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Essais

Charlie 2 (suite)

Charlie poursuit sa fuite vers Boston, traquée par Jean, un agent télépathe de l'A.R.P. Entre mensonges et intuitions, la traque s'intensifie.

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Chapitre Trois : L'hospitalité des Conor

[Quel beau jeune homme ! Mais qui est-il ? Pourquoi me cherche-t-il ? Que me veut-il ?]

Au matin, Charlie se réveilla de bonne heure. Elle décida de préparer le petit-déjeuner afin de remercier ses hôtes. Une heure plus tard, le couple se leva, bien étonné de l'odeur de pain grillé et de nourriture qui planait dans la maison. Arrivant dans la cuisine, ils découvrirent Charlie affairée à la préparation d'un superbe repas. Plus que cela, ce qui les étonna le plus, c'est que même en l'absence de grille-pain et sans avoir utilisé de poêle, Charlie était parvenue à préparer des tranches de pain grillé.

— Oh, vous voilà ! s'exclama Charlie en les apercevant. Ceci est une façon de vous remercier de votre hospitalité.

— Mais c'était tout naturel, Charlie, répondit Virginie.

— De plus, cela nous a fait plaisir de t'aider, ajouta Paul.

— Eh bien, bon appétit à vous.

Ils se mirent tous trois à table et mangèrent tout en discutant. Charlie leur annonça qu'elle devait les quitter dans la journée, car elle ne voulait pas leur attirer d'ennuis en restant ici. Virginie lui demanda en quoi elle leur attirerait des ennuis.

— Les personnes qui sont à ma recherche sont prêtes à tout pour me récupérer, même à tuer les personnes qui m'hébergeraient. Comme ils l'ont fait avec un couple de personnes âgées qui m'a hébergé durant dix ans.

— Mais pourquoi te cherchent-ils ? demanda Paul.

— Car je me suis enfuie de leur centre étant jeune.

— Quel genre de centre ?

— Un centre pour des personnes douées de dons... Comment dire, extraordinaires.

— Et toi, quels genres de dons as-tu ?

— De ceux qu'il ne vaut mieux pas connaître. Mais si vous voulez savoir, j'ai entre autres le don de prémonition. Maintenant, si vous le voulez bien, je souhaiterais que l'on parle d'autre chose.

Le repas se termina donc sur des sujets plus anodins.

Après le repas, tandis que Virginie et Charlie débarrassaient, Paul fit la vaisselle. Puis Charlie prépara ses affaires et Paul, un repas qu'elle pourrait emporter. À la fin de la matinée, Charlie fit ses adieux au couple Conor et leur promit que, quand elle cesserait d'être obligée de fuir, elle leur rendrait à nouveau visite.


La mission de Jean

Une demi-heure après son entrevue avec le directeur de l'A.R.P., Jean finissait de préparer son départ. Ses camarades, voyant cela, lui demandèrent ce qu'il faisait et où il comptait aller, mais ils n'obtinrent pour toutes réponses qu'un vague « quelque part », car Jean devait garder le secret sur la mission qui lui était confiée. Ses bagages finis, il se présenta à nouveau aux bureaux de M. King afin de recevoir ses ordres de mission, l'autorisation de sortie de l'établissement, ainsi que les réponses à ses questions. Andy les lui donna d'autant plus facilement que le coup de fil qu'il avait passé après le départ de Jean lui assurait un succès quasi complet.

— Comment devrais-je m'y prendre pour la ramener ?

— Là, mon cher, tu ne devras compter que sur toi-même et sur ton imagination. Mais avant de la ramener, il faudra déjà que tu l'approches et pour cela, que tu saches où elle a été vue pour la dernière fois. Et cela, je peux te le dire : elle se trouve dans la région de Newport dans le Rhode Island, en tout cas elle y était encore ce matin où elle a trouvé refuge pour la nuit, si ce n'est plus chez un jeune couple, les Conor.

— Je commencerai donc mes recherches par là-bas.

— Je compte sur toi.

— Je ne vous décevrai pas. Au fait, monsieur, avez-vous une photo récente de Mlle McGee ?

— Je me demandais si tu allais me la demander. Tiens, la voici.

Après avoir pris la photo, Jean monta dans sa voiture (qui lui avait été offerte pour l'occasion) et partit. Andy sourit pour la première fois depuis plusieurs semaines.

— Marie, allez prévenir les professeurs que je passerai dans leurs classes afin de faire une déclaration aux élèves.

— Bien, monsieur. Ce sera tout ?

— Non, après cela, vous m'apporterez le courrier et les divers dossiers du jour.

— Oui, monsieur.

Chapitre Quatre : La traque

Arrivée au port de Newport, Charlie s'acheta un billet pour Boston. Au moment où elle voulut monter dans le bateau, elle eut la sensation que quelqu'un l'observait. Quand elle se retourna, elle ne vit personne. Elle monta donc dans le bateau et partit pour Boston.

