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Essais

Elven et ses fils

Elven, riche propriétaire fainéant, teste ses trois fils pour léguer sa fortune au plus paresseux. Un conte breton humoristique.

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Elven est un propriétaire fortuné de la région de Vannes. Il possède des terres, du bétail, des moulins et plusieurs autres affaires dont l’énumération serait inutile et fastidieuse.

Il est aussi l’homme le plus fainéant que la terre ait jamais porté. La seule chose capable de le faire bouger de l’endroit où il est posé, c’est l’argent.

L’argent ! Haaa, son bruit, son odeur, ou même sa simple évocation peut lui faire faire les cent mètres en quinze secondes. Mais ne lui demandez pas de déplacer un objet, ou même son corps, si aucun argent n’entre en jeu ! C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Madame est partie.

Elven vit avec ses trois fils : Erwann, Nominoë et Gaël. Ce sont désormais des hommes faits.

À la tombée de sa vie, ayant entendu les sons de cloches et la charrette de l’Ankou, le faucheux, lui annoncer sa mort prochaine, Elven prend une décision.

Le dilemme de la succession

Il ne lèguera sa fortune qu’à un seul de ses fils. Il ne veut pas que les trois vivent de leurs rentes. D’ailleurs, si cela ne tenait qu’à lui, il ne donnerait sa fortune à aucun des trois, mais quoi ? En faire cadeau à la ville ? Ça va pas, non ?

Elven a donc une idée : il donnera son argent à celui de ses fils qui se montrera aussi fainéant que lui.

L’épreuve des trois frères

Ce soir-là, il est couché à l’étage dans sa chambre pour se reposer. Ses trois fils sont en bas, près de la cheminée. Ils boivent un peu et jouent beaucoup au « cul de chouette », un jeu dont les règles sont tellement compliquées qu’il faudrait une soirée entière pour les expliquer.

— Erwann !

— Oui, père ?

— Monte !

— Oui, père !

Le fils entre dans la chambre et, respectueux et silencieux, s’assied sur la chaise près du lit.

— Erwann, je peux te poser une question ?

— Oui, père.

— Si tu étais dans la lande, en pleine nuit, en hiver, perdu. Si tu étais ivre de fatigue et de faim, et que là-bas, à quelques mètres de toi, tu apercevais une chaumière éclairée. Et si, de la cheminée de cette chaumière, émanait une odeur de poulet et de pommes de terre… Parcourerais-tu les quelques mètres qui te séparent de cette chaumière ?

— Bah non, père, la flemme…

— C’est bien mon fils, redescends.

— Nominoë !

— Oui, père ?

— Monte !

— Oui, père !

Le fils entre dans la chambre et, respectueux et silencieux, s’assied sur la chaise près du lit.

— Nominoë, je peux te poser une question ?

— Oui, père.

— Si tu étais tranquillement en train de te promener et qu’un ange divin t’apparaissait. Et si cet ange divin te disait que là, juste sous tes pieds, il y a un trésor ! Des pierres précieuses, des bijoux, de l’or en pagaille… Creuserais-tu la terre à la recherche de ce trésor ?

— Bah non, père, la flemme…

— C’est bien mon fils.

Il va être difficile de les départager, pense Elven. Je ne me doutais pas qu’ils soient tous aussi fainéants !

— Gaël !

— Oui, père ?

— Monte !

— Bah nan, père, la flemme !

Le verdict final

Gaël hérita donc de la fortune fraternelle.

Personne ne sait ce que sont devenus les deux autres…

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elodelu
elodelu @elodelu
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