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Essais

Compte à rendre

Un témoignage poignant sur un père alcoolique qui a brisé ses promesses. Entre honte, déception et prise de conscience, je raconte comment j'ai fini par accepter que certains pères ne changeront jamais.

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Mes parents sont divorcés comme pas mal de gens. Peut-être est-ce une mode, ou simplement que les gens deviennent trop insupportables pour se supporter mutuellement, mais ce n'est pas le sujet de mon article.

Cet article parle de mon père. Est-ce que je peux encore le considérer comme mon père ? Un père, c'est un homme qui nous met au monde et qui nous éduque. Lui, il a simplement mis ma mère enceinte : deux fois puisque j'ai un petit frère. J'ai quand même vécu quelques années près de lui, mais je n'en ai aucun souvenir. J'ai plus de souvenirs des animaux de cette maison que de lui. Était-il présent ? Je n'en sais rien. Peut-être vaut-il mieux ne pas savoir ; de cette manière, l'espoir reste présent.

Quel espoir ? Simplement l'espoir d'avoir un père qui m'aime. Mais il aimait plus les bouteilles d'alcool que NOUS ! En parlant de tout ça, j'ai l'impression de parler du père d'une autre personne. Sûrement parce que je prends conscience d'un coup.

Pourquoi j'ai honte de mon père

Après le divorce, je continuais à le voir. Un soir de Noël — je crois qu'il me restera toujours en mémoire — nous avons été chez lui. Ma mère devait venir nous chercher le soir, mais il a réussi à nous convaincre de rester la nuit. Le lendemain midi, il a appelé ma mère pour la prévenir et me l'a passée pour que je le lui dise moi-même. Ma mère pleurait au téléphone. Elle avait perdu toute confiance en lui, mais comment voulez-vous faire comprendre ça à des gamins de 5 et 3 ans ?

Ensuite, je n'ai plus voulu dormir chez lui pour ne pas faire pleurer ma mère, mais d'un autre côté, je n'osais pas le dire à mon père. Alors j'évitais de le voir.

Chaque fois que je le croisais, c'était la même chose :

« Vous allez bientôt venir dormir à la maison ? »

Mais c'était quand même mon père. Je ne pouvais pas refuser de le voir, et puis au fond j'en avais envie aussi.

Mais chaque fois c'était pareil : aucune carte d'anniversaire. Il appelait chez moi pour savoir quand on allait dormir chez lui. Une fois, il a appelé « bourré » chez ma grand-mère. Parfois même, il buvait devant nous. Alors forcément, on en vient à avoir HONTE de son propre père.

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Mon père alcoolique : ce qu'il reste de notre relation

Quand on le voyait, il pleurait, nous prenait dans ses bras, et j'avais horreur de ça. On ne le voyait pas souvent. Même parfois, quand il savait qu'on était chez notre grand-mère — il habite tout près de notre grand-mère maternelle — il ne venait pas nous voir. Il a dit lui-même : « Je peux pas, je suis en train de jouer au poker. » Alors forcément, il y a de quoi se demander s'il nous aime ou pas.

Aujourd'hui, il est à la rue, sans boulot, sans argent. Il dort parfois chez son frère ou son père. Bien sûr, je suis triste pour lui. À certains moments, je me suis même demandé si tout ça n'était pas à cause de nous. Mais maintenant, je ne me sens plus coupable. J'ai compris que si ma mère l'a quitté, c'est parce qu'il était alcoolique. Et j'ai compris aussi que quand il nous voit, il fait son cinéma, mais qu'en fait, il n'en a pas grand-chose à faire. Alors c'est fini, je ne le plains plus !

La dernière fois que j'ai vu mon père

Cela faisait un an que je ne l'avais pas vu. Je l'ai croisé, il m'a appelé. J'y suis allée, bien sûr. Il m'a fait la bise. On est montés chez son frère. Sur le seuil de la porte, il m'a prise dans ses bras et s'est mis à pleurer. Je ne savais plus quoi faire. Il m'a proposé de le rejoindre le lendemain à 18h pour manger ensemble. J'ai accepté, en me disant que peut-être avait-il changé.

Mais le lendemain à 18h, il n'y avait personne. J'ai attendu sous la flotte pendant 10 minutes et je suis partie.

Le surlendemain, ma grand-mère a rencontré mon grand-père. Elle lui a raconté, et il a répondu :

« Oui, je sais. Hier soir, on l'a retrouvé sur un banc. Il sentait l'alcool et nous a dit qu'il devait voir Alice, mais on n'a rien compris. »

Le lendemain, je l'ai vu passer devant chez ma grand-mère. Il ne s'est même pas arrêté pour s'excuser.

Je suis très déçue aujourd'hui. J'ai compris qu'il ne m'aimait pas et surtout qu'il ne changera jamais.

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fanditalie
fanditalie @fanditalie
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