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Essais

Cauchemard enfermé

Réveillée à 3h du matin par un cauchemar, une femme croit voir une silhouette l'épier dans son jardin. Entre hallucinations et réalité glaçante, elle sombre dans un enfer psychiatrique.

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Persécutée pendant mon sommeil, à travers ce qui me sert de rêve. Je me réveille sur le coup des trois heures du matin, une habitude fatiguante à la longue... Je me place devant la fenêtre pour réfléchir à ce rêve... À cette réalité cachée et glacée. Les branches de l'arbre qui se trouve juste en face de ma chambre frappent contre ma fenêtre, elles me procurent une étrange sensation. La pluie tombe comme si elle regroupait toutes les personnes pleurant à ce moment présent, le vent s'engouffre partout, dans les moindres petits endroits libérés. Il y laisse échapper sa froideur, désormais je peux la sentir à travers ma nuisette. Je regarde au pied de l'arbre, je vois une ombre, je me sens épier... Comme si cette ombre appartenait à quelqu'un et non à quelque chose, le tonnerre arrive à grands pas, il se rapproche de plus en plus faisant trembler la moindre parcelle de ma maison. Un éclair vient s'écraser dans mon jardin... Cette ombre, cette silhouette, cet homme ! Maintenant je sais, quelqu'un était bel et bien là dans mon jardin en train de m'espionner. J'ai pu l'entrevoir un instant avec la lumière de l'éclair. Une fois cette lumière partie, plus rien, la silhouette avait disparu. Deviendrais-je folle ? Aurais-je des hallucinations ? Je suis bonne à enfermer.

À ces pensées je préfère aller prendre un bain pour me relaxer, ne plus penser à tout ça, ne plus penser à rien. Dix minutes s'écoulent, je suis encore dans mon bain, mais la lumière, elle, s'est éteinte pourtant je suis seule à la maison... Sûrement l'orage qui a provoqué une coupure de courant. Pas de quoi s'inquiéter n'est-ce pas ? Ni même se poser de question ! Je sors de ma baignoire et mets mon peignoir. Je sors de la salle de bain et me dirige vers l'escalier tout au fond du couloir. Ce couloir me paraît hostile maintenant, sans lumière ; pieds nus je descends l'escalier de bois, craquant sous le moindre geste occasionné de ma part.

À droite se trouve le salon... Une lueur me tape à l'œil alors que je tournais sur ma gauche, le sens contraire de cette pièce... J'entends du bruit, un souffle perturbé, des murmures viennent me parvenir aux oreilles et dans mon esprit. J'attrape vite la lampe de poche qui se trouvait en bas de l'escalier et éclaire le salon avec son aide. Une silhouette apparaît, cette silhouette déjà vue tout à l'heure au pied de l'arbre. Comment est-elle rentrée ? Suis-je en train de devenir folle pour voir ces choses irréalisables ? Je suis bonne à enfermer.

Je me mets à trembler, j'ai peur... Un nœud se forme dans mon estomac ainsi que dans ma gorge, mon cœur palpite à une allure intense. Je m'approche lentement de l'endroit où j'ai cru voir cette silhouette, plus rien. Mais le souffle perturbé de cette personne est toujours là, je peux le distinguer, il vient du placard au fond du salon, est-ce que je dois y aller ? Cette voix me susurre que je devrais m'y rendre... J'écoute cette voix, je suis devant la porte de ce fameux placard, dois-je l'ouvrir ? Je l'ouvre ! Un corps, un enfant... Je connais cet enfant. C'est mon enfant, mon bébé, la chair de ma chair... Pendu dans ce maudit placard... Pourquoi mon enfant est-il présent dans ma demeure ? Il aurait dû être chez son père pendant tout le week-end... On n'est que samedi et il est là, ici, devant moi en train de se vider de son sang.

Hallucination ? Complètement tarée ? Je suis bonne à enfermer.

Je sors mon enfant du placard et le pose sur le fauteuil, j'essaye ensuite d'appeler les urgences, rien... J'avais oublié, pas d'électricité... Je sens un regard provenant de derrière moi m'épier en silence. Je soulève mon enfant aussi rapidement que possible et me dirige vers la porte d'entrée. Cette dernière est fermée à clé... Sans les clés sur le verrou alors qu'elles y étaient encore hier soir. Je me souviens que dans la cuisine il y avait également une porte de sortie donnant sur le jardin. Je courus donc aussi vite que je pouvais tout en portant mon enfant vers la cuisine. Avec chance cette porte était fermée à clé, mais les clés se trouvaient toujours dessus. Je tournai les clés et sortis aussi vite que mes forces me le permettaient. Une voiture était garée à l'arrière de ma maison. Une voiture inconnue que je n'avais encore jamais rencontrée. À qui peut-elle bien appartenir ? Pourquoi est-elle garée dans mon jardin ? Appartiendrait-elle à cet homme ?

Trop de questions en tête... Un cauchemar aussi vrai... Suis-je folle ? Je suis bonne à enfermer.

Je me précipite à toute allure avec mon enfant hors de ma propriété. Cet homme se trouve désormais devant moi, je me recule doucement... Il s'approche et se bloque devant moi, me regardant de la tête au pied. Il lève sa main et me caresse le visage... Cette sensation... Me semble provenir tout droit des entrailles de la terre. L'homme enlève sa capuche et me regarde. Il me parle... Des phrases que je ne comprends pas... Mon incompréhension totale est sûrement provoquée par la peur qui se trouve en moi. Il prend mon enfant, j'essaye de l'empêcher mais je ne peux pas, je n'arrive pas à bouger. Mon enfant disparaît dans ses bras, devant moi. L'homme, lui, est toujours présent, toujours me fixant hautainement, l'air plus snob que ça il n'y en a pas... Je n'avais encore jamais vu ça. Son regard est froid, voir même glacial, à part les feux de l'enfer qui l'éclairent et cette froideur absolue, il ne s'y trouve absolument rien.

L'homme me poignarde... Coup de couteau dans le cœur. Je hurle tout ce que je peux, ferme les yeux et les rouvre à nouveau... Je suis maintenant allongée sur un lit, tout ce qui se trouve autour de moi est d'un blanc éclatant... Un blanc pur pourrais-je dire. J'essaye de lever mon bras droit, je ne peux pas, je suis attachée. Un homme se tient à mes côtés, il est vêtu d'une blouse blanche et tient une piqûre qu'il venait de m'injecter.

Je suis folle... Je suis complètement allumée. Je suis bel et bien enfermée...

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athéna
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