
Chapitre 7 : Contre-coup
Une fois dehors, je pris conscience de tout ce que Richard m'avait appris. J'étais encore sous le choc de ses révélations. Ainsi, les membres du conseil étaient tous immortels et transmettaient leur savoir à chaque nouvelle génération. Richard avait raison en un sens : le fait que ce soit les mêmes membres depuis des centaines d'années permettait une certaine stabilité.
Cette visite ne m'avait en aucun cas rassurée. Apparemment, les anciens n'en savaient pas beaucoup plus que nous sur le sujet et le sort de Lucas était toujours incertain. Je me mis à haleter, cherchant de l'air pour étouffer mon chagrin. Elodie me serra le bras, me signalant ainsi qu'elle comprenait ma douleur. Je réalisais soudain que ma peine n'était rien à comparer à celle d'une mère dont le fils est entre les mains de la mort.
Une semaine passa et nous n'avions toujours pas de nouvelles de Richard. Nos recherches ne menaient à rien ; nous étions même allées voir l'un des survivants à la recherche des Eristas. Bien entendu, il ne se souvenait de rien et était désolé de ne pas pouvoir nous aider. Sur le chemin du retour, j'étais désespérée. Mais en rentrant chez Elodie (chez qui je logeais vu la situation), une surprise nous attendait. Le répondeur de celle-ci clignotait, signalant un message.
« Bonjour, c'est Richard. J'ai des nouvelles pour vous, rappelez-moi au plus vite pour fixer un rendez-vous. »
— En cœur avec un soupir de soulagement : « Enfin. »
Elodie rappela Richard le lendemain matin et nous prîmes rendez-vous pour l'après-midi.
Je courais presque sur le chemin menant au bureau de Richard. Cette fois, nous n'attendîmes pas : la secrétaire nous mena directement à son bureau.
« Bonjour mesdemoiselles, asseyez-vous, je vous en prie, » nous dit-il.
« Merci. »
« Hum, voilà ce que j'ai à vous annoncer est assez délicat. »
« Nous t'écoutons, » lui répondit Elodie.
« J'ai parlé aux autres membres du conseil de votre situation. Ils sont d'accord pour intervenir. Nous pensons qu'il est temps d'éradiquer la menace des Eristas pour de bon. »
« Oh Richard, c'est une excellente nouvelle ! » s'exclama-t-elle, on décelait de la joie dans sa voix.
« Oui, je suis de cet avis, mais nous avons dû prendre une autre décision, et celle-ci risque de ne pas vous plaire... Nous avons décidé — et cela pour votre bien — que vous ne participerez pas à la mission de sauvetage. »
« Pardon ? Je te signale que c'est de mon fils que nous sommes en train de parler, » dit-elle outrée du fait d'être exclue de ce projet.
« Et de mon meilleur ami ! » dis-je de façon violente, presque en hurlant.
« Oui, je sais, je sais. C'est justement pour cela qu'il vaut mieux que vous ne veniez pas, cela compromettrait la mission. »
« Et comment ferions-nous cela ? »
« Et bien, Elodie, tu es trop affectée par la capture de ton fils. Tes pouvoirs pourraient en être affectés. Et Rachel, tu es trop jeune, tu ne contrôles pas assez les tiens. »
« Mais ce n'est pas juste !! »
« Je ne changerai pas d'avis, vous pouvez épargner votre salive. »
« Nous n'avons plus rien à nous dire dans ce cas ! » Dit-elle, comme si en fait cela n'avait pas d'importance.
« Mais Elodie, tu ne peux pas... »
« Arrête Rachel ! Richard nous a dit ce qu'il avait à nous dire, nous partons maintenant. »
« Bien ! »
« Au revoir Richard ! »
« Encore une fois désolé, au revoir. »
Et nous partîmes. Je fulminais de colère contre Richard, contre le conseil (cette bande de vieux galeux !), contre Elodie aussi. Comment se pouvait-il qu'elle parte de ce bureau sans avoir obtenu de participer au sauvetage de son fils ! En arrivant, je balançais mon sac violemment sur le sol sans jeter un œil à Elodie. Puis contre toute attente, elle se mit à rire.
