
Toi, mon grand-père que j'aimais tant, pourquoi es-tu parti sans un au revoir, sans rien ?
Tu étais tout pour moi : mon grand-père, mon héros, mon modèle... J'étais toujours avec toi, je ne voyais que par toi.
Lorsque nous n'étions pas ensemble, on nous demandait souvent pourquoi. Car la logique était « Toi et moi ». Si ma mère avait le malheur de dire quelque chose qui ne me plaisait pas, je t'appelais et tu venais aussitôt me chercher.
Je pouvais passer mes journées entières chez toi, tu faisais tout ce que je voulais. Tu faisais même du vélo avec moi, on faisait des courses ensemble, on allait à la chasse, à la pêche, sur ton terrain voir tes moutons... Tous ces moments me comblaient de bonheur.
Un jour, tu as même préféré venir me chercher plutôt que d'emmener mamie au magasin. Je retenais presque 100 % de ton attention. J'étais, en quelque sorte, ton clone au féminin. Jamais on ne s'ennuyait, on trouvait toujours quelque chose à faire, même si le temps n'était pas toujours avec nous.

La tristesse et le désespoir
Un jour, j'ai eu une compétition de natation. Mon objectif numéro 1 était de remporter une médaille pour que tu sois fier de moi.
Au moment où j'ai plongé dans l'eau, je ne pensais qu'à ça : te faire plaisir. Je voulais juste remporter une médaille. Je me suis concentrée et surpassée, et j'ai gagné une médaille.
Mes premières paroles en sortant de l'eau furent : « Vite maman, on va chez Pépère pour lui montrer la médaille que je viens de gagner ! » Ma mère a juste fait un signe de tête.
Dans la voiture, il y avait ma mère, ma tante, ma sœur et moi. Ma mère s'arrêta dans une rue qui m'était inconnue, descendit de la voiture, m'ouvrit la porte et me demanda de venir avec elle, en me disant qu'il fallait qu'elle me dise quelque chose.
Alors je l'ai suivie et là, je me sentis toute bizarre car ma mère se mit à pleurer. J'étais très surprise de la voir pleurer car je n'avais que 7 ans. Je lui ai demandé avec un air innocent si tout allait bien.
L'annonce de la mort
Elle me répondit que je ne pourrais pas aller voir mon grand-père maintenant. Moi, voyant ma mère dans un tel état, je lui ai dit que ce n'était pas grave, qu'on irait le voir plus tard.
Et c'est à ce moment-là qu'elle m'a dit que je ne pourrais plus jamais revoir mon grand-père car il était mort.
Arrivée chez mes grands-parents, il y avait tous mes oncles et tantes ainsi que ma grand-mère. La première chose que j'ai faite en arrivant fut d'aller dans le fauteuil de mon grand-père et de me blottir dedans.

Comment surmonter ce deuil douloureux ?
Aujourd'hui, je n'arrive pas à parler de la mort de mon grand-père, tellement elle a été douloureuse pour moi. À chaque fois que je parle de lui, je me mets à pleurer. C'est comme si j'avais une cicatrice dans le cœur qui ne s'est jamais refermée, et qui fait toujours très mal.
Je voudrais pouvoir parler de lui car je l'adorais, je faisais énormément de choses avec lui, mais cette blessure m'en empêche. Donc j'en parle rarement et ma conversation est toujours très courte.
Comment pourrais-je faire pour que cette cicatrice se referme et ne me laisse que les bons moments ?