
Une jeunesse gâtée par la société de consommation
Jeunes générations gâtées, consommatrices, prêtes à tout pour enrichir le pays ! C'est la société qui dicte ces normes implacables. Certains s'insurgent contre ce conformisme, contre ce modèle imposé de haut. Sachez, mes chers compatriotes, qu'il est devenu socialement déviant de ne pas respecter ces valeurs matérialistes.
Pourquoi je ne m'insurge pas
Moi, je dis non : je ne m'insurge pas contre une société qui m'aide, même si son intervention n'est pas toujours efficace ou justement ciblée. Je ne m'insurge pas contre un niveau de vie élevé, même si une personne sur dix vit en dessous du seuil de pauvreté avec les seuls minima sociaux. Je ne m'insurge pas contre un État interventionniste, car au fond, je profite de ce système. Je reste silencieuse, complice de mon confort.
Mon constat : une individualiste qui a honte
Je ne suis pas une exclue, je ne suis pas une marginalisée, et encore moins une délinquante. Je suis une Française d'origine ghanéenne qui semble avoir oublié le sens du mot solidarité, le partage, la compassion, l'amour des êtres humains et tant d'autres valeurs qui devraient être gravées dans mon cœur. Au quotidien, ma pensée ne vagabonde que vers le bénéfice, le paraître, les fringues et des problèmes sans importance. Je suis individualiste par excellence et, avouons-le, j'en ai honte !
Entre privilèges et culpabilité
Alors lorsque j'allume ma télévision, symbole par excellence d'une société de consommation, et qu'un SDF apparaît à mon écran pour confier son histoire, soudain je me rappelle la réalité. J'ai de la chance, j'ai été épargnée par les malheurs du monde. Moi, enfant d'Afrique noire, issue d'un peuple parmi ceux qui ont le plus souffert, je ne suis peut-être plus esclave, mais je suis devenue maître, voire marchand d'esclaves moderne en acceptant passivement cet ordre établi. Mais demain, j'aurai oublié : consommation, réussite, épanouissement personnel seront redevenus mes mots d'ordre. C'est la vie, mais c'est aussi le constat amer d'une jeunesse perdue.