Image 1
Essais

Edouard

Portrait poétique et bouleversant d'Edouard, un être énigmatique qui cache sa souffrance derrière une carapace d'ironie. Un texte sur la solitude et la complexité de l'âme humaine.

As-tu aimé cet article ?

Image 1

Edouard est jeune, et en même temps, il n'a pas vraiment d'âge... Il aurait voulu faire de la vie un conte de fées, et c'est la vie qui n'a fait de lui qu'un conte. Aujourd'hui, il est heureux, grâce aux mots, grâce, parfois, à la douleur, aujourd'hui il vit. Edouard est une muse, qui joue avec les mots...

Image 2

Edouard, en quête de paix intérieure

Edouard est en paix avec lui-même. Où sont les autres ? Edouard ne peut les voir. Ils viennent chasser de son esprit les seules choses qu'il a pu installer. Edouard ne supporte que trop mal ces intrus qui ne peuvent passer chez lui sans toucher à tout.

Edouard est seul finalement, Edouard est seul. Car même si Edouard a des amis, il ne peut décemment les laisser entrer, ils se mettraient à tout déranger.

Le paradoxal besoin de contrôle

Finalement, Edouard est un maniaque. La poussière qui se pose sur ses meubles l'insupporte presque tout autant que les gens. Edouard s'agite, s'agite, il ne sait pas quoi faire. De toute façon, s'il se met à faire le ménage, tout sera dérangé, et puis il faudra tout refaire, parce que la poussière, ça revient toujours.

Edouard est donc dans une impasse, il veut partir. Mais Edouard sait que dans son prochain appartement ce sera la même chose. Il veut vivre dehors, dans la rue, dans une forêt, dans un pré, Edouard veut vagabonder.

Mais comment Edouard pourrait-il trouver un équilibre s'il ne cesse de bouger sans jamais s'installer ? En fait, Edouard sera éphémère et s'évanouira à chaque personne qu'il rencontrera.

Entre fascination et distance

Edouard est riche, Edouard est un serpent, il attire, parfois même fascine, mais Edouard n'est pas égoïste, il ne garde pas ce qu'il trouve. Edouard regarde, il observe, il ne s'implique pas car s'impliquer pour lui, c'est se tromper. Parfois, trop spontanément, il le fait.

À ces moments-là, il s'en veut. À ces moments-là, Edouard se sent pauvre, démuni, seul ; seul face à tous, tous ceux qui n'aiment pas chercher à comprendre ; ou alors seul face à la raison. Rien de plus humiliant. Edouard ne se sent jamais si mal que lorsqu'il a honte.

Edouard se veut être un trésor gardé par une forteresse, celle-ci est en ruine et ce qu'il est a été pillé.

La peur de l'autre et l'abandon impossible

Edouard a peur des autres, de tous les autres. Il a trouvé de la bonté en certains, entre leurs bras parfois il s'abandonne, mais jamais complètement. Il ne veut pas se laisser porter, ce serait vraiment méchant envers les êtres qu'il aime.

Edouard aime les gens faibles surtout, parce que les gens faibles viennent toujours vers lui, et ils pleurent. Edouard, lui, ne sait plus pleurer. Alors il les écoute en silence, il ne ressent aucune peine pour eux, il ne sait plus ce que c'est. Un jour il n'a plus voulu, et aujourd'hui, il a oublié.

L'oubli comme mécanisme de survie

Oublié sa peine, ne gardant que la nostalgie de ces tristes moments passés, car Edouard a pleuré, il y a longtemps de cela. Oui, sur ce point Edouard est fort, si fort qu'il en devient plus fort que lui-même. Edouard est dominé par son inconscient, le reste n'a pas de nom. Un jour Edouard a trop souffert de pleurer alors il a oublié, oublié tout ce qu'il a pu oublier. Il a oublié l'amertume de ces larmes, en contrepartie Edouard s'est oublié.

Et la nostalgie d'un présent qui ne se vit pas est plus dure que des chagrins passés. Mais Edouard est fier, il ne peut plus pleurer, il ne se plaindra pas.