« Je peux savoir ce qui te fait rire ! »
« Toi, tu te verrais ! »
J'explosai...
« Non mais c'est vraiment n'importe quoi ! Comment se fait-il que tu puisses laisser faire ça ! Lucas est ton fils ! »
« Oui, et c'est pour cela que je suis partie au plus vite du bureau de Richard. J'ai un plan. Tu ne crois quand même pas que je vais les laisser sauver mon fils sans moi ! »
« Oh, et je peux savoir quel est ce plan ? »
« Et bien, nous les laisserons partir devant nous, mais j'ai un ami qui fait partie des forces armées. Je me doutais que le conseil nous ferait un coup dans ce genre-là. Eric m'a donc promis de nous aider : il portera sur lui une balise GPS qui nous permettra de les suivre. »
« Géant ! »
« Oui, je trouve aussi ! Le départ est prévu pour dans un mois. En attendant, je t'annonce que tu n'auras pas d'autre occupation que ton entraînement et, si je vois que tu n'es pas prête, tu resteras ici ! Compris ? »
« Ça me va ! »
« Très bien, va te reposer, demain sera une grosse journée. »
Chapitre 8 : Le test final
« Relève-toi, on recommence. »
Cela faisait trois jours que l'on s'entraînait sans relâche. Chaque parcelle de mon corps me réclamait du repos, mais je voulais continuer, je voulais être prête quand le moment de partir viendrait. Nous nous entraînions plus de 12 heures par jour ; Elodie me poussait au plus loin de mes capacités.
La journée d'entraînement commençait dès mon réveil. Enfin, si on peut appeler ça un réveil : je ne dormais presque pas, mes cauchemars étaient de plus en plus violents... Et ils se terminaient tous de la même façon : Lucas meurt dans mes bras. Ma journée commençait donc quand je me levais. J'essayais de me connecter aux personnes que je connaissais. Le but était de me connecter de plus en plus loin, mais il fallait cependant que je reste prudente : essayer de communiquer avec un humain peut se révéler fatal. L'exercice n'était pas fatigant physiquement, c'était mentalement que c'était dur, comme si une partie de moi faisait des aller-retours. Imaginez une partie de votre cerveau partir à Washington puis revenir aussi vite qu'elle est partie. C'était une sensation assez étrange. Les deux premiers jours ont été une véritable torture ; j'arrivais tout juste à communiquer avec ma mère, puis aujourd'hui j'ai eu une sorte de déclic : j'ai réussi à parler avec ma sœur qui est à Boston pour quelques jours. Cette capacité possède un autre côté : je peux bloquer une personne qui tente de me parler. J'ai un peu plus de mal avec ce côté-ci, mais on m'a dit que ça venait avec le temps.
La suite se passait dans la rue. Comme nous partions en expédition, il était important que je me maintienne en forme. Je faisais donc une heure de footing, puis une demi-heure de musculation. Pas de la gonflette, c'était juste histoire que je puisse porter une lourde charge (mon sac) seule pendant plusieurs jours. Suite à ces exercices, j'avais des courbatures de partout. Pour ne rien arranger, nous passions l'après-midi à faire de la métamorphose et de la téléportation.
J'avais aussi découvert une nouvelle capacité : sans aucun contact visuel ou mental, je pouvais faire léviter des gens ou des objets. Ainsi, je pouvais, en étant dans ma chambre, faire léviter de la glace située dans la cuisine jusqu'à moi. Cela avait le don de faire enrager Elodie, mais qui m'arrangeait bien, vu que le soir je pouvais à peine bouger... Elodie n'était pas la seule à servir de cobaye, je tenais également ce rôle à certains moments... Et je n'étais pas la seule à pouvoir faire de la lévitation !
