
Le 9 mai 2003, j'ai appris la disparition de mon oncle. J'ai bien dit la disparition et non le décès. Ce jour-là, il était au lac du Vouglans dans le Jura et il a décidé de plonger pour visiter le monastère englouti au fond du lac. Mais il a plongé seul et il est resté coincé au fond de ce lac. Les secours ne l'ont pas retrouvé et il a été porté disparu.
Le choc de l'annonce et les mots qui marquent
Quand ma mère a appris la mauvaise nouvelle, elle m'a dit une phrase qui m'a marquée : « Pourquoi je resterai encore sur cette terre alors que mon petit frère est mort ? » Sur le coup, j'ai eu vraiment mal quand elle m'a dit ça. Mais au fur et à mesure que le temps passe, ses mots ne me faisaient plus mal car je comprenais ce qu'elle ressentait. Moi-même j'avais envie d'en finir, je ne compte plus les automutilations et les tentatives de suicide que j'ai faites...
Le secret face à la famille
Ma famille ne sait rien de tout ça. S'ils le savaient, ils me diraient d'aller voir un psy parce que je suis folle ou de faire mon deuil. Mais comment faire son deuil alors que la personne a disparu ? Moi, j'ai toujours un espoir de le revoir un jour, de le serrer à nouveau dans mes bras, qu'il me taquine encore...
Comment faire son deuil sans corps ni adieu ?
Comment faire son deuil alors qu'apprendre la disparition d'un proche est si dur et provoque un grand choc ? Depuis ce 9 mai 2003, je me sens mal dans ma peau. Je me demande pourquoi vivre, pourquoi espérer, pourquoi il est parti sans moi, pourquoi continuer sans lui, pourquoi souffrir alors qu'un geste arrêterait toute cette souffrance...
Quand la force nous manque pour continuer
Certains d'entre vous me diront probablement que le suicide est un acte lâche et qu'il faut faire face aux épreuves douloureuses. Mais comment faire si l'on n'a plus la force de se battre ? Si l'on n'a plus la force d'essayer de faire son deuil ? Comment faire pour s'en sortir alors que chaque fête de famille est un calvaire car il nous manque et que l'on n'est pas heureux ?
La souffrance de ceux qui restent
Comment faire pour s'en sortir quand je vois à quel point ma famille souffre et surtout ma grand-mère ? Il suffit que quelqu'un prononce « Philippe » devant ma grand-mère et elle craque...
Voilà bientôt 1 an et 8 mois qu'il a disparu et je souffre tout autant qu'au début. Seulement, devant mes amis, je fais comme si tout allait bien et je souris, je rigole. Mais en moi, la souffrance ne cesse pas. Et quand je suis seule, je craque et je pleure. Je n'arrive toujours pas à extérioriser ma peine et je continue l'automutilation. Enfin, j'ai arrêté depuis peu, mais je souffre toujours autant...
Alors je vous demande : comment faire pour ne plus souffrir ? Comment faire pour s'en sortir ? Tout simplement, comment faire pour faire son deuil alors que le proche a disparu ?
Voilà ma souffrance...