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Essais

Comment le shit peut ruiner une vie

Suivez la descente aux enfers de Mitch, un ado de 17 ans dont la vie bascule à cause du cannabis.

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Mitch se leva un lundi matin ensoleillé. L'été n'était pas tout à fait fini, mais le lycée recommençait déjà. Comme à chaque début d'année, il était plein de bonnes résolutions et notamment celle de se donner à fond pour ses études... Du moins, c'est ce qu'il promit à ses parents avant de se mettre en route.

Très rapidement, Mitch s'intégra au sein d'un groupe de sa classe. Une fois qu'il eut trouvé ses marques, il jeta un œil sur les gens autour de lui. Il flasha sur une fille du nom de Rose. De magnifiques yeux verts, un visage angélique encadré par des cheveux roux en cascade. Et un corps de déesse... Il se jura de l'aborder un de ces quatre. Il n'était pas le seul à l'avoir remarquée... Certains la reluquaient avec insistance, et le type à côté d'elle était déjà en train de faire connaissance...

Envie de popularité et regard des autres

Et puis, au fond de la classe, trois types hyper populaires semblaient doués en tout, et il les trouvait assez bizarres. Surtout l'un d'entre eux, Nicolas. Il avait quelque chose d'agaçant : son petit scooter, son petit air moqueur... Et il fallait bien l'avouer, un look d'enfer. Sans le savoir, Mitch en était un peu jaloux.

Tout allait bien pour Mitch, qui démarra l'année décisive avec des notes excellentes, des potes et des relations familiales sans problèmes. Mais il n'était pas comblé.

Rose était diablement sexy, et chaque fois qu'il posait les yeux sur elle, il s'en mordait la lèvre inférieure. Un jour, il décida de tenter sa chance. Il alla lui parler à la sortie du lycée...

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— Rose, c'est juste que... Enfin, je... Je voulais juste savoir si... Enfin, si ça te dirait... De venir boire un verre avec moi... Mais je sais pas si t'as mieux à faire, on peut faire une autre fois...

Elle le regarda comme si elle ne l'avait jamais vu avant. On aurait dit qu'elle le passait aux rayons X. Son furtif coup d'œil de bas en haut suffisait à faire monter le rouge aux joues de Mitch, qui se sentait ridicule... Les lèvres pulpeuses qu'il rêvait d'embrasser formèrent le mot « désolé » et elle s'éloigna... VROOOMMMMM VROM VROMMMM !!

C'est alors qu'il leva les yeux et vit Nicolas sur son scooter qui faisait rugir son moteur. Elle monta derrière lui et, quand il démarra en wheeling, elle poussa un petit cri en s'accrochant fort à sa taille...

Une véritable douche froide. Mitch resta planté là à regarder s'éloigner la fille de ses rêves. Il se jura de ne pas abandonner, de devenir cool lui aussi... Comme Nicolas.

Première expérience avec le cannabis

Un jour, en sortant du lycée, il le vit posé derrière le bâtiment et il s'assit avec lui. C'était l'occasion ou jamais de savoir ce qui ne tournait pas rond chez ce type. Il avait l'air occupé : il se roulait un joint, et Mitch n'avait jamais trop approché ce genre de choses. Il ne savait que trop qu'on pouvait devenir accro sans le savoir.

Mais par curiosité, et non sans appréhension, il prit ce que lui tendit Nicolas, et il tira sa première taffe. Inconsciemment, il « signa » son contrat avec le diable. Pour ne pas paraître naze, il prit soin de bien avaler la fumée, mais malgré tous ses efforts pour se contenir, il toussa... Deuxième, troisième taffe. Sa tête se mit à tourner, elle devint lourde : il se sentit obligé de s'adosser au mur pour ne pas perdre l'équilibre. Son cœur battait plus vite que jamais, il sentait son pouls sans même toucher ses veines, sa vision se troublait par moments, ses yeux se gonflèrent... C'était donc ça, le shit.

Nicolas explosa de rire en voyant les yeux équarquillés, gonflés et ultra-rouges de Mitch, qui se mit à rire lui aussi.

L'escalade vers l'accoutumance

Le lendemain, lui et Nicolas se retrouvèrent au même endroit à la même heure. Il fuma et se rendit rapidement compte, au fil des mois, que son corps tolérait la présence du shit et donc qu'il lui fallait une dose de plus en plus importante pour être foncé. Ils devinrent potes, autant qu'on peut l'être avec quelqu'un comme Nicolas, qu'on ne connaît jamais vraiment...

