
Qui sont « ceux d'en bas » et quels sont les autres ?
Il ne faut plus se leurrer : dès à présent, il existe en France deux catégories de personnes. La première, dans l'ordre — et par sous-entendu — les gens d'en haut, ou si vous préférez : les riches, les intouchables, les politiciens... bref, ceux qui ont un salaire important et qui se plaignent toujours de ne pas en toucher plus. Et puis, il y a ceux d'en bas, qui en réalité sont le reste des Français. Ce terme a été lâché dernièrement aux journalistes, afin que soit officiellement reconnu que notre beau pays comportait des riches (qui seront toujours riches) et des pauvres (qui seront également toujours pauvres). Dans cette dernière catégorie, il faut inclure : les ouvriers, les étudiants, les chômeurs nouveaux ou anciens sans différence d'âge, les SDF, les personnes en difficulté avec l'alcool ou la drogue, les employés, les Français d'origine maghrébine, les rapatriés d'Algérie ou d'autres anciennes colonies, etc.
Jusqu'à présent, il n'existait que des Français vivant en France. Dorénavant, il faudra distinguer les Français « d'en bas » et les autres, « d'en haut » !
Comment en est-on arrivé à diviser la France en deux catégories ?
Bêtement, dirais-je, à cause d'une personne qui a mal choisi sa façon de désigner des gens qui crient à longueur d'année les injustices dont ils sont victimes. Je n'énumérerai pas ici toutes ces choses — ce serait trop long et j'en oublierais. Non, le sujet qui nous préoccupe est plus grave. Le terme employé est très mal choisi, voire indigne d'être cité, alors que nous vivons sous la menace de voir ce genre de considération se développer de façon permanente. N'oublions pas que ceux d'en bas font vivre l'État avec leurs impôts, et subissent des prix qui ne cessent de grimper alors que les salaires ne suivent pas la même logique. Quand un drame de la route survient, c'est encore ceux d'en bas qui trinquent, comme par hasard, avec une nouvelle loi astreignante. On n'a jamais vu un « d'en haut » se plaindre, n'est-ce pas ? C'en est révoltant, à la fin, d'être pris pour moins que rien.
Comment revenir à une France juste et impartiale pour tous ?
Une mise au point du gouvernement en place, incitant à la vigilance sur l'usage de tel ou tel terme, devrait être instaurée afin d'éviter de nouvelles bévues comme celle-ci. Ou bien alors, c'est voulu par le chef de l'État — ce qui m'étonnerait fort tout de même, puisque son rôle est de rassembler tous les Français, sans aucune différence de couleur, de religion, de mode de vie, ou de position sociale...
Pourquoi une telle fracture sociale en France ?
Je crois que nous vivons une époque où tout est basé sur l'argent et rien d'autre. Le reste ne compte pas, ou plus, ce qui est bien dommage car notre culture — que beaucoup d'étrangers nous envient — va devenir prochainement une vie à l'américaine, si elle ne l'est pas déjà un peu.
Réflexion finale : ne pas oublier d'où l'on vient
Que ceux qui réussiront dans la vie n'oublient pas cet article et essaient de toutes leurs forces de faire changer cette haine, non pas raciale, mais de tous les jours entre tous les Français que nous sommes. G. Clémenceau, le Tigre, disait à un journaliste étranger qui lui demandait : « Êtes-vous français, M. Clémenceau ? » — et celui-ci de répondre : « Non, je suis vendéen avant d'être français ! »