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Essais

Dissection humaine, ça vous dit ?

Étudiante en 2ème année de médecine, je raconte ma première dissection humaine : entre choc visuel, odeurs indescriptibles et réflexion sur le don du corps à la science.

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Ce n'est pas la description d'un film d'horreur ou d'un de mes cauchemars. Je suis en 2ème année de médecine et cette année, j'ai assisté à ma première dissection. Bien sûr, comme beaucoup d'entre vous, j'ai déjà disséqué au collège ou au lycée des grenouilles ou des langoustines. Mais là, je vous parle d'êtres humains, comme vous et moi ! Je vais essayer d'être la plus objective possible, mais comme vous vous en doutez, cela touche vite la sensibilité, propre à chacun.

Premier jour en salle de dissection : l'attente

Le jour de la dissection, je me suis donc rendue dans ce long couloir de la fac. L'ambiance était déjà très « lourde » : il y avait de l'orage ce jour-là, comme par hasard, et il faisait donc très sombre. Pour compléter ce tableau, une odeur indescriptible régnait dans les lieux : mélange de formol, de sang séché et je ne sais quoi d'autre. Nous étions là, une quinzaine d'étudiants habillés de nos blouses jetables et de nos masques (heureusement qu'ils étaient là !), à attendre l'ouverture des portes d'où provenait l'odeur.

Face aux corps : le choc de la réalité

Un des assistants anatomistes vint nous faire quelques recommandations de sécurité. Cet homme me donna vraiment la chair de poule : petit, des yeux globuleux, des mains toutes tordues, des blagues pas drôles... Il ressemblait vraiment à un mort-vivant. J'arrête là car ce n'est que mon jugement. Ce « croque-mort » nous a alors ouvert les portes et là... Mon Dieu ! Je me suis soudain sentie très mal. Dans cette salle, sur trois tables, gisaient trois corps. Têtes cachées, on pouvait distinguer deux hommes et une femme. Ceux-ci étaient attachés en croix sur les tables (car on se rigidifie après la mort). Leurs corps étaient gris-verts, avec des hématomes et des ulcères, une peau toute fripée et des doigts rigides. Je m'arrête là, mais je vous laisse imaginer la suite. La seule chose que vous ne pouvez pas imaginer, c'est l'odeur ! C'est impossible à décrire. Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'elle reste gravée dans votre mémoire.

L'acte de disséquer : faire abstraction pour apprendre

La suite, c'est une dissection classique avec scalpel, pince, ciseau... et avec toutes les structures anatomiques : muscles, tendons, artères, veines, os... Lors de la dissection, comme on ne s'« occupe » que d'une partie (bras, jambe, main...), on réussit à faire abstraction du corps dans son entier. Cela s'est déroulé sans trop de mal.

Une découverte macabre en fin de journée

Une fois mon travail terminé, j'étais heureuse de pouvoir partir et encore plus quand j'ai pu prendre une bonne bouffée d'air frais dehors. Mais malheureusement, je me suis vite rendu compte que j'avais oublié ma veste dans ce fameux couloir ! Je suis donc remontée et là... Ah ! Mon Dieu (deux fois pour la journée, ça fait beaucoup !). En passant devant la salle, comme j'avais entendu un drôle de bruit, j'ai glissé ma tête par la porte. J'ai vu l'assistant accompagné d'un professeur qui venaient de découper la tête d'un des cadavres ! « C'est pour les étudiants d'odontologie ! » m'ont-ils dit. Et là, je crois que c'était vraiment le moment où j'ai eu envie de fuir le plus rapidement possible !

Réflexion sur le don du corps à la science

Après toutes ces émotions, j'ai réfléchi aux dons de ces personnes. Je remercie beaucoup ces gens pour qui j'ai imaginé une histoire, une famille, des amis... Quand j'ai touché leurs mains, je me suis demandé ce qu'elles avaient touché. Ces personnes nous ont confié leur corps pour que la médecine puisse avancer, que les médecins soient plus performants. Je suis extrêmement reconnaissante envers ces gens et je les remercie. Je pense que tous les étudiants en médecine devraient être extrêmement respectueux envers ces corps qui ont été des individus comme vous et moi.

Pour finir, je me demande si, de son vivant, une personne qui fait don de son corps à la science sait s'il sera destiné aux dons d'organes ou à la dissection. Je tenterai de répondre à cela dans un prochain article.

Conclusion : une expérience inoubliable

Voilà ma plus grande découverte de 2ème année ! Peut-être aurais-je inspiré certains à faire médecine ? J'espère que oui car, malgré la première année, ce sont des études vraiment passionnantes.

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ptiteyasmine
ptiteyasmine @ptiteyasmine
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