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Essais

Cinéma

Un voyage onirique à travers les méandres de l'inconscient, entre eaux montantes, souvenirs d'amour perdu et images fragmentées. Une plongée poétique dans les souterrains du cinéma intérieur.

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Caro l'âne m'a mis maussade et défaillant, l'eau monte, et je ne peux qu'éviter qu'elle touche mes pieds. Caro l'âne m'appelle et veut que je la suive, il fait sombre et froid, primons la chaleur pour ces jours gris déprime. Je suis dans une voiture, et je prends la route entre l'Université et le lycée, elle est étroite. En haut d'une montagne je suis dans une maison pleine de douches, et il y a une poupée qui n'en est pas une, je respire.

Ils vont arriver par la grande fenêtre, et je ne veux pas leur prêter, je ne veux pas qu'elle soit abîmée. Tu n'es pas là, mais tu me dis de ne pas t'oublier, et je ne t'oublie pas, je ne t'abandonne pas, je suis là. Il y a des tracteurs rapides qui labourent avant que l'eau monte, mais l'eau monte déjà, des hommes examinent. Les cylindres rouges qui sortent de la terre, la tornade blanche qui s'acharne sur le ciel noir, elle n'en est pas une.

Les souterrains du cinéma ne conduisent nulle part, pas même à une salle ou à la sortie, ils conduisent au changement, au noir qui devient blanc, à la pluie qui devient l'océan.

L'eau touche mes pieds, je ne peux plus les bouger, il fait noir, froid, comme le vert foncé. Je ne suis pas guéri de toi, tu me l'as dit qu'il ne le fallait pas, mais une chose est sûre, c'est que je suis guéri de moi. La pluie traverse ma tête, tombe fort, il faut de la chaleur, pour que ça bouillonne, pour que ça s'évapore. Un feu de bois, un bisou, mais de toi ; il manque un élément, il manque ton géant.

Jours gris déprime, éveille la folie de moi humain, à chacun de mes matins au saut du lit, et me poursuivent jusqu'à la lune.

L'eau m'a englouti, dans les mots nocturnes de tes rêves décalés, oubliés, déchaînés par mon âme, qui chaque nuit vient t'embrasser.

Elle a pris ses affaires, comme ça, et elle s'en est allée, comme ça, sans poser de questions, sans juger ma décision. Je l'aimais beaucoup, mais pas assez pour continuer à embrasser ses lèvres, pas assez pour attendre avec elle que la vie s'achève. Elle s'attache à des gestes qui ne sont pas pour elle.

Mais c'est toujours ma faute, parce que je les aime toutes, mais il n'y en a qu'une qui fait partie de moi, j'ai découvert ma bêtise, mon supplice, mon destin, et mon chagrin, ma vie, et ma survie. Ta vie est ma survie.

Adieu Sophie, adieu douce femme, adieu au petit sucre de mes nuits, adieu, il suffit.

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Deuxième prise

Bonne Céline, sœur de ces bâtiments, avec ces arbres en cabanes, qui surplombent la décharge. La crêperie sera l'église d'une mort certaine, où je serai présent, et où tu ne seras pas là, plus là. Il est bien triste de savoir qu'à l'époque je croyais que c'était moi, alors que c'était évident. Elle me sourit, Céline, sans cicatrice, n'est-elle pas elle, ou seulement moi par son image, faussée. L'autre m'indiffère, mais me guide, je suis au volant, encore, et je ne sais où aller. Je lui ai rendu son élastique turquoise, et elle ne veut plus coucher avec moi, des œufs surprise dans mon lit.

Que font-ils ici ? Il y a une échelle, je l'ai montée ou je ne sais plus mais une grande baie vitrée laisse voir un précipice après l'herbe verte, verte foncée, des feux d'artifice qui ne sont pas là, des routes et des nœuds d'autoroute, des ponts et des immeubles, des lumières qui sont éteintes.

Il est loin le soleil, dans la pénombre de la chambre du mauvais sexe, je ne vois rien dans le coffre bleu, traumatisme, à vie ? Aucune envie. La lumière se voile, de plus en plus, la mer descend et m'emporte avec elle, je crie, mais rien ne sort, comme un rêve dans lequel on rêve. Je ne dois pas en sortir. Je marche dans cet entrepôt, des tuyaux, des morceaux de tôle, des contrôles temporels et des arrêts sur images, des contrôles de l'inconscient. Du sexe et encore du sexe, piscine et parcs d'attractions, lit, rue, et j'en passe, parce que j'en oublie. Le wagon du grand huit va vite et je ne suis pas dedans, j'ai oublié mon argent.

