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Essais

Autrui

Autrui est à la fois celui qui me manque et celui de trop. Cette réflexion poignante explore comment la confrontation à l'autre révèle notre propre identité.

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Souhaits, désirs, pensées, accusations et reproches hantent mon cerveau comme une armée de fantômes. Je ne me fais pas d'illusions, comme se l'imaginent les gens. Je connais mes innombrables défauts mieux que quiconque. Seulement voilà la différence : je sais, moi, que j'ai la ferme volonté de me corriger et d'y parvenir, puisque je constate déjà un progrès sensible. Je vous affirme que personne ne me gronde et ne me critique autant que moi-même.

Pourquoi chercher une amie ou correspondante ?

La nature me rend humble et me prépare à supporter tous les coups avec courage. Je n'oublie pas que « la paresse séduit, le travail satisfait ». Je veux simplement vous dire ce qui me pousse à chercher une amie ou correspondante.

Autrui : ce moi qui n'est pas moi

Pour moi, autrui — amis ou correspondants — est celui qui est de trop et celui qui me manque. Pour lui, sans doute, je suis de trop, moi qui ne lui manque pas. Source de contradictions à forme humaine, il est déjà là, dans ce dont il faut faire un monde, comme le principe vivant vécu et constamment à vivre d'une dialectique des données naturelles.

Il est à la fois la caricature et le modèle de ce que je suis moi-même, selon le moment où je le perçois et le climat psychologique dans lequel je reçois sa présence — tantôt lointaine, tantôt proche. Il est ce moi qui n'est pas moi. Si je dois ajouter quelque chose, je dirais que je ne peux pourtant pas l'éliminer, même en imagination, sans falsifier mon existence fondamentale.

Mon père me dit souvent, je cite : « Si tu veux te connaître, observe les autres ; et si tu veux connaître les autres, observe-toi toi-même. » Ah, insensé qui crois que je ne suis pas toi !

Comment autrui nous aide à nous réaliser

Pour moi, autrui — correspondants, amis — est celui qui me délivre parfois, de façon rude, des théories sur les hommes et sur l'homme. Il nous charge de sa vie avec la nôtre, il pèse par sa vie sur la nôtre. Il est plus facile d'être philanthrope que d'accepter ou d'aider chacun de ses semblables. Et pourtant, c'est par autrui que passe la réalisation personnelle.

Je ne peux rien pour autrui sans être moi-même ; je ne peux être moi-même sans la confrontation avec autrui. Les idées générales et les bons sentiments ne valent guère sans les objets concrets de l'action individuelle, qui n'apparaissent qu'au contact d'autrui.

Qu'il soit indifférent, ami ou ennemi, la seule expérience vraie me conduit à le percevoir comme l'autre moi, le seul qui puisse être identifié par distinction du moi. Il est à lui seul tout le non-moi sous le poids des circonstances, puisque accords et désaccords viennent de sa participation à l'univers de ce monde, c'est-à-dire d'ordre. « Il ne faut pas attendre la soif pour tirer l'eau du puits. »

Ce que j'ai appris sur l'amitié vraie

La vraie amitié n'a jamais été toujours belle, et la belle amitié n'a jamais toujours été vraie. Je termine en te rappelant qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.

« Si tu crois vraiment à l'amitié, cherche d'abord à être un ami avant de chercher à en avoir. »

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sericus45
Serge Kilolo @sericus45
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