Les jours passaient en suivant toujours le même schéma. Après avoir passé une longue journée à nous entraîner, nous consacrions nos soirées à faire des recherches afin de tenter de percer le secret du repaire des Eristas, mais celles-ci n'aboutissaient à aucun résultat. Nous avions en plus un handicap de taille : la bibliothèque située au siège du conseil nous était interdite, coupant la voie à des informations qui pourraient être utiles. Cependant, nous ne perdions pas espoir. Eric, l'ami qui nous sert d'espion auprès des forces armées du conseil, nous donnait régulièrement des informations qui nous permettaient de tenir le coup. Les membres du conseil s'entraînaient eux aussi sans relâche, enchaînant les journées comme si c'étaient des heures.
Les jours puis les semaines passèrent et la date du départ approchait à grands pas. Deux jours avant le départ, Elodie, Eric et moi fîmes un bilan.
« Nous tenons à être sûrs que tu sois prête ! » me dit Eric. « Si jamais tu te retrouvais seule et que tu ne pouvais pas te défendre, cela pourrait avoir des conséquences catastrophiques. »
« J'entends bien, mais comment être sûre que je suis vraiment prête ? »
« Et bien, nous le saurons après un dernier exercice... »
Et là, tout devint noir autour de moi.
« Elodie ? Eric ? Il y a quelqu'un ? »
Personne. J'appelais encore et encore en marchant de long en large dans ce lieu sans lumière. Au bout d'un moment, je m'assis sur le sol. Celui-ci était glacial et dur ; en le tâtant, je me rendis compte que c'était de la pierre. Assise, déboussolée, je me mis à réfléchir sur ce qui m'arrivait. Elodie avait parlé d'un dernier exercice... était-ce cela le dernier exercice ? Je ne comprenais pas vraiment à quoi pouvait servir de me mettre dans un endroit noir ! J'essayai de la contacter, en vain. Deux possibilités à ce problème : la première, que toute communication était impossible ici, ou c'était Elodie qui me bloquait... Mais pourquoi ferait-elle cela ?
Puis je les entendis, ces voix qui chuchotaient autour de moi. Cependant, je ne comprenais pas ce qu'elles disaient. Et je reçus un coup, puis un deuxième sans avoir eu le temps de réagir. Maintenant, les voix hurlaient : « défends-toi », « relève-toi ». Un peu sonnée, j'essayais de mettre en place une stratégie de défense. Mon pied heurta quelque chose sur le sol, je le ramassai : des feuilles mortes. Je me concentrai pour faire de ces quelques feuilles un mur derrière lequel je pourrais être à l'abri. Je le mis en place en peu de temps et me réfugiai derrière.
Les voix s'étaient remises à chuchoter. J'en profitai pour réfléchir : comment me battre contre un ennemi que je ne pouvais voir ? Puis je me rappelai d'un entraînement de métamorphose. J'entrepris de chercher un objet quelconque à mes pieds : une petite pierre fera très bien l'affaire. Je la transformai en briquet afin d'embraser les feuilles qu'il restait au sol. Génial, de la lumière ! Maintenant je pouvais voir. Et je le vis : un énorme monstre se dressait devant moi. Il me fixait avec un drôle d'air, comme s'il avait peur, une peur que je ne comprenais pas étant donné qu'il était plus gros que moi ! Il lança alors une seconde attaque que je parai. J'eus une poussée d'adrénaline qui m'aida à réfléchir à un moyen de le vaincre, quand une idée me vint à l'esprit. Pourquoi ne pas transformer le gros vilain monstre en une gentille petite créature ? Je me concentrai et essayai. En vain : la créature ne bougea pas. J'essayais alors de transformer le maximum de choses autour de moi en objets lourds afin de la déstabiliser. Cette technique fut plus efficace. Après plusieurs jets, la créature ne tenait presque plus sur ses pattes. Je criais déjà victoire, sûre de la vaincre, mais je ne vis son attaque qu'une fois que je fus à terre.