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Cependant, une complicité était née. Une fois, ils se regardèrent et explosèrent de rire. Mitch ne put plus contrôler ce rire qui ne semblait pas venir de lui... Il fut secoué d'immenses vagues d'hilarité qui le plièrent en deux. Mais tout cela cessa d'un coup et, une fois qu'il eut repris sa respiration, il dit :

— Nicolas, je peux te poser une question ?
— Tu viens de le faire, dit-il avec son sourire inimitable. Vas-y.
— Euh... Je comprends pas pourquoi tu fumes tout seul. T'es... Accro ? Avança-t-il prudemment.

Nicolas ne répondit pas. Il sortit son MP3 et se mit à écouter du reggae. Genre : ne me saoule pas. Mitch comprit qu'il avait dû le blesser et se promit de ne plus aborder le sujet.

Le temps passa, et tous les jours ils partaient derrière le lycée pour fumer. Mais petit à petit, les vrais amis de Mitch l'abandonnèrent : ils le prenaient pour un drogué !! Ça, c'était la meilleure, ils ne savaient même pas ce que c'était et osaient le juger ! Toujours est-il que Mitch ne traînait plus avec eux, il alla s'installer au fond avec Nicolas et sa bande.

Au fur et à mesure, il se rendit compte qu'il dépendait trop de Nicolas, alors il décida de se mettre à acheter sa propre fumée. Ses premiers essais en matière de roulage furent plutôt catastrophiques, mais avec le temps, il s'améliora jusqu'à devenir un expert en la matière.

À partir de là, il fumait quasiment tout le temps, sans Nicolas, la plupart du temps tout seul. À chaque taffe, il se demandait pourquoi il fumait... Tout en continuant à fumer.

Chute scolaire et conflits familiaux

Il perdit petit à petit la forme, aussi bien morale que physique. Ses notes étaient en chute libre, ses profs ne reconnaissaient plus le petit Mitch. Il avait maigri, son visage s'était assombri et il ne pouvait plus courir 500 m sans être épuisé. Avec ses parents non plus, ce n'était pas la joie. Il était irritable comme jamais.

Le jour des résultats, au milieu d'un tourbillon d'élèves heureux, il ne lut pas son nom sur la liste. Seconde douche encore plus froide que la précédente. Le masque d'indifférence qui glaçait son visage ne laissa rien transcrire du désespoir qui l'habitait...

À la veille d'une rencontre entre ses parents et son professeur principal, sa mère lui demanda quel était le nom de son prof de philo. Il lui répondit sans trop d'enthousiasme, elle avait mal entendu. Il répéta, très agacé. Elle n'avait toujours pas compris le nom et lui demanda de répéter encore. À ce moment, il péta les plombs et shoota la corbeille à travers la cuisine. Les papiers et autres ordures se répandirent partout dans la pièce.

— J'en ai marre de vivre avec des vieux sourds qui comprennent rien !!! Hurla-t-il avant de claquer violemment la porte.

Sa mère resta ébahie et, au bout de quelques minutes, une fois que le choc fut digéré, elle explosa en sanglots, ce qui força son père à aller demander des explications à Mitch, qui s'était enfermé dans sa chambre.

Musique à fond, porte verrouillée, il n'entendit pas son père taper à la porte. Il se mit à rouler son joint sur le lit, rien à foutre si sa mère trouve du tabac dans les draps, au point où il en était...

Il savait qu'il était fautif, mais il ne se comprenait plus lui-même. Sa main tremblait et il dut s'y prendre à deux fois avant de réussir à rouler quoi que ce soit de fumable. Il tira, tira, tira sur son joint jusqu'à ce qu'il ait l'illusion d'être calmé.

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Il eut envie de vomir en se rappelant ce qu'il venait de faire. Répondant à ses instincts les plus bas, comme une bête, il s'agenouilla devant les toilettes et obéit. Il tira la chasse et se releva avec la tête qui tourne.

Il en avait marre de l'école, marre de vomir, marre de la vie !!! Il éteignit la chaîne hi-fi et se dirigea vers le balcon. Ses yeux étaient si gonflés qu'il n'arrivait plus à voir distinctement où il marchait. La barre de sécurité lui arrivait au genou. Il envisagea sérieusement de sauter, mais quand il vit la main de son père qui s'offrait à lui, il essaya de la saisir. Mais son équilibre lui fit défaut. Il trébucha, vit cette main, ce balcon, cette vie s'éloigner de lui pendant sa chute.

Dans le journal local du lendemain, un article ayant pour titre « Un jeune toxicomane de 17 ans se suicide » résume en dix lignes la vie de Mitch...

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H B @serial-glandeur
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