnette de la porte, vu que j'ai un interphone il fallait que je remonte dans le salon pour ouvrir. J'entendis :

  • Ambre t'es là ? Ouvre-moi, s'il te plaît, j'ai un gros problème.

C'était la voix de William, mon demi-frère. Qu'avait-il encore fait ? Il vivait dans cet appartement avec moi, c'était celui de sa mère avant qu'elle ne se marie avec mon père. Donc elle me payait le loyer et moi je faisais mes études à l'université des arts. C'était une bourge, ancienne mannequin, mais maintenant trop vieille. Mais je la trouve bien, enfin même si on s'entend pas super. Elle est arrivée dans notre vie alors que j'avais 17 ans et elle n'approuvait pas ce que je me destinais à être, c'est-à-dire cavalière professionnelle ; c'est en partie à cause d'elle que j'ai eu mon accident.

Enfin pour finir la présentation de ma famille, il y a aussi ma sœur Courtney qui elle a continué l'équitation et qui est maintenant championne de France de CSO, et titulaire d'un bac pro élevage équin et elle a à peine 18 ans. Et puis j'ai ma grande sœur avec qui je suis en froid, les seules occasions où je vais les voir c'est pour voir ma nièce. Enfin voilà, je vais peut-être lui ouvrir la porte.

Une fois qu'il fut entré, il vint me voir :

  • Je peux te parler ?
  • Oui, qu'as-tu fait encore ?
  • J'ai invité maman ce soir.
  • Quoi ? Tu as vu le bordel que tu as mis dans l'appart et moi je dois bosser sur mon projet, je n'ai pas le temps. Puis j'ai pas envie de voir Hélène.
  • Tu pourrais l'appeler maman depuis le temps.
  • Et si, pas envie. Bon toi tu la reçois et moi je vais chez Bernard et je bosse sur mes photos. Et tu lui dis pas que je ne voulais pas la voir.
  • T'es pas cool.
  • Je sais, je vais y aller et te laisser ranger. Dès que je peux rentrer tu me t'appelles.
  • Ok, comme tu veux.

Je pris mon appareil, mes papiers et mes photos et je partis pour le bar de Bernard.

Une rencontre inattendue au bar

C'était plutôt calme ce soir, Bernard me demanda :

  • Que fais-tu là, la miss ?
  • Et bien je viens bosser, ma belle-mère débarque et j'ai pas envie de la voir.
  • Ok tu peux rester là autant de temps que tu veux, je te sers quelque chose à boire.
  • Merci, un lait chocolaté froid s'il te plaît.
  • Tu sais que Lee était déçu que tu sois partie.
  • Il l'a mal pris ?
  • Je ne pense pas, mais déçu oui.
  • Tu sais, ça m'a fait bizarre d'entendre cette chanson, avant je l'écoutais tout le temps.
  • Je te comprends, je vais te laisser travailler.
  • Merci.

Je repris mes feuilles et commençai à décrire mes photos : je les trouvais moches mais bon je n'avais pas mieux. William me téléphona et me demanda :

  • Attendais-tu quelqu'un ce soir ?
  • Non, pourquoi ?
  • Y a un jeune homme qui a un drôle d'accent qui veut te voir et je sais pas quoi lui dire.
  • Demande-lui son nom et dis-le-moi.
  • Deux minutes alors... Lee, Lee Ryan. Tu le connais ? Eh, ça me dit quelque chose.
  • C'est bon tu peux lui dire où je suis.
  • Eh, il est chanteur, dans un groupe anglophone.
  • C'est bon tu vas te taire et tu m'écoutes.
  • Euh ! Oui.
  • Hélène est avec toi ?
  • Oui, pourquoi ?
  • Ça m'arrange pas. Enfin fais-le entrer et demande-lui de patienter, et toi il faut que tu ailles dans ma chambre, dans le tiroir de mon bureau, il y a un paquet de photos, demande-lui de me les amener chez Bernard. Puis tu le laisses pas avec Hélène sinon je suis pas prête de le revoir.
  • Car t'as l'intention de le revoir. J'ai trouvé Blue.
  • William, s'il te plaît, fais ce que je t'ai demandé.
  • Ok, bon je te rappelle pour te dire.
  • Ok.

Je craignais le pire entre mon demi-frère et ma belle-mère, je crois qu'il n'est pas tombé le bon jour.

Lee face à la belle-mère

À l'appartement, Lee attendait toujours. William lui dit par l'interphone :

  • Entre deux minutes, je t'ouvre.

Lee entra sans trop comprendre. Hélène l'accueillit du haut de l'escalier :

  • Bonjour, je suis la belle-mère d'Ambre, elle n'est pas là.
  • Maman, c'est bon je m'en occupe, lança William. Excuse-moi, monte j'en ai pour deux minutes, Ambre m'a dit de te donner quelque chose – que faudrait déjà que je trouve – puis tu n'auras plus qu'à la rejoindre au bar de Bernard.
  • D'accord, lança Lee.
  • Tu veux boire quelque chose ? lança Hélène.
  • Je vous remercie, mais non.

William était parti chercher ce que je lui avais demandé, en laissant Lee avec sa mère. Elle lui demanda :

  • On ne se serait pas déjà vu quelque part, à Londres ?
  • Je ne pense pas.
  • Mais votre visage m'est familier. Enfin si vous le dites, je vais vous croire. Alors depuis quand fréquentez-vous Ambre ?
  • En fait, je ne la connais pas vraiment, je l'ai rencontrée aujourd'hui.
  • Oh je vois ! Faites attention, elle peut être...
  • Lee, voici ce dont avait besoin Ambre. Maman, ça te dérangerait d'aller voir le dîner s'il te plaît ?
  • Très bien, bonne soirée monsieur.
  • Merci vous aussi.
  • Je suis désolé, j'espère qu'elle n'a rien dit de méchant sur Ambre, elles ne sont pas trop en bons termes toutes les deux.
  • Non, enfin, merci de m'avoir dit où elle est.
  • Bonne soirée.

Lee sortit et se dit qu'il devait éclaircir certaines choses avec moi.

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leaderlove
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