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Essais

Comment continuer à vivre ?

Mon copain a été poignardé sous mes yeux. Je témoigne de cette soirée qui a tout changé, et partage mes questions sur la violence qui nous entoure et la culpabilité qui m'accable.

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Mon traumatisme après l'agression de mon copain

Il y a quelque temps, je vivais comme toutes les adolescentes, avec les joies et les mauvaises phases de cette période, les amours qui réussissent ou qui échouent.

Mais ma vie a basculé. Je voulais vous faire partager ce que je ressens en ce moment face à cette France remplie de violences.

Ce soir-là, tout a changé

Mes amis et moi étions chez moi, on regardait — plutôt les garçons regardaient — un match de foot à la télé, une rediffusion. Nous étions six (ce qui sous-entend trois garçons et trois filles). Mais mes amies et moi en avions marre, nous avons donc demandé à ces chers « hommes » si nous pouvions sortir. Ils ont dit oui (ils pouvaient, enfin devaient, regarder la cassette plus tard).

Nous sommes donc sortis pour aller voir un film au cinéma. Mais à l'angle d'une certaine rue (je n'ose même plus la nommer, ni la regarder), mes amis et moi sommes tombés sur un groupe de six à sept mecs. Au début, ils s'amusaient avec nous, ils nous « draguaient » (je mets des guillemets car même maintenant, je ne suis pas sûre que c'était vraiment de la drague). Nos copains se sont interposés et ont essayé de dire aux mecs que nous n'étions pas seules. Mais ces derniers ne l'entendaient pas de cette oreille et se sont rués sur mes amis, et surtout sur mon copain.

Et là, sans comprendre, je me retrouve avec Greg sur les bras, les mains ensanglantées. Mon amie Samantha se jette sur son portable et appelle les secours. Ils arrivent sur les lieux du « crime » et nous nous retrouvons tous à l'hôpital.

Lâcheté et violence : tout est allé si vite

Nous étions avec nos copains, on sourit, on rit aux éclats, on se fait aborder, une bagarre éclate, un couteau sort de je ne sais où, une personne tombe à terre, il y a du sang partout sur moi, des gens qui partent en courant, un gyrophare qui tourne, une odeur d'alcool, une personne dans un état critique.

Maintenant, je vous pose la question : comment être aussi lâche ? Ils poignardent un mec d'à peine 20 ans et ils ont le « courage » de partir en laissant ce même mec gisant par terre.

De nos jours, tout est prétexte pour se battre, violenter autrui.

On ne peut plus faire un pas sans rencontrer n'importe quelle forme de violence.

Les « et si... » qui hantent après un traumatisme

Il y a quelques jours encore, je regardais la télévision et je suis tombée sur une émission qui présentait le cas de la mort d'une jeune fille de 17 ans qui a été brûlée vive dans une cité voisine de la sienne. Il l'a brûlée parce qu'elle voulait le quitter.

Comment ne pas se poser des questions ?

Et si nous avions pris un autre chemin ?

Et si les mecs étaient sortis seuls sans nous ?

Et si nous étions restés chez moi ou chez un autre ?

Et si, et si, et si...

Depuis ce moment, tout ce que je me dis, c'est : ET SI...

Vivre avec la culpabilité après une agression

Je me prends la tête avec tout ça. Ma mère ne me comprend plus. Elle me dit que Greg va bien, mais ce qu'elle ne comprend pas, c'est que maintenant, je n'ose même plus sortir avec lui. J'ai honte.

Comment vivre avec un tel poids ? TOUT EST DE MA FAUTE !

Ma frustration face à la violence en France

En France, rien n'est fait pour arrêter la violence. On entend « M. Raffarin » ou je ne sais qui parler de plan contre la violence, mais rien n'est fait. Il y a des publicités partout pour recruter des « agents de la paix », oui mais rien n'est fait. Tout est soi-disant mis en œuvre pour stopper la violence, mais rien n'est fait. On — je demande du concret.

Que faire contre la violence, quand on ne peut plus affronter les gens ?

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nadou
nadou @nadou
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