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Essais

Entrevue d'une âme perdue 2 (au delà de mes rêves)

D'un rêve brisé à la chute dans les affaires illégales : un témoignage autobiographique sans concession sur la dérive et la reconstruction.

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Franchement, de toi à moi, lecteur, as-tu déjà réalisé un de tes rêves ? As-tu déjà été une autre personne, en agissant de toutes les manières qui ne sont pas les tiennes ? Cette question peut rester sans réponse, qu'importe. Mais un jour, il sera peut-être trop tard. Et ce jour-là, tu craindras la mort à chaque seconde qui passe, en manque de temps pour réaliser des rêves enfuis...

Moi, oui, j'en ai réalisé ! Bon, c'est vrai que j'ai employé des manières plus qu'illégitimes pour y aboutir, mais je ne me plains pas. Vivre des choses que l'on aime, rien ne peut apporter plus de bonheur. Seulement, nos rêves les plus beaux peuvent aussi devenir nos pires cauchemars...

J'ai réussi à vivre dans mon rêve en y incluant toutes les choses nécessaires pour y aboutir. J'ai réussi à vivre dans une cruauté la plus extrême, un monde noir et incompréhensible. J'ai réussi à me faire haïr par chaque personne vivant près de moi. J'ai réussi aujourd'hui à me perdre entre deux mondes : le vôtre et le mien.

Être un autre homme, agir autrement, vivre d'une manière nouvelle, vivre mieux, sans s'occuper du pourquoi.

Quand les rêves deviennent cauchemar

Mon rêve, au départ, était une avalanche de mécontentement. Tout ce que je voulais partait du mieux pour finir dans le pire. J'ai commencé à créer mon rêve à une date particulière pour moi (voir le texte du 06/02/04).

À cette époque, j'étais très peu aimé des jeunes de mon école. Ils me trouvaient trop « commandant » ou « petit chef ». J'étais pour eux un fou dangereux, pour mes idées et mes gestes envers tout le monde. C'est vrai que je n'étais pas commode, plutôt méchant, pour me protéger des autres, car au fond de moi, j'étais timide et froussard.

Mais cette partie de moi ne me convenait pas : je préférais me faire craindre que de me faire aimer. Je préférais aussi les jeunes plus vieux que moi et surtout qu'ils deviennent, sans le savoir, ma porte d'entrée vers un monde plus adulte. Être jeune pour moi était une honte. Les « qu'est-ce que t'as p'tit nain » me mettaient dans une rage incontrôlable. Et de ce fait, cette rage m'a fait connaître mes premiers contacts avec la police, pour coups et blessures sur un jeune de 18 ans, qui venait de sortir de l'hôpital pour ses dents, et quelques autres coups sur la tête que j'avais réussi à lui mettre.

Ce fut aussi ma première jouissance devant un flic que je venais de rouler dans la farine : « Mais non, messieurs, il a voulu me prendre mon argent et je ne me suis pas laissé faire. Vous auriez fait quoi à ma place devant ce jeune plus grand que moi ? Si vous savez que vous pouviez vous défendre, ne me dites pas que vous vous seriez laissés faire ! » Bon, le flic m'a cru, mais juste pendant un temps. Six mois après cette histoire, j'étais de retour devant lui, pour détention de drogue, port d'arme, et c'était déjà pas mal.

C'est vrai que ça a été dur de lui prouver tout ce que je lui avais dit. Mais au bout du compte, mon pote, qui s'était fait serrer en même temps que moi, lui avait lâché toute l'histoire, même en m'en rajoutant un peu sur le dos. Sur le coup, j'ai compris : je venais de lui piquer sa nana, et c'était devenu plus une question de vengeance entre nous.

Mais dans l'histoire, il a été perdant, car lui aussi il s'en est pris plein la figure. Je venais de payer tous nos délits, en sachant pertinemment que si ce coup-là, je l'avais fait seul, je ne serais pas là aujourd'hui. Nous nous sommes fait arrêter en flagrant délit de vol de voiture dans un parking de la gare de Meaux. Manque de chance, car c'était notre dernière voiture de la quinzaine.

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Deux ans plus tard : entre dérive et solitude

Deux ans plus tard, je connaissais les débuts des provocations, des conflits avec la famille et la loi. Les amis ? Je n'en ai pas. Solitaire, c'était pour moi un plaisir et aussi un problème pour les sorties en tout genre, mais ce problème avait une solution. Comme tout, alors j'ai commencé à sortir dans des pubs, des discothèques et des bars à soulards, où je trouvais des personnes, seules ou accompagnées, juste le temps d'une soirée, d'une nuit, le temps des claques aussi. Car les filles, faut pas croire, mais elles sont pas toutes bêtes, et quand elles s'aperçoivent des conneries que tu leur racontes pour toucher à un seul but, elles deviennent très fortes pour les coups.

Enfin bon, je devenais vite flambeur, à claquer tout le fric que je récupérais dans la semaine, avec les magouilles et les vols qui m'enrichissaient à vue d'œil. Les jeux aussi sont devenus des plaisirs : grattage, loto, rapido, poker, casino, tous les jeux de paris en général. Car même avec toutes les conneries que je faisais, la chance était aussi avec moi. Les jeux de hasard étaient une de mes sources de revenus. Parmi les autres, y avait des jours avec et des jours sans, mais quand je touchais gros, ça ne rigolait pas. La plus belle somme que j'ai pu me faire tournait autour de deux cent mille francs, qui sont partis aussi vite qu'ils ne sont arrivés. Car l'argent fait penser plus grand, et réellement on devient accro quand on touche à des grosses liasses de billets, en sachant que ça vous appartient, bien sûr !

