
Je passe mon temps à penser à lui, alors qu'il passe son temps à me sourire sans même réfléchir à tout ce qui peut se passer en moi chaque fois qu'il me parle, me frôle, me regarde.
S'il te plaît, cesse de me parler : tu ne fais que me confirmer qu'on est faits pour être ensemble. Cesse de me frôler : tu ne fais que me révéler les joies d'une nuit avec toi. Cesse de me regarder : tu ne fais que me donner l'envie de te parler, de te frôler.
Un amour impossible
Entre nous, c'est impossible car elle existe et elle porte un trésor en elle, un trésor qui vaut bien trop cher pour l'abandonner : un enfant.
Et moi ? Toutes ces fois où tu m'as souri, regardé ou frôlé, ça n'était que des illusions ? Des illusions... qui me hantent jours et nuits.
Je voudrais tellement que tu meures ! Oui, tu devrais mourir pour pouvoir ensuite tout recommencer sans elle, avec moi. Ce soir je vais entrer chez toi, te tuer, et lui laisser un mot. Elle comprendra : si elle t'a aimé comme je t'aime, alors elle te laissera partir pour mieux me revenir.
Pour l'enfant, elle lui trouvera un père, un autre qui saura prendre soin de votre trésor. Mais je ne laisserai personne m'empêcher de t'aimer. Je veux t'aimer, mais aussi tout partager avec toi.
Le réveil brutal
Tu es parti pour de bon. Je suis chez moi, je t'attends ou plutôt j'attends le nouveau toi.
Non, tu ne peux plus revenir. Je ne t'ai pas dit tout nos projets et notre amour. En ce moment tu es certainement perdu je ne sais où, tu ne sais plus où aller. Je t'imagine perdu sans personne, de ma faute. J'étais perdue dans mes rêves : j'ai tellement rêvé de toi sans jamais obtenir ce que je désirais, que le jour où j'ai réellement voulu nous réunir, j'ai tout gâché.
Et elle ? Elle doit être si triste, et perdue. Mais elle n'est pas seule, elle porte une partie de toi en elle, alors que moi je suis seule sans personne. Il ne me reste que des souvenirs de tes sourires, tes regards et tes paroles.

Quand tout s'effondre
Je suis jeune, je peux encore voyager et rencontrer des gens.
Non ! Je ne peux pas. Tous ces pays, j'avais prévu de les visiter avec toi, en te regardant t'extasier devant la beauté de chaque monument, chaque ville. En rencontrant des gens, je ne pourrai pas m'empêcher de les comparer à toi. Je ne trouverai pas une seule personne qui puisse m'apporter le quart du bonheur que tu m'as donné.
Je ne vois qu'une solution : te rejoindre. Je vide toute ma pharmacie, je m'allonge et m'endors doucement. J'arrive dans un immense trou noir. Au bout, j'aperçois une lumière, derrière moi un souffle me pousse hors de l'obscurité. Je te vois, tes yeux me regardent, tes lèvres me sourient. Je ne peux pas te toucher, je te sens partir. « S'il te plaît, reste avec moi, ne la rejoins pas ! »
...
La vérité éclate
Un bruit me fait sursauter... Mais où suis-je ? Ah ! Je suis dans mon lit, ce n'était qu'un cauchemar. Je me retourne.
— HaAAAAAAA !
Mon mari est là, du sang coule le long de son torse, le lit est plein de sang. Sur la table de chevet se trouve une enveloppe blanche :
— « Votre mari est parti, je l'aime et je veux faire ma vie avec lui. Je ne voulais pas vous laisser tout gâcher... »
Mon cauchemar se révèle être la réalité : il avait une maîtresse, et elle l'a fait.