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Essais

Aujourd'hui, il fait chaud...

Il fait chaud, très chaud... Découvrez le calvaire quotidien d'un étudiant sous les toits en pleine canicule, entre velux infernal et goudron fondu. Une chronique estivale savoureuse et désopilante !

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Tout d'abord, permettez-moi de vous rassurer : Grand-Mère va très bien...

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Alors voilà, c'est un fait, il fait chaud... On me dira : « Mais c'est super enfin, c'est l'été, les vacances, la plage... Youpi ya ! »

Ceux qui disent ça ne vivent sans doute pas dans un appartement sous les toits avec velux incorporé... Car le velux, Mesdames et Messieurs, n'est ni plus ni moins qu'un instrument de propriétaire sadique, destiné à torturer ces pauvres étudiants sans le sou. Cette « fenêtre », si l'on peut appeler ça comme ça, a pour vocation première d'éclairer un tant soit peu le logement, qui, sans cela, ne serait qu'un réduit obscur. Or, le velux a un effet secondaire : il concentre la chaleur dans ledit réduit, qui se transforme alors en fournaise que Satan lui-même ne renierait pas.

Mais laissons là le velux, pour en venir aux conséquences : je transpire.

Ah, effectivement, je vous vois déjà prendre une mine écoeurée et froncer votre petit nez mutin. Ce n'est pas très ragoûtant, n'est-ce pas ?

Je sais.

À ce stade du récit, certains vont même hausser les épaules, soupirer, et murmurer entre leurs dents : « Pffff, encore un article qui ne sert à rien. »

À ceux-là, je répondrais qu'ils ont raison.

Toujours est-il que les fleurs piquent du nez, que le chien halete comme un poisson hors de l'eau, et que le Coca est chaud.

Tout à l'heure, prise d'un élan de motivation, j'ai tenté une sortie. J'ouvre la porte de l'appartement, je sonde, je sors, tout va bien. Enfin, tout va bien... Il y a toujours des chenilles accrochées aux murs, mais elles ont cramé. Une bonne chose de faite ! Je descends les escaliers, ça se rafraîchit, je suis heureuse, je suis fière, je vais survivre et là... La porte de l'immeuble, seule et unique barrière entre moi et le monde extérieur. Stress. Je respire à fond, me prépare au choc...

... WAAARGH !!!! Un bébé cachalot vient de me tomber sur les épaules, et devant moi s'étale une sorte de marée noire et luisante... Du goudron. Fondu. Et moi (fondue aussi...), je me demande si je ne vais pas rebrousser chemin. Mais tout au fond de moi s'élève une petite voix aiguë et totalement incongrue, qui m'exhorte à aller de l'avant. Alors, mue par cette force irrésistible, je décolle difficilement un pied du sol, le pose quelques dizaines de centimètres plus loin, avec cette impression étrange que le sol tremble sous moi. L'autre se soulève, emportant avec lui un bout de route. Bref, je marche. Ou plutôt, je me traîne. Je suis un oiseau englué dans du goudron, je suis un escargot accablé, je suis un poney shetland traînant un wagonnet de mine, je suis un Husky tirant un sumo, je suis un petit tas suant et fatigué... Mais avec tout ça, je suis de retour chez moi...

Le Coca est toujours chaud, le chien est à l'agonie, et les fleurs traînent sur la table. Je suis réduite à l'état de flaque. Mais je m'en fiche, youpi ya, c'est enfin l'été, les vacances, la plage !

La canicule a commencé !

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la maitresse des poissons roug
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