
Vous ne me connaissez pas et pourtant mon histoire pourrait être celle de toute fille qui un jour décide d'avoir un bébé.
Je connaissais mon copain depuis seulement 2 ans, mais nous vivions déjà ensemble. Début mars 2001, j'apprends que je suis enceinte de 2 semaines. Mon premier réflexe a été la panique : j'avais 21 ans, j'étais étudiante et je pensais que mon copain allait très mal le prendre. En moi-même, j'étais heureuse car je rêvais d'être maman depuis mes 16 ans.
Je décide donc que, quelle que soit la réaction de mon homme, je le garderai. Le soir même, après avoir organisé un petit dîner aux chandelles, je lui dis tout. Quelle ne fut pas ma surprise quand il éclate de joie ! Il était aussi heureux que moi. On décide d'attendre avant de le dire à ses parents (les miens s'en doutaient déjà).
Les jours suivants se passent bien, même si j'ai des douleurs assez bizarres. Mais ça ne doit pas être grave.
Le 12 avril au soir, je ressens de grosses douleurs, comme si mon ventre allait exploser. Je m'inquiète assez vivement, surtout quand je commence à perdre du sang. Direction la maternité. Là, après une attente d'une petite heure, un gynéco arrive. Diagnostic : rien de grave. Il me montre à l'écran mon bébé pour la première fois, avec déjà des mains, des pieds et surtout un cœur qui bat. Il me dit de me reposer jusqu'à la semaine suivante.
Je me repose, bien sûr. Maintenant que je l'ai vu, je veux le garder.
Malheureusement, la nuit du 18 au 19 avril, je suis prise de douleurs. Je ne réveille pas mon homme car je ne veux pas l'inquiéter plus qu'il ne faut. Dans la matinée, j'appelle la maternité où on me répond que, malheureusement, il n'y a pas de médecin disponible pour le moment. On me donne donc rendez-vous en début d'après-midi. Mon copain, qui voit que je ne suis vraiment pas bien, m'accompagne à l'hôpital. Là, on me fait attendre 2 heures assise sur une chaise en fer alors que je perds beaucoup de sang. Le gynéco arrive enfin, en m'insultant presque d'être venue, et en me disant : « Si vous faites une fausse couche, on ne peut rien y faire alors rentrez chez vous. » Il ajoute que si je perds quelque chose, il faut que je le récupère pour analyse.
Je rentre donc chez moi dans un état second. J'arrive à dormir une petite demi-heure. Je suis réveillée par une contraction plus forte que les autres. Je sens quelque chose sortir. Je cours et me retrouve avec quelque chose de gluant entre les mains. Je crois distinguer — et on me le confirmera plus tard — un fœtus, mon bébé. Dans mon délire, je le mets dans une boîte et je retourne à la maternité où on m'avait donné un rendez-vous.
Là, on me confirme la fausse couche : mon bébé n'apparaît plus à l'échographie. On porte ce que j'ai perdu pour une analyse et on me redonne rendez-vous 2 semaines plus tard, sans une parole pour mon désarroi.
Deux semaines plus tard, je vais à la visite où on m'explique qu'après analyse du fœtus, on n'a remarqué aucun problème génétique pouvant entraîner ma fausse couche, que c'était un garçon (ce que je ne voulais absolument pas savoir) et que le problème venait de moi. À la question « Pourrais-je avoir d'autres enfants ? », on m'a répondu : « On ne peut pas dire qui aura ou n'aura pas d'enfant. »
Un nouveau départ avec un gynécologue bienveillant
Fin heureuse à mon histoire : je suis par la suite allée voir un autre gynéco, à Montdidier dans la Somme. Le Dr Boury m'a mise en confiance et m'a dit qu'il mettrait tout en œuvre pour que j'aie un bébé. Après une grossesse difficile mais réussie, j'ai accouché le 19 mars 2002 d'une petite Léa de 3,700 kg et 53 cm, en pleine santé.
Un message d'espoir pour les femmes
Alors si vous connaissez une situation similaire à la mienne, que ce soit en début de grossesse ou pire en fin de grossesse, ne désespérez pas. Essayez de trouver quelqu'un pour vous expliquer ce qu'il s'est passé et vous aider.
Merci de m'avoir accordé quelques minutes de votre temps.