La beauté dans la mélancolie

Edouard est beau quand il est triste, parce qu'il a le plus beau des sourires : celui de l'ironie. Edouard se souvient comment il ravalait ses larmes, il se souvient quand ses mèches arrivaient à cacher ces fontaines au creux de ses yeux.

Il se souvient aussi qu'il a oublié. Qu'il a oublié ses parents, et des fois ça lui manque. Car malgré sa froideur feinte, Edouard fond.

Le vertige de l'existence

Aujourd'hui, Edouard m'a tout dit. Il ne veut plus être ce mur contre lequel tous les deux se cognent. Il ne veut plus être cette porte à travers laquelle tous ces incapables passent. Edouard est ce qu'il est, et même s'il s'est oublié, il est.

Plus que tout, il doute. Il doute à un tel point de son existence, qu'on ne peut trouver être plus lunatique. Quand il croit être, il se permet de vivre, en se le permettant il tue son doute, il se tue. Edouard est un serpent qui se mord la queue, et qui finit toujours par se manger, puis même par se digérer.

La solitude et la souffrance invisible

Edouard, en fait, est terrorisé, il ne sait même pas s'il a besoin d'aide, il ne sait pas comment il pourrait être aidé, puisque les autres le détruisent...

Edouard est un puits sans fond, rempli d'eau, de vase, d'êtres vivants, d'objets ; Edouard l'a toujours dit, d'aspect il n'est qu'une source, de plus près, il est dégueulasse, et vu de l'intérieur, c'est un puits à merveilles. Un trésor ; non pas qu'il soit beau, ou intéressant, mais il a toujours quelque chose à donner, toujours de quoi combler les personnes vides. Edouard le sait, le monde est vide, il est trop plein.

Inépuisable sa ressource l'est ; pas lui.

Le dialogue intérieur

Tu veux pleurer, Edouard ? Mais tu as tout, tout, Edouard. Est-ce que le monde le sait ? Des fois trop, des fois pas assez, le monde hésite et te fait hésiter. Encore une fois tu es sur le fil de l'incertitude. Tu crois que le monde te voit tout de noir ou de blanc, mais c'est faux. Edouard, pour eux tu es comme les autres, sauf que tu es plein. Les couleurs, ils s'en foutent.

Tu sais bien que tout le monde ne fait que se raconter. Personne ne s'écoute, tout le monde s'entend, pour mieux se raconter. De toute façon, d'une façon ou d'une autre, pour toi, si l'on ne se mord pas la queue soi-même, on mange celle des autres.

Le poids du monde

Et toi tu es tout sauf égoïste, tu es juste égocentrique. T'appropries le mouvement du monde au tien. Tourne, tourne sans jamais t'arrêter, sans jamais te reposer. Tu es fatigué, tes cernes te trahissent. Il te semble porter le monde sur les épaules, mais il tourne. Tout seul.

Repose-toi, repose-toi. Quand vas-tu enfin le faire ? Comment l'assumes-tu ? En te tordant de douleur sur le sol ? À cause de tous ces maux que tu imagines fictifs. Le sont-ils ? Ça, personne ne le sait, pas même le médecin qui t'a envoyé faire cette thérapie. Tu as mal, Edouard, mal.

Tu es faible, ne crois pas que tu sois intouchable, aux deux sens du terme. Si faible que si tu te l'avouais tu en deviendrais banal. Tu es seul, faible et banal.

Ta seule force, c'est moi ; nous sommes deux. Mais moi... ? Pourquoi j'accepterais ton poids ? Tu n'arrives même pas à écrire tout seul.

Du roi, tu passes au clochard, tu as froid ; sans tes parures d'hermine tu as froid et tu te rends compte de ta maigreur.

C'est Edouard qui est seul.

As-tu aimé cet article ?
lunatiquement_cerise
Et un point Dans ta gueule. @lunatiquement_cerise
6 articles 0 abonnés

Commentaires (9)

Connexion pour laisser un commentaire.

Chargement des commentaires...

Articles similaires