Je ne sais que faire de toutes ces images, pourquoi sont-elles et pourquoi me viennent-elles ?

Pourquoi je sais que tu ne veux pas que je nous oublie, pourquoi je sais qu'elle ne veut plus coucher avec moi ?

Pourquoi je sais que je serais bien là-bas, loin de tout ça, mais loin de moi, qui restera à jamais près de toi.

La crêperie est une église, mais ce n'est pas vrai, non il ne faut pas, la crêperie restera une crêperie.

Une piscine comme un centre commercial, où l'on cherche désespérément un casier, avec une clé et une pièce de 10 francs qu'on a sûrement oubliée mais qu'importe, de toutes façons j'ai encore pas trouvé le casier. Où sont mon maillot et mon bonnet de bain ; si j'arrive aux douches. Quelle angoisse, des toilettes, des couloirs sales et gris vert, vert foncé, déprime et froideur. Mais si j'arrive à la piscine, c'est enfin une balade fleurie, un toboggan de vie, et je ne sais toujours pas ce qui m'attend en bas, je ne suis jamais arrivé en bas, je crois même n'avoir jamais glissé sur ce toboggan. Dans cette piscine, je ne sais où je vais, parfois je me perds dans une foule qui est là mais qui n'existe pas, et souvent je me perds dans ce vaste endroit désert, sur ce vaste carrelage, froid, qui ne m'autorise jamais à dépasser les portes des vestiaires et des douches, pour me laisser entrer dans une piscine peut-être plus vaste et plus profonde que tous les océans.

Cette femme papillon m'a donné la gerbe, pâte à modeler, balcon, escalier, rideau, les cailloux ne m'ont jamais autant fait mal aux pieds.

Je ne sais pas où je vais.

Caro l'âne m'a tendu la main, et m'a donné l'envie de parler, de raconter. Je me permets le pire, car mon empire est l'interdit.

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Régal

Trois heures du matin je me réveille, les pieds dans l'eau glacée par la bêtise humaine, la forêt droit devant, les draps posés sur moi. Au sol le sang de dieu versé pour rafraîchir les hommes, les délivrer de toutes les souffrances qu'ils ont trouvées en quittant l'enfance. Un chemin de pierres jusqu'au sombre dessin de la muraille du destin. Bercé par le doux parfum du sommeil des arbres, séparant le conscient de l'inconscient, faisant partager le fruit d'un souvenir qui les transporte bien loin de tous les chagrins de la vie passée. Le cœur enfoui sous les racines de chaque arbre eux-mêmes plantés au cœur de celui-ci. Par la pensée, retrouvant leurs âmes, leur chair, bien plus haut que la plus haute tour de guerre, reflétant ainsi le pouvoir des hommes, comme par le feu que l'amour de leurs êtres s'est attisé durant l'éternité. Des fleurs, des armes, et des larmes, se mélangeant comme l'âme et le sang ; le froid est là, mais n'existe pas. Rage tout un tout. Consacre la vie pour sa mort. Plaie ouverte sur le destin. Les corbeaux ouverts les tripes à l'air, c'est la victoire à toutes nos raisons d'être, les os dansant en haut des arbres, là où le vent souffle fort, bien plus fort que le souffle des hommes envers leurs peurs durant leurs vies. Parce que le ciel s'est mis à chanter, parce que les ombres se sont mises à danser, que la glace a tout brûlé.

Laissant derrière moi les traces de mes pas, comme de mes rejets qui ne survivent pas la mort. Les yeux illuminés de sang pur, du sang de dieu et de toutes ses créations. Par-delà les plus hautes montagnes, les plus profonds gouffres, les plus longues vallées, par-delà les mers et les océans, par-delà la peur et le doute, par-delà la haine, la honte et la vengeance ; la foi. Retour sur mes pas, retour aux vices, aux paradis, quitter la sagesse ; voir les draps étendus sur mon corps, trois heures une, je m'endors.

Tout ça n'est qu'un enregistrement. Rien de plus.

La galerie marchande. En haut des silos. Le monde dans l'eau.

Grr ! Je la hais !

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iprime
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