Jean arriva à Newport six heures après son départ. En passant près du port, il s'arrêta au café pour se restaurer avant de faire un tour chez les Conor. Tandis qu'il mangeait, il regardait les différents bateaux au départ. Soudain, il aperçut une jeune femme qui, semblant sentir son regard, se retourna quelques instants puis monta dans son bateau. Ayant fini de se restaurer, il se renseigna sur le lieu d'habitation du jeune couple qui, selon ses informations, hébergeait Charlie. Les renseignements pris, il se rendit à l'adresse qu'on lui avait indiquée.

Le jeune couple accueillit Jean de façon aimable. Jean se fit passer pour le frère de Charlie, lancé à sa recherche. Il leur montra la photo qu'il avait d'elle comme pour appuyer ses dires.

— Pour quelles raisons êtes-vous à sa recherche ? lui demanda Virginie tout en lui rendant la photo de la jeune fille.

— Je la cherche car j'ai découvert des choses sur notre passé qui pourraient nous aider si nous restions ensemble.

— Et comment se fait-il que vous veniez chez nous ? questionna Paul.

— Je la cherche depuis maintenant trois mois et à chaque ville où elle est passée, on m'a indiqué la direction de son départ. Aujourd'hui, on m'a indiqué le chemin de votre maison vers laquelle une étrangère a été vue cette nuit. Je me suis donc dirigé vers cette direction et vous êtes la seule maison à des miles à la ronde. Donc tout naturellement, j'ai frappé à votre porte.

— Mais au fait, savez-vous pourquoi elle fuit comme cela ? demanda Virginie afin de piéger l'éventuel imposteur.

— Eh bien, je ne sais pas si elle vous l'a dit, mais nous nous sommes échappés tous les deux d'un centre de recherche où, elle et moi, étions des « cobayes » qui la poursuit maintenant.

— Pourquoi ne vous poursuivent-ils pas ?

— Car disons qu'ils n'ont jamais réussi à prouver que j'avais une quelconque valeur pour leurs recherches.

— Mais en avez-vous alors ?

— Oui, mais pourquoi le leur montrer ?

— Bien sûr, pourquoi ? répondit ironiquement Virginie.

— Bon, si vous voulez bien m'excuser, mais je dois repartir à la recherche de ma sœur. Pourriez-vous m'indiquer la direction qu'elle a prise ce matin ?

— Oui, elle s'est dirigée vers la ville. Je pense qu'elle y est allée pour faire des provisions car elle nous a dit qu'elle avait l'intention d'aller à New York.

— Merci encore pour votre accueil.

— Ce fut un plaisir.

Jean retourna donc en ville pour se renseigner. Virginie, quant à elle, sourit malicieusement en le regardant partir.

— Pourquoi lui as-tu raconté cela ? Tu sais très bien qu'elle nous a dit vouloir aller à Boston par le prochain bateau.

— Oui, je sais.

— Alors pourquoi ?

— L'intuition féminine, dirons-nous. Ce type n'est pas son frère.

— Comment peux-tu dire cela ?

— Si Charlie avait eu un frère, elle nous en aurait parlé. Et s'il était un ami de Charlie, il ne nous aurait pas raconté ce mensonge.

— Mais s'il nous avait dit être un ami de Charlie, l'aurais-tu cru ?

— Non !

— Pourquoi ?

— L'intuition. Ce type doit être un des hommes qui la recherchent.

— Si tu le dis.

Arrivé en ville, Jean se renseigna auprès des commerçants qui lui répondirent qu'ils n'avaient jamais vu cette fille dans le coin. Arrivant près du port, Jean se souvint de « l'incident » survenu le matin même et comprit pourquoi cette jeune femme avait attiré son regard : c'était Charlie qui montait dans un bateau en partance pour une destination qui ne lui serait pas inconnue encore très longtemps. Il se dirigea donc vers la capitainerie du port où on le renseigna. Ainsi donc Charlie n'était pas allée à New York, mais à Boston. Jean acheta donc un billet pour Boston où il reprendrait ses recherches.

Mais comment cette femme avait-elle deviné qu'il n'était pas le frère de Charlie ? Elle avait pourtant l'air d'être convaincue et ses pensées ne trahissaient aucune méfiance. À l'avenir, il devrait se méfier des personnes, et surtout des femmes qui, apparemment, réussissaient à le percer à jour plus facilement que les hommes.

Afin de tuer le temps avant l'embarquement, il décida de faire un tour en ville pour exercer son pouvoir de télépathie ainsi que celui de persuasion mentale (tout comme le père de Charlie, mais lui était beaucoup plus doué). Il s'acheta donc à prix coûtant des provisions, fit le plein d'essence (il donna un billet de cinq dollars et fit croire au caissier que c'était un billet de cinquante dollars) et s'acheta trois changes complets. L'heure du départ arrivant, il gara sa voiture dans la soute du bateau et monta sur le pont. Il se dirigea vers le restaurant afin de prendre un bon repas, puis alla dans sa cabine pour se reposer.

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mephisto
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