Puis la lumière revint, et je me retrouvai étendue sur le sol du salon d'Elodie.
« Un peu trop sûre de toi, Rachel. Tu aurais dû rester attentive jusqu'à ce que tu sois sûre que la créature ne pouvait plus te faire de mal, » me dit Elodie.
« J'y penserais la prochaine fois ! » J'étouffais une grimace de douleur.
« Oh pardon, j'y suis peut-être allée un peu fort. Je suis désolée Rachel, il fallait que tu sois vraiment en condition. »
« Je comprends Eric, mais si tu peux faire quelque chose, fais-le ! »
« C'est juste une broutille, prends ça et dans quelques heures ça ira mieux ! »
« Merci, » dis-je en prenant la gélule qu'il me tendait.
« Alors Eric, qu'en penses-tu ? »
« Et bien, à part son erreur à la fin, je trouve qu'elle se débrouille pas mal. Ce qui lui manque maintenant, c'est de l'expérience, et ce n'est pas une chose que l'on acquiert en quelques semaines ! »
« Je suis d'accord ! Mais penses-tu qu'elle puisse m'accompagner ? »
« Sincèrement Elodie, je pense que oui. Elle pourra être un atout ! »
« Dans ce cas c'est décidé ! Tu viens avec moi ! »
« Hum, super, » dis-je d'une voix faible.
« Tu devrais dormir. Nous partons dans deux jours. La gélule que je t'ai donnée va t'aider à dormir. Elodie, je pense que nous devrions... »
Je n'entendis pas la fin de la phrase : Morphée m'avait déjà emportée dans ses bras...
Chapitre 9 : Le départ imminent
« Lucas, j'ai si peur pour toi !
— Ne t'inquiète pas Rachel, tout se passera bien, je te le promet, » me dit-il en me regardant droit dans les yeux. Ils étaient pleins de détermination.
« Mais je ne veux pas te perdre, » lui répondis-je en baissant le regard.
« Quoi qu'il se passe, je serai toujours là pour toi... »
« ... »
« Rachel. » L'appel était lointain. Je ne voyais plus Lucas.
« Rachel, réveille-toi, nous avons du pain sur la planche ! »
Pour une fois que je dormais bien, sans avoir fait de cauchemars, il faut qu'Elodie me réveille. Il y a vraiment des moments où je la maudis ! Combien de temps avais-je dormi ? Mon réveil indiquait 11h18. 11h18, incroyable ! Cela faisait plusieurs semaines que je n'avais pas dormi autant. Je descendis rejoindre Elodie, que j'entendais s'affairer à l'étage en dessous. En arrivant en bas des marches, ce que je vis me cloua sur place. D'habitude si bien rangée, la maison ressemblait à un vrai champ de bataille, ou à un lieu ayant été touché par une bombe sale !
« Mais qu'est-ce que c'est que tout ça ?
— Et bien, je te signale, Rachel aux bois dormant, que le départ est prévu pour cette nuit, et qu'il faut que nous soyons prêtes !
— Oh oui bien sûr ! En quoi puis-je t'aider ?
— Tu vois les deux grands sacs qui sont là-bas ?
— Oui.
— Et bien tu vas mettre trois bouteilles d'eau dans chacun des deux.
— Très bien. »
Tout l'après-midi durant, je suivis les instructions que me donnait Elodie. Nous préparâmes deux sacs qui devraient nous permettre de survivre durant quelques semaines : eau, nourriture déshydratée, matériel d'escalade, localisateur GPS, mallettes de premiers soins... Tout ce qui pourrait nous être utile sur le chemin. Une fois terminé, il était 17h passées ; le départ n'était cependant prévu que dans quelques heures. Je me mis donc à repenser au rêve de la nuit dernière. Si Elodie ne m'avait pas réveillée, que se serait-il passé ? Je me posai pour la première fois la question : quels étaient mes sentiments envers Lucas ? Étais-je amoureuse ?
