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Essais

Chacun ses goûts... mais il faut les respecter!

Agressés par une vingtaine de personnes à cause de notre style gothique, mes deux copains et moi avons subi l'intolérance de plein fouet. Un témoignage bouleversant.

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Tout a commencé un après-midi. Je sors de chez moi pour aller retrouver deux copains, histoire de s'éclater et parler un peu. Mark et Yann. Tous deux gothiques, plus moi, ça fait un beau trio « dark » comme on nous appelle sur notre chat.

On décide d'aller dans notre « coin » : une petite rue où il n'y a jamais personne, et avec les potes, on s'y retrouve tout le temps.

Cette fois-ci, on tombe nez à nez avec une bande. Ils étaient une bonne vingtaine.

Je n'aime pas leur style : survêt' jaune fluo, le tee-shirt jaune fluo (ben pareil, parce que sinon ça va pas ensemble), les dernières chaussures Nike à 200€ la paire minimum, et sans oublier l'accessoire indispensable : les chaussettes Puma retroussées par-dessus leur magnifique survêt' !

Je ne les critiquerais pas s'ils arrêtaient de nous bombarder d'insultes...

Nous, on ne cherche jamais les ennuis, donc on décide de ne pas partir parce qu'ils étaient déjà là, mais on s'installe dix mètres plus loin et on les regarde rapidement pour ne pas avoir de problèmes. Là-dessus, on commence à délirer entre nous trois, sans s'occuper d'eux.

Puis un premier se lève, vient vers nous et demande si on a un briquet. Yann avec sa clope, peut pas dire non, il lui prête. Le mec le rend et repart... On recommence à parler, sans prêter attention au mec qui était venu.

Cinq minutes après, un autre se ramène et cette fois-ci demande si on veut pas se joindre à leur bande. Moi je refuse, on a pas les mêmes goûts, ça va mal finir. Mark et Yann idem. Le mec repart et nous trois on commence à se méfier, mais sans plus.

Je commence à raconter un délire sur le samedi dernier : Yann nous avait invités et on avait joué quelques morceaux de musique, mais c'était assez comique avec sa mère au milieu qui nous a virés dans le garage en disant que c'était de la musique de malades... Enfin bon, on avait bien déliré sur ce coup-là.

J'étais morte de rire et le premier gars qui nous avait demandé le briquet revient en me demandant pourquoi je me foutais de leurs gueules.

Mark prend ma défense en disant qu'on avait pas que ça à faire et qu'on parlait d'autres choses. Yann dit qu'on est chacun de son côté et que ce n'est pas pour s'incendier.

Moi je lui réponds qu'on leur a filé le feu pour leurs clopes et que si on se foutait d'eux, on l'aurait pas fait ! Le gars avait pas l'air convaincu. Il se retourne vers sa bande et les appelle.

Toute la bande s'est ramenée devant nous.

— Ça va très mal finir, ça, balance Mark à Yann.

Sûr que ça va mal finir. On s'est tous les trois levés et mes deux cops se sont mis devant moi.

Le plus grand de la bande a ouvert la baston : il a commencé à taper Mark. Toute la bande s'y est mise. Nous, on pouvait pas faire grand-chose. À trois (dont moi la plus petite : 15 ans) contre environ vingt gars, c'était même pas la peine de tenter quelque chose.

Tout ce qu'on faisait, c'était de se défendre et d'éviter les coups. On ne voulait pas les frapper ou quoi que ce soit : on nous aurait tout mis sur le dos.

Sur ce, un mec passe en voiture. Je pense que c'est lui qui a appelé les flics.

Les flics nous ont séparés et on a fini au poste. L'autre bande est passée d'abord pour s'expliquer, et nous ensuite.

Finalement, ils n'ont rien eu et nous, même avec les coups reçus, on nous a accusés de les avoir provoqués et d'avoir foncé sur eux les premiers.

C'était pas du tout logique, mais plus on protestait, plus l'autre bande inventait des trucs sur notre dos.

Ils sont repartis et on est allés chez Mark. Je n'ai pas eu beaucoup de coups car mes deux copains m'ont défendue.

Ce que cette agression m'a appris sur l'intolérance

Avec ça, j'ai pu voir que, d'une : je pouvais compter sur eux, et de deux (surtout !) : que même en ne cherchant pas les ennuis, ils nous ont sautés dessus.

Peut-être qu'on a pas le droit de les regarder dans les yeux. Peut-être qu'on a trop rigolé. Ou même, peut-être juste parce qu'on était en noir, pointes et compagnies au lieu d'être en survêtements comme eux.

Maintenant, lorsqu'on sort, on fait attention.

Liberté, égalité, fraternité : c'est censé être les valeurs de la France...

Je voudrais aussi prendre contact avec des personnes qui ont eu le même problème.

Si vous aimez le rap et que vous avez le look que j'ai décrit, pas la peine de laisser un commentaire : je les vois déjà arriver : « ouais t'es raciste, on vous tape jamais dessus, c'est toujours vous qui venez ! » et tout ça... Alors s'il-vous-plaît : évitez...

Merci Mark, merci Yann et merci de m'avoir lue !

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kyo.83
kyo.83 @kyo.83
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