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Essais

Injustice ou destin ?

En deux mois, j'ai vécu trois deuils qui ont bouleversé ma vie. Entre la mort de Simone, puis de Laurent, un ami de 19 ans, et d'une personne âgée, je me demande : est-ce l'injustice ou le destin ?

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Je ne comprends pas très bien ce qu'il m'arrive. L'été se finit, il fait encore beau, tout va bien. Je finis mes vacances chez mes grands-parents dans un petit village tranquille et serein. Et un matin, après avoir bien arrosé ma nuit, ma mamie m'annonce que quelqu'un est mort au village. Cette personne s'appelait Simone, c'était l'une des 4 grands-mères encore présentes au village. Elle s'est éteinte le matin juste après avoir déjeuné. Elle est retournée dans son lit car elle était fatiguée. Sa belle-fille est allée chercher un verre d'eau et quand elle est revenue, Simone était morte, un léger sourire au visage.

Tout le village fut au courant en moins de 10 minutes. La famille commença à arriver et une atmosphère morbide s'abattit sur le village. On prépara l'enterrement avec beaucoup d'attention. Puis ce jour-là arriva. Plein de petites taches noires avançaient doucement derrière le cercueil porté avec délicatesse. La messe se déroula avec beaucoup de nostalgie, puis le tombeau se referma et je sus que la bonne humeur du village allait mettre du temps à revenir, mais qu'avec le temps, ça passerait...

Le deuil frappe encore : la mort de Laurent

Je repris les cours début septembre et tout se déroulait normalement : les cours, les sorties entre potes, la relation « parent-enfant »... Mais un jour, le calvaire recommença. C'était un mercredi midi, j'étais en train de manger chez moi avec mon père et ma grande sœur, puis mon père ouvrit le journal et resta bouche bée.

— Un jeune de Roque s'est tué en voiture hier, dit-il.

C'est comme ça que j'ai appris la mort d'un copain qui habitait un bled juste à côté de chez mes grands-parents. Il avait 19 ans, s'appelait Laurent et s'était pris un 4×4 en revenant de stage. Il est mort sur le coup. Tout le long du repas, je ne pus sortir un mot. Je pensais à lui, je voyais son visage toujours joyeux, et je me rappelais les fêtes qu'on avait faites ensemble. En début d'après-midi, n'arrivant pas à me concentrer sur mes devoirs, je pris le téléphone et appela ma grand-mère. Elle avait une voix douce et calme, pas à son habitude. Je compris aussitôt qu'elle venait d'être au courant.

— L'enterrement est jeudi, me dit-elle.

Rien que d'entendre ce mot me donna des frissons. Le lendemain arriva et tous les jeunes du village de chez mes grands-parents étaient réunis à l'église de Roque. On attendit. Le temps était long, long, interminable. Et là, d'un coup, mon cœur se mit à battre très fort : le corbillard arrivait lentement. Derrière lui se trouvaient les parents de Laurent, sa sœur et son petit frère, puis toute la famille. Je n'ai pas de mots pour décrire ce moment que je n'oublierai jamais : le visage de la mère qui pleurait son fils, le père qui marchait en regardant le corbillard sans aucune expression sur son visage.

Il y avait tellement de monde que nous ne sommes pas rentrés dans l'église. Nous avons attendu environ 1h. Au fur et à mesure, quelques personnes sortaient, ne tenant pas le choc. Quand le cercueil sortit de l'église, tout le monde le suivit lentement sans un mot jusqu'au cimetière. C'est lui qui nous guidait ! L'inhumation fut courte. Nous déposâmes chacun une rose pour Laurent et progressivement, les gens partirent.

Je ne me sentais pas prête à tourner la page. Sans cesse, je pensais à Laurent et je ne comprenais pas pourquoi un jeune de 19 ans pouvait mourir dans un accident de voiture. Peu à peu, je repris le cours de ma vie comme avant, jusqu'au jour où le cauchemar revint, 3 semaines après...

Troisième deuil en deux mois : quand le sort s'acharne

J'ai mis beaucoup de temps avant de me remettre complètement de la mort de Laurent. J'y pensais souvent la journée et surtout le soir avant de m'endormir. Puis, à petit feu, la douleur partait et je me sentais soulagée.

— Cette fois-ci c'est fini, je me disais. La vie est souvent triste mais pas tout le temps quand même.

Les vacances de la Toussaint arrivaient et cela me tardait car toute la famille allait venir aider mon père pendant cette période — il est horticulteur. J'allais voir du monde et cela allait me changer les idées. Les vacances commencèrent et comme je l'attendais, tout se passait bien.

Mais un matin, en appelant ma mère pour lui demander un truc, je remarquai qu'elle avait une petite voix. Sur le coup, je ne demandai pas ce qui se passait. Puis elle m'annonça qu'une autre personne venait de décéder au village de chez mes grands-parents. C'était une personne âgée qui était à l'hôpital depuis un moment et qui avait perdu la tête. Mes parents ayant beaucoup de travail, ma sœur et moi sommes allées à l'enterrement. Le 3ème en moins de 2 mois...

— Mais on bat tous les records !!!

Je ne voyais plus que le fait de prendre cela en rigolant. C'est honteux mais c'était la seule chose qui ne me faisait pas craquer. L'enterrement se déroula pendant une heure. On pouvait reconnaître les mêmes personnes qu'aux 2 autres enterrements récents. Chacune d'entre elles devait se poser la même question que moi : « Pourquoi ? »

L'enterrement fini, ma sœur et moi reprîmes la voiture et nous sommes rentrées sagement chez nous reprendre notre train-train. Je me disais que tout cela allait bientôt se finir. Ces 2 derniers mois étaient assez durs mais c'était fini pour de bon. Il ne pouvait pas m'arriver autre chose, c'était impossible ! Et pourtant, je ne pensais pas à ce moment qu'un mois après, j'allais passer l'un des week-ends les plus durs de ma vie jusque-là...

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kris
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