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Essais

Histoire de pirates

Embarquez pour une aventure haletante sur les mers : un capitaine pirate affronte un galion espagnol, retrouve son ancien ami devenu traître, et découvre l'amour au détour d'une rencontre inattendue.

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J'écumais les mers depuis des jours sans aucun signe de vie. La mer était calme et le soleil resplendissant.

Tout à coup, je vis un galion espagnol au loin.

— Hissez les voiles et le pavillon noir !

Mes fidèles matelots s'exécutèrent.

Quand nous arrivâmes à proximité du navire, je sortis mon sabre — que j'avais volé à un sous-officier anglais lors d'une bataille.

— Armez les canons et préparez-vous à l'abordage.
— À vos ordres, Capitaine !

Nous étions prêts à les réduire en cendres !

— Capitaine ! Eux aussi sont armés !
— Le jour où un Espagnol saura viser, je brûlerai mon navire moi-même.

Nous éclatâmes de rire.

— Trêve de billevesées, parer à faire feu !

Voici le moment qui m'a toujours donné des frissons pendant toute ma longue vie de flibustier : ce moment, c'est l'ordre de faire...

— Feu à volonté !!!

Poudres et débris de bateau volaient dans tous les sens.

— À l'abordage !

La lutte était sans pitié, le sang coulait à flots.

Soudain, le commodore espagnol hurla :

— Nous nous rendons !
— Sage décision, jetez vos armes !

Ils s'exécutèrent.

— Où cachez-vous vos biens ?
— Ils sont dans la cale.

Je fis un signe de tête à l'un de mes fidèles moussaillons, Jeffrey, pour qu'il aille y jeter un œil.

— Que fait un navire espagnol aussi loin de son port d'attache ?
— Nous allions rendre visite au gouverneur Jefferson.
— Ne me faites pas croire qu'il s'agit d'une visite de courtoisie.
— Je ne puis vous en parler.
— Parle ! Ou je te fais écarteler !
— NON ! C'est bon, je vais tout vous dire. Nous venions parler au gouverneur des pirates qui sévissent non loin de nos côtes.
— Des pirates là-bas ?
— Oui, nous avons été abordés.
— Ce « pirate » vous a-t-il dit son nom ?
— Oui, il s'est présenté comme étant le Capitaine Teach.

Une colère m'envahit soudain.

— Teach ! Puisse-t-il périr en enfer, ce traître !

Teach et moi étions amis autrefois. Nous pillions ensemble, puis nous partagions équitablement ensuite.

Jusqu'au jour où ce scélérat fit tuer tout mon équipage et m'abandonna sur une île déserte avec, pour seule consolation, une bouteille de rhum.

Trois jours plus tard, un galion britannique passa dans ces eaux et me prit à son bord. Je fus emprisonné en Angleterre durant sept jours en attendant le châtiment réservé aux pirates : la pendaison !

Le jour de mon exécution, un homme étrange vint ouvrir la porte de ma cellule — mais pas avec les clés, avec un trousseau !

Je compris rapidement qu'il ne s'agissait pas du geôlier, mais de Jack Anderson, un de mes anciens matelots.

— Je te croyais mort !
— Si un jour je dois mourir, Capitaine, ce sera à vos côtés.

Je le pris dans mes bras en signe de remerciement.

— Dépêchons-nous, le bruit a dû alerter les gardes.

Quelques jours plus tard, nous avions, à nous deux, reformé un équipage digne de hisser le pavillon noir.

Mais revenons à notre cher commodore espagnol.

— Alors Jeffrey, qu'y a-t-il dans ces cales ?
— Des esclaves et des tonneaux de vin, mon Capitaine.
— Pouah ! Du vin... Quand apprendrez-vous à boire du rhum comme tout homme qui se respecte ? Amenez-moi les esclaves sur le pont.

Ils étaient une cinquantaine, tous espagnols apparemment.

— Vous exploitez même les gens de votre race, c'est pitoyable. Je reconnais bien là l'esprit espagnol.
— Oui, mais...
— Taisez-vous ! Si vous vous avisez de parler encore une fois sans que je vous le demande, je vous donne à dîner aux requins avec, en guise de dessert, votre fierté ! J'espère que vous m'avez compris !
— Ou... Ou... Oui.

Les esclaves étaient alignés sur le pont. Je marchais le long de cette ligne pour les juger un à un.

Quand soudain, mon regard se posa sur une ravissante jeune femme. Elle était belle comme un ange.

— Quel est votre nom ?

Elle garda la tête baissée et ne répondit pas. Je mis doucement ma main sous son menton pour lui redresser.

Elle avait des yeux magnifiques, entre le vert et le bleu clair.

— Emmenez tous ces esclaves sur le Deadboat — le nom de mon navire —, nous les relâcherons sur la terre ferme.
— Bien, Capitaine !
— Quant à vous, commodore, je vous dis peut-être à bientôt.

Nous repartîmes sur notre navire, en route vers l'île de la Tarentule, les cales pleines de vin et d'esclaves.

Je savais que je ne pourrais jamais vivre avec cette jeune Espagnole. Je suis un flibustier et elle une esclave ; j'écume les mers pendant qu'elle travaille d'arrache-pied.

Nous arrivâmes sur l'île de la Tarentule où les esclaves pouvaient vivre en paix pour le restant de leurs jours — c'était une île cachée, connue uniquement de moi et de mon équipage, avec des ressources inépuisables en nourriture et en eau.

Je vis pour la dernière fois cette jeune femme quand elle descendit du bateau.

Un flibustier de mon espèce n'est pas fait pour avoir de femme, et encore moins pour aimer.

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