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Essais

Guy ou l'image de la persévérance...

Guy rentre chez lui épuisé mais déterminé. Une bataille finale l'attend contre son propre sexe, dans une guerre surréaliste et burlesque.

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Guy, las de tant de batailles engagées et perdues, épuisé par tant de vains combats apocalyptiques contre son âme sexuelle incarnée dans un morceau de chair de 17,2 cm, et surtout souffrant atrocement d'une faim tenace qui ne le quittait pas depuis son départ du Brésil, rentra chez lui. L'âme en peine, la gueule en déroute, la péninsule ibérique, l'œil hagard, le nez… Scalier et la bouche pulpeuse.

Mais lorsqu'il ouvrit la porte de son logis, Guy savait que toute recherche de son sexe n'était pas vaine. Il avait la conviction de l'homme battu, l'humain qui, face contre terre, lorsqu'il a tout perdu, déploie un formidable instinct de survie. Guy était de ces hommes-là.

Alors il courut dans sa cuisine, saisit une salopette par le coléton, lui ordonna de créer un régiment de balais, une horde de chiffons, une troupe « sanguinaire » de serviettes hygiéniques et un soupçon de cannelle. Et notre homme sortit dehors, vêtu de ses atouts de combat, à savoir un T-shirt sale depuis son dépucelage (environ 18 ans, dans les toilettes de l'école avec Monique Ranoux, qui s'est inspirée des cuisses de Guy pour créer son jambon) et une salopette jaune fluo.

Derrière lui, suivait sa terrible armée, un amas de putréfaction ambulant, un alignement militaire de barbares cruels, vicieux et assoiffés de vengeance, l'image même de la répugnance guerrière. Adolf et les S.S., euh pardon, Guy et les produits ménagers s'engagèrent dans l'avenue principale de sa bonne ville de « n'importe où »…

Son sexe était à l'autre bout de la rue, le narguant de toute son arrogance glanduleuse, si fier dans son costume d'épiderme, si pimpant engoncé dans son allure d'aristocrate. Guy savait que c'était la dernière bataille, le dernier affrontement, le « Money time »…

Midi sonna. Guy sauta. Les produits ménagers tombèrent sous les coups de boutoir du gland indépendantiste. Guy retomba lourdement sur le pavé de la rue de la ville, laquelle soutenue par la lourde terre, dans le lourd univers de mon lourd slip brésilien.

La verge trésaillit. Guy avait abattu sa dernière carte, il avait sorti ses testicules de leur écrin à petits canards, et les boulichons miraient la verge avec envie et tristesse. Mais dites-moi, lecteurs inhumains, QUEL PÉNIS AU MONDE POURRAIT RÉSISTER À DEUX TESTICULES EN PLEINE FORCE DE L'ÂGE ? Pas la verge de Guy en tout cas. Cette dernière se jeta dans son nid avec ardeur et lança un grand sourire à son possesseur avec son urètre.

S'en était donc fini. Guy était de nouveau un « homme »… mais pourtant il doutait. Il avait traqué sa verge jusqu'au bout du monde, repoussé les limites de l'extrême pour recouvrer son bien. Il avait été un homme. Aussi, Guy découvrit ce jour-là que l'on pouvait vivre sans sa verge et que l'on n'en perdait pas pour autant sa virilité ni sa fierté.

Guy le héros arracha son sexe et ses testicules et les jeta dans l'immense océan qui venait d'apparaître au milieu de l'avenue.

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paco
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