Qu'adviendrait-il de notre amitié si nous devions avoir une relation amoureuse et que celle-ci échouait ? Lui qui avait toujours été présent à mes côtés, étais-je prête à prendre le risque de le perdre un jour pour un bonheur qui pourrait être éphémère ? Il y avait aussi une autre possibilité : si notre couple fonctionnait, de quoi serait fait notre futur ?
Je me mis alors à l'imaginer ce futur. Lui et moi, main dans la main, se promenant dans la ville, inconscients face aux problèmes du monde. Nous pourrions nous marier, puis avoir des enfants. Oh oui, des enfants, un garçon et une fille, blonds avec des yeux couleur miel comme ceux de ma mère. Ce futur pourrait être parfait.
Peut-être que Lucas avait vu juste dès le début, peut-être étions-nous faits l'un pour l'autre...
Je n'eus pas le loisir de continuer à m'interroger, car Elodie interrompit mes rêveries en se levant d'un bon.
« Eric me dit qu'il est temps.
— Mais le départ n'était prévu que dans deux heures !
— Et bien, comme tu vois, ils ont avancé l'horaire. Heureusement qu'Eric est là pour nous aider, » dit-elle avec un soupçon d'inquiétude dans la voix.
Nous prîmes nos sacs à dos. Nous nous étions habillées avec des vêtements confortables pour le voyage et nous partîmes en direction du Rockefeller Center. Eric nous avait conseillé de nous téléporter quelques rues plus loin afin d'éviter d'être repérées. Mais pourquoi donc le Rockefeller Center ? Je m'étais posé la même question quelques jours auparavant :
« Dis-moi Eric, je peux te poser une question ?
— Oui bien sûr.
— Je vous ai entendus discuter avec Elodie tout à l'heure, et j'ai cru comprendre que nous partirions du sommet du Rockefeller Center, pourquoi ?
— Et bien parce que c'est un endroit haut placé, et la connexion avec les autres dimensions y est plus forte. Par contre ne me demande pas pourquoi, je n'en sais strictement rien, » me dit-il avec un sourire bienveillant avant de me dire de retourner m'entraîner.
Nous étions arrivées devant la célèbre bâtisse. Sans nous poser davantage de questions, nous entrâmes dans le bâtiment en nous dirigeant directement vers les escaliers afin de pouvoir accéder au sommet sans nous faire remarquer. L'ascension fut très, très longue ; en plus, le poids du sac sur notre dos ne nous facilitait pas la tâche. Après quelques minutes, nous y accédions enfin. C'est alors que nous les vîmes : le spectacle était assez saisissant !
En face de nous se trouvait un groupe d'une quinzaine de personnes. Celles-ci formaient un cercle en se tenant par la main. Un grand silence régnait, mais je finis par entendre une voix qui murmurait des paroles que je ne distinguais pas. Je cherchais la source de cette voix quand je reconnus Richard. C'était lui qui murmurait ; il paraissait très concentré, mais je ne pus le regarder plus longtemps, car d'un coup toutes les personnes formant le cercle se mirent à crier « ELIAR » et elles disparurent !
Elodie me tira alors par le bras :
« Vite, nous avons peu de temps, le passage se fermera dans quelques minutes !
— D'accord ! Mais qu'est-ce que je dois faire ?
— Regarde-moi attentivement, et refais tous mes mouvements. Quand je te dirai GO, tu diras "ELIAR", as-tu compris ?
— Oui Elodie, j'ai compris. »
Et elle commença une succession de plusieurs mouvements que je reproduisais précisément.
« Rachel, GO !
— ELIAR !!!!! »
Et nous partîmes dans une autre dimension.