Pendant deux années, j'ai fait de ma vie un plaisir intense, mais à vivre seul. Car à deux, il y en a un qui craque toujours au moment le plus crucial. Les filles bien sûr étaient toujours présentes, mais à court terme, pour cause d'incompréhension entre nous. Je suis trop solitaire de toute façon, et étant plein de fric, elles ne m'aimaient virtuellement que pour ça.

Face à la justice

Avec la justice, je suis en pleine discussion. Je viens de prendre 8 mois avec sursis pour vol à main armée et revente de produits illicites dans l'enceinte d'une cité proche de Paris. Et vu mes antécédents, le procureur a fait appel, car il trouve ma peine trop faible pour le nombre de fois où ils m'ont vu. Mais bon, depuis le début, je n'ai pas connu les vraies punitions. Car je sais pas, une chance, pourtant pas méritée. J'suis d'accord.

Il y a 4 ans, oula, j'étais encore quelqu'un à ce moment-là. Je devais avoir plus de 5000 euros de revenu par semaine, entre les ventes de produits, les vols, le travail en restauration et quelques autres trucs, mais ça c'est secret. Je travaillais car j'adore ça. Devoir travailler était juste un plaisir, et puis la restauration faisait partie de mon rêve, un rêve qui permet aussi d'avoir d'autres relations. Car étant serveur ou adjoint par la suite, je sortais de plus en plus. Pendant quelques semaines, je devais sortir tous les soirs, et le manque de sommeil était remplacé par des vitamines trouvées dans des produits aussi illicites.

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Le soir où j'ai tout perdu

Et puis un soir, je sais pas. Ce soir-là, j'ai tout perdu : ma dignité, mon argent, ma vie, mon rêve.

Une fille est venue me voir dans un pub parisien. Je l'avais déjà aperçue plusieurs fois, mais rien de suspect. Cette fille m'a annoncé la fin de tout. Elle m'annonçait un plan si parfait que je me suis laissé entraîner aussi rapidement qu'un coup mortel en plein cœur.

Le plan ? Simple et aussi compliqué par sa perfection. Un plan à quand même 750 000 euros, qui de nos jours permet de vivre quand même pas mal d'années sans trop de problèmes.

On devait faire passer un certain nombre de kilos de cannabis par la frontière Espagne-France. Le plan était simple : nous avions toute la marchandise dans une voiture simple. Pour passer la frontière, une voiture devait nous précéder pour les contrôles de papier et autres, avec des jeunes accros au LSD que l'on connaissait, qui devaient tout faire pour se faire remarquer et poser des problèmes aux policiers et aux douaniers, suffisamment pour que nous passions facilement, pour cause de grabuge avec les deux jeunes, et surtout pour notre aspect sérieux de deux jeunes et leur père. Car il y avait dans ma voiture deux mecs, un de 45 ans environ, et l'autre de mon âge. À vrai dire, ce plan devait marcher, car ils devaient faire ce coup chaque mois pour réapprovisionner quelques régions.

Et pour ce faire, tout s'est passé comme prévu, à un seul détail près. Moi, comment dire... je me suis fait rouler.

Arrivé en Espagne, ils m'ont fait monter dans une autre voiture, qui a passé la frontière, mais en direction de Marseille, où j'ai rencontré un homme, « Mia ». Je n'ai pas compris pourquoi au départ, mais cette question est restée sans réponse que quelques minutes. Il me reprochait de faire trop de bénéfices sur son dos, et surtout sans lui allonger ce que je devais. Car d'après lui, sur Paris, je lui avais subtilisé quelques gros clients. Il n'a pas apprécié.

Je n'ai pas eu une deuxième chance. La seule qu'il m'a proposée était d'en finir avec mes business, ou je finissais... mal.

Chute et reconstruction

Donc deux mois après, je me suis retrouvé sur la paille. Car le fric gagné partait toujours en quelques semaines, et je n'avais jamais de réserves pour tous problèmes que ce soit.

Acheter 1 kilo pour le vendre le prix de deux, c'était fini. Les vols aussi, car de toutes façons, plus rien ne suivait. Je me suis retrouvé seul d'une vitesse excessive qui m'a plongé dans une misère sans nom.

Les dettes qui m'étaient inconnues à ce jour me retombaient dessus, et le peu de personnes de connaissance me fuyaient de peur. Avec le Mia sur le sujet, ils ne voulaient pas risquer leur peau pour moi. Ils avaient raison, je n'en valais pas le coup.

Pendant 1 an, j'ai dû vivre pour les dettes, rembourser le moindre centime, pour recommencer à zéro. Ce fut dur, mais réalisable.

Aujourd'hui, c'est fini. Je refais ma vie. Bon, je ne suis pas parfait. Je suis un ancien mécréant qui veut juste se racheter une vie, même si un espoir n'atteint pas mon cœur.

Je suis aujourd'hui les mains dans les poches, et rien dedans. Je suis fauché. Mon rêve est terminé, et je vis un cauchemar. Pas de vie, pas de mort, pas d'envie, et surtout le noir devant mes yeux déjà sombres de haine contre ce flot de problèmes indéfinissables.

J'essaye de changer, à mon rythme, mais j'essaye. Je touche plus aux drogues, et je suis plus que gentil avec les autres. Le travail attend pour frapper à ma porte, mais ce jour viendra, j'espère. Car je ne suis pas si méchant. La vie mérite d'être vécue, mais la mort devient vite la deuxième marche à franchir...

Voilà, j'ai fini. Bon, je sais, ce n'est pas encore ça. Mais bon, les fautes d'orthographe sont les pires choses que je peux connaître. J'adore écrire, mais les fautes me font de l'ombre au texte, désolé. Et à bientôt, peut-être.

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morrison77
Julien Morrison @morrison77
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