
Je me baladais tranquillement dans ce grand parc à cinq minutes de chez moi. Je connais chaque centimètre carré, chaque arbre, les moindres détails de cet espace qui était mon « paradis ».
Mais je ne l'avais jamais vu, lui. Il était grand, il avait l'air puissant, mais différent. Vous savez, comme si je le connaissais sans arriver à me rappeler d'où. Je le regarde de haut en bas, dans les moindres détails. Je l'étudie, le dévisage, j'observe ses traits, mon cœur s'emballe. D'où vient-il ? Il a l'air déjà adulte, mûr, mais plein de vie, explosant de luminosité et de santé.
Je m'approche peu à peu. Je frissonne, il est imposant. Il semble avoir du caractère, tout en restant timide. J'ai l'impression de sentir une certaine bienveillance à mon égard, comme s'il me protégeait déjà.
Il m'a vue ! Je détourne le regard : « Qu'est-ce que je fais ? » À l'aide d'un petit mouvement de tête, j'arrive à faire glisser une mèche de cheveux devant mes yeux et tente de diriger mon regard vers lui. Je l'aperçois, il me regarde encore, maintenant c'est lui qui m'étudie. Il ne regarde pas mon visage, mais le tee-shirt que je porte : pourquoi j'ai mis ce tee-shirt, ce foutu tee-shirt rose, rose et encore rose.
Il ne s'attarde pas non plus sur mon jean, mais jette un coup d'œil furtif sur mes chaussures. Il détourne la tête et, d'un geste des plus séduisants, prend son menton dans sa main droite et me regarde avec un sourire ravageur.
Le voilà qui s'approche de moi. Je ne bouge pas, je suis pétrifiée. Qu'est-ce que je vais lui dire…
« Excusez-moi de vous déranger, mademoiselle, mais je voulais juste vous signaler que vous avez le pied enfoncé dans une crotte de chien. Voilà, bonne journée ! »