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Essais

Je suis lâche

Je suis lâche. D'une lâcheté incroyable. Une lâcheté qui m'écoeure. Derrière le masque du sourire et des apparences, je cache mes émotions. Mais à force de tout dissimuler, les larmes finissent par couler.

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Je suis lâche. D'une lâcheté incroyable. Une lâcheté qui m'écoeure. Je me lève, je planque mes cernes, mes yeux encore rougis sous une couche de maquillage. Au fond, c'est tellement plus simple de tout dissimuler.

Certains ont le courage de regarder leurs sentiments bien en face, ils les affrontent. Moi, je choisis la facilité. Je cache avec une habileté fascinante le moindre état d'âme. Je ne supporte pas le regard des autres, cette manière qu'ils peuvent avoir parfois de vous observer.

Lorsque tout n'est qu'apparence, alors peu importe : ce n'est pas vous qu'ils jugent, mais un personnage créé de toute pièce. Un personnage à qui l'on voudrait ressembler au fond. Alors pour éviter ce regard gênant, je dégaine ce personnage, ce masque qui vous tient hors d'atteinte, une carapace protectrice.

À coup de sourires, de plaisanteries et de gloussements, on me prend pour quelqu'un de léger, sans soucis. On paraît sûr de soi, entouré, bien dans sa peau. Mais voilà, à force de sourire à tous bouts de champs, on a des crampes. À force de crier sur tous les toits que tout va bien dans le meilleur des mondes, on a la voix qui déraille, la gorge qui se serre, et sans s'en rendre compte, les larmes coulent. Toutes celles qu'on a refoulées dans un éclat de rire.

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Alors j'ai presque honte. Honte de me laisser aller à mes émotions, honte de briser en quelques secondes un personnage pour lequel je finissais par me prendre vraiment. Le regard des autres change. Je ne suis plus cet être drôle, plein de vie, insouciant, souriant et amical. Dans tous ces yeux fixés sur moi, la compassion. Terrible, étouffante et blessante.

Réapparaît alors toute la violence. Il faut frapper. J'ai un besoin maladif de hurler au monde que tout va mal pour moi aussi, que moi aussi les choses me touchent, me blessent.

Au lieu de ça, je reste lâche. Je cours me réfugier dans un coin, je frappe fort contre les murs pour évacuer toute cette colère. La colère a un pouvoir effrayant, elle révèle parfois une violence qu'on ne se connaissait pas. Alors à bout de souffle, on se laisse doucement aller à sangloter.

Comme une petite fille, recroquevillée, cachée dans un petit coin sombre. C'est plus facile de redevenir une fillette dans un coin sombre. Et puis pour oublier la douleur, je me relève. Il faut continuer.

Je planque mes yeux rougis sous une couche de maquillage, je serre les dents et je souris. Je suis lâche, d'une lâcheté incroyable, une lâcheté qui m'écoeure...

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kmi888
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