
Chapitre I : Une vision mystérieuse
Harry se retourna dans son lit. Le froid qui pénétrait par la fenêtre entrouverte de sa chambre ne l'empêchait pas de transpirer à grosses gouttes. Il ne se sentait pas bien. Une fois encore, il se retourna. Il y eut un flash, une image, un homme, seul. Encore un flash : cet homme pleurait. Au fond, une ombre se profilait. Désormais, il n'y avait plus de flash. Il voyait les deux hommes comme s'il y était.
Maintenant, il avait froid. Il observa les alentours : il était au milieu d'une forêt, un endroit familier. L'homme qui pleurait était apeuré, terrorisé par l'autre. Sa cape déchirée était entachée d'une boue épaisse. Harry n'arrivait pas à discerner son visage, caché par l'ombre d'une immense capuche. L'autre homme, maigre, se tenait bien droit, enroulé dans sa cape. Il marchait lentement, baguette en avant. Il y eut un éclair, un hurlement, puis plus rien...
Harry se releva en sueur. Il se tenait assis sur son lit, essoufflé suite à cette vision fantomatique. Il sentit enfin le courant d'air qui avait dû le réveiller. Il s'aperçut qu'il provenait de la fenêtre qui était entrebâillée. Bizarre, se dit Harry, je ne me rappelais pas l'avoir ouverte. Il se leva afin d'aller la fermer et se rendit compte que les lumières de la rue étaient éteintes. Il se dit qu'il devait être encore très tôt dans la matinée.
Les pensées de Harry
Il se rassit sur son lit et se surprit à penser que, pour la première fois, il n'avait pas eu mal à sa cicatrice suite au cauchemar. Il regarda son calendrier : cela faisait à peine trois jours qu'il était revenu de Poudlard et il ne s'adaptait toujours pas à sa minuscule chambre. La salle commune des Gryffondor lui manquait énormément.
Sa chambre était tapissée d'un horrible papier peint. Harry avait souvent pensé qu'il pourrait la tapisser de photos de ses amis ou alors d'images qu'il avait obtenues dans les Chocogrenouilles. Il sourit lorsqu'il s'imagina la tête de Tante Pétunia, l'acariâtre femme de l'Oncle Dursley, et leur horrible et énorme fils Dudley, lorsqu'ils verraient les images de Berthie Crochue leur faire de grands signes de la main. Son oncle se mettrait sûrement dans une colère folle et les brûlerait toutes.
En effet, son oncle ne supportait pas tout ce qui sortait de son monde rationnel. Lui et Pétunia avaient tenté de lui cacher ses pouvoirs, et même de les faire disparaître en le terrorisant. Cela avait duré jusqu'au jour de son onzième anniversaire, où Hagrid avait défoncé la porte de la cabane dans laquelle ils s'étaient réfugiés pour éviter les lettres de Poudlard. Là, il avait appris qu'il était un magicien très connu, car Voldemort, un très puissant mage noir qui terrorisait le monde de la magie, avait été détruit en tentant de tuer Harry après avoir tué ses parents qui avaient tenté de l'arrêter.
Voldemort, en réalité, avait erré sous la forme d'une âme immatérielle et faible. Il s'était approprié le corps de quelques animaux puis, l'année passée, il s'était créé un nouveau corps.
Souvenirs et inquiétudes
Il eut également une pensée pour son parrain, Sirius, qui n'avait toujours pas été innocenté. En effet, il avait été accusé d'avoir tué Peter Pettigrow ainsi qu'une dizaine de Moldus. Mais il s'était avéré que, lors de sa troisième année à Poudlard, ils avaient découvert — lui, Hermione et Ron — que c'était en réalité Queudever, alias Pettigrow, qui en était responsable.
La pluie se mit à tambouriner sur sa fenêtre et un éclair illumina la rue. Harry avait toujours adoré l'orage : puissant, étrange, magique. Un nouvel éclair fendit le ciel et il crut apercevoir une silhouette dans la rue. À l'éclair suivant, elle avait disparu. Harry n'y pensa plus et se replongea dans ses ténébreuses pensées : Ron et Hermione n'avaient toujours pas écrit.
Remarque, pensa-t-il, cela fait seulement trois jours que je suis rentré. Il repensa au Quidditch. Cela faisait un an qu'il n'avait pas pratiqué ce sport qui s'avérait être son préféré.
Le Quidditch, passion de Harry
Pour toute personne ne sachant pas ce que signifie ce sport et en quoi il consiste, il faut savoir que c'est un jeu constitué d'un Souaffle que se passent des attrapeurs afin d'aller marquer dans l'un des trois buts adverses qui sont gardés par un gardien. L'attraceur, quant à lui, doit garder les yeux ouverts afin de voir la plus rapide et petite de toutes les balles qui est néanmoins la plus importante : le Vif d'Or. Des cognards envoyés par des batteurs l'en empêchent.
Quel beau sport, se dit-il en contemplant son magnifique Éclair de Feu offert par son parrain suite à la perte de son Nimbus 2000.
Une visite inattendue
Il se retourna vers sa fenêtre afin de scruter le ciel sillonné d'éclairs et faillit hurler de peur — chose que les Dursley n'auraient guère appréciée — lorsqu'il distingua une immense forme derrière ses carreaux.
L'éclair suivant éclaira suffisamment le dehors pour lui permettre de reconnaître Dumbledore.
Sa surprise était telle qu'il faillit en tomber à la renverse. Que pouvait bien faire le célèbre directeur de Poudlard chez les Dursley ?
Sur ce, le directeur transplana dans sa chambre. À la grande surprise de Harry, il était sec. Sa longue robe de sorcier couleur bleu nuit semblait irréelle.
Il s'accroupit et aida Harry à se relever. Un sourire ornait son visage. Il le fit sasseoir sur son lit et il fit apparaître à côté de lui un magnifique fauteuil couleur or, qui ressemblait dailleurs plus à un trône qu'à un fauteuil. Une fois assis dedans, il observa silencieusement Harry.
Celui-ci était très gêné du silence de Dumbledore. Il sentait son regard posé sur lui, comme plongé dans de profondes méditations qui dépassaient tout à fait Harry. Enfin, il se décida à parler.
Chapitre II : Les révélations de Dumbledore
— Tu vas bien, Harry ? dit-il.
Jamais Harry n'avait vu le directeur de Poudlard aussi nerveux. Ses mains étaient posées sur ses genoux sur lesquels il tapotait rapidement. Sa barbe, qui avait fortement impressionné Harry lors de leur première rencontre, lui semblait s'être allongée plus que jamais et ses traits semblaient tendus.
Harry lui répondit positivement, attendant anxieusement que Dumbledore daigne lui dire enfin le but de sa visite. Son attente ne fut pas longue : en effet, Dumbledore se mit à chercher dans sa barbe argentée afin d'y dénicher une lourde montre à gousset en or.
La montre magique de Dumbledore
Harry put y distinguer le lion de Gryffondor, le serpent de Serpentard, le blaireau de Poufsouffle et l'aigle de Serdaigle : les armoiries des quatre maisons de Poudlard. Le cadran s'alluma dans le noir pour laisser apparaître dix-sept aiguilles de tailles et de formes différentes. Douze d'entre elles déterminaient les activités différentes de chaque maison : il y avait écrit « en cours », « mange », « dors »...
Cette montre lui faisait de plus en plus penser à l'horloge magique des Weasley qui indiquait les faits et gestes de chaque membre de la famille, mais celle de Dumbledore semblait sensiblement plus complexe. Trois autres de ces aiguilles indiquaient tout simplement l'heure, une autre indiquait les différentes phases de la lune et une autre, la dernière, la plus brillante, indiquait la progression de Fumseck, le phénix de Dumbledore, avant que celui-ci ne vienne à renaître de ses cendres.
Une annonce importante
Les joues du directeur se creusèrent et il fit une légère et très vague moue de la bouche, tellement rapide que Harry eut du mal à déterminer s'il avait rêvé ou pas. Il ouvrit la bouche puis la referma, l'air perplexe, comme ne sachant que dire. Il la rouvrit enfin et dit :
— Je ne sais, à vrai dire, pas par où commencer, Harry. Vois-tu, dans la vie, il arrive que nous soyons obligés de prendre de bien sérieuses décisions et, comme tu le sais, les événements de ces dernières semaines m'ont amené à en prendre une et il est temps que je t'en fasse part...
Harry trépignait. Il ne se retenait plus et le stress lui faisait battre les tempes. Il était sur le point de hurler, mais il se ravisa en pensant aux Dursley qui risquaient de ne pas prendre la chose à la rigolade. Ça risquait même de mal tourner s'ils tombaient nez à nez avec Dumbledore. Mais il n'eut pas longtemps à ressasser ces idées car le directeur reprit la parole :
— Je ne vais pas te faire patienter plus longtemps,
À ce moment-là, Harry se demanda si Dumbledore n'avait pas la capacité de lire dans les pensées. Ce n'était pas la première fois qu'il avait eu cette impression en compagnie d'un sorcier : lui et Ron croyaient même dur comme fer que Rogue en avait la capacité.
— Vois-tu, Harry, Voldemort a mis longtemps à reprendre ses forces, mais depuis qu'il y est parvenu, les choses s'accélèrent. Voldemort n'a pas tardé à mettre en place un important réseau d'informateurs ayant l'oreille fine et lui rapportant chaque fait et geste du Ministère de la Magie. Ce borné de Fudge n'a pas du tout écouté mes avertissements et continue de tenir son rôle de ministre aussi simplement que si rien de tout cela ne se passait.
Mais bien au-delà de tous ces problèmes, Voldemort a mis un point d'honneur à te retrouver. Il aura tôt fait de t'atteindre et si ses fidèles Mangemorts te trouvent ici, ils ne te laisseront guère de chance. De surcroît, ta présence ici met en danger ton oncle, ta tante et ton cousin. Même si tu ne les aimes guère — et je te comprends très bien — ils ne méritent guère un châtiment tel que la mort, ou